vendredi 14 décembre 2018

Comme un poisson dans l'arbre


Comme un poisson dans l'arbre de Lynda Mullaly Hunt

Castelmore, 2015, 307 p.

traduit par Paola Appelius

Jeunesse



Un poisson ne sait pas grimper aux arbres, mais ça ne veut pas dire qu'il est stupide pour autant.
Ally, 12ans, a un secret inavouable, elle ne sait pas lire. Elle est parvenue à bien le cacher à l'école, mais cela lui pèse de plus en plus. Elle en a assez qu'on la prenne pour une idiote.
Tout change le jour où un nouveau professeur arrive : il s'intéresse à tous les élèves et essaie de comprendre les difficultés de chacun. 
Saura-t-il trouver une solution au problème d'Allie ?

J'avais acheté ce bouquin lors d'une GrosseOP, je ne sais plus en quelle année. Autant vous dire qu'heureusement que c'était un livre numérique, sinon, il aurait bien pris la poussière. 
J'ai fini par le sortir, et j'ai bien fait !

Allie ne sait pas lire. Pas bien, en tout cas. La raison ? Selon elle, la bêtise. Elle ne mérite de savoir lire, de pouvoir apprendre comme les autres, encore moins d'avoir des amis ou simplement qu'on s'intéresse à elle. Heureusement, elle a son grand frère qui l'adore et réciproquement. Pas de chance, il a plus ou moins le même problème. Maudits par une méchante sorcière ? Non. La raison est bien plus simple. Allie est dyslexique et bénéficie de zéro pris en charge ou accompagnement adapté.

Petite parenthèse je-raconte-ma-life : je suis moi-même dyslexique. J'ai été diagnostiquée très tôt, à l'entrée en maternelle (sachant que je suis entrée à 2 ans et quelques mois), rapport que je dessinais mes bonhommes à l'envers (mais vraiment à l'envers, la bouche à la place des yeux, etc.). J'ai eu 2 ans d'orthophonie, et le problème était réglé, je savais même lire à 5 ans. Bon, faut pas venir regarder mes articles pré-correction quand je suis claquée par contre, hein. Tout ça pour dire que même si je n'étais peut-être pas "très" dyslexique, il est possible d'inverser vapeur, et d'avoir une scolarité épanouie, Et on n'est jamais trop jeune pour aller voir un ou une orthophoniste (voui, parce que je vois plein de gens persuadés que ça ne sert à rien avant le CP, et c'est concon, scusez-moi).

Pour en revenir à notre bouquin, c'est une lecture hyper touchante et réaliste (me semble-t-il) sur la façon dont les personnes dys non diagnostiquées vivent leur quotidien. On va ici se focaliser sur Allie. Pas sur son problème, mais sur elle, sa personne entière. On va apprendre à la connaître et voir à quel point cette gosse est créative, maline et adorable. On va pousser des petits "owwwwh" devant la relation touchante qu'elle a avec son frère, on va se prendre dans la face sa peur du rejet et des moqueries, sa difficulté à faire confiance, mais aussi ses talents, ses passions et surtout la jolie relation de confiance qu'elle va tisser pas à pas avec son nouveau prof. Et je tiens à vous le dire : qu'est-ce que j'ai pu aimer cet homme ! Si tous les profs étaient comme lui, personne ne détesterait l'école !

C'était beau de voir cette petite demoiselle s'ouvrir, partager et reprendre peu à peu confiance en elle. Et surtout, quand elle se rend compte qu'elle peut le faire aussi, qu'il faut "simplement" des outils différents, des méthodes adaptées, sa première pensée n'est pas de sauter de joie mais de partager cette possibilité avec son frère pour qu'il puisse lui aussi en bénéficier.
Bref, la thématique est hyper bien traitée, les personnages sont incroyablement attachants, c'est un récit plein de tendresse et d'émotions (même si je ne suis pas tout à fait objective) et en plus, la plume est agréable. C'est tout bon pour moi.

Alors après, ça reste un livre jeunesse, peut-être que certaines choses peuvent manquer un peu de profondeur si vous êtes habitués à de la littérature adulte, mais en tout cas pas en ce qui concerne la construction des personnages ou la thématique principale. Evidemment, c'est plein de bons sentiments, hein, mais ça fait du bien !

Ma lecture en un GIF : 




- La façon de traiter le thème principal
- La relation entre Allie et son frère
- Le prof 
- La tendresse

- Beaucoup de bons sentiments

lundi 10 décembre 2018

C'est Lundi, que lisez-vous ? #126

Le récap' des liens se fait maintenant chez Cammy sur son super blog : I believe in pixie dust !


On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ? 



J'ai lu avec plaisir mon deuxième roman de Mathias Malzieu, Journal d'un vampire en pyjama. Alors, ce n'est pas non plus un coup de coeur, mais une très bonne lecture, qui contribue à donner de l'espoir, ce qui est chouette !
Volée noire, le tome 2 des aventures de Meg Corbyn m'a un poil moins ravie que le premier, mais c'est une série qui me plaît toujours autant. Hâte de commencer le tome 3 !
Quant à À même la peau de Lisa Gardner, c'est une rencontre avec l'autrice qui m'a motivée à la relire. Je ne me suis pas spécialement sentie happée, mais j'ai aimé la plume, les thématiques et les personnages.

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?


   


Le coeur battant de nos mères fait partie des lectures poche du Picabo River Club. Je l'ai acheté dans l'idée de le lire en même temps que d'autres, et j'adore pour le moment. Ca sent l'excellente lecture, même si j'en suis au tout début.
Je lis aussi 13 minutes de Sarah Pinborough, dont j'avais adoré Mon amie Adèle l'an dernier. Entre temps, j'ai vu les notes sur celui-ci, et j'ai un peu peur, mais pour le moment, ça a l'air pas mal du tout.
Je commence aussi tout juste Sisters de Michelle Adams, qui a l'air assez particulier (et dont le début me rappelle un peu À même la peau dans le genre ma-soeur-est-pas-tranquille). À voir !
  
3. Que vais-je lire ensuite ? 

Surprise surprise ! Je ne sais pas trop, toujours est-il que j'ai plein de lectures hivernales en stock, notamment Le Noël d'Hercule Poirot d'Agatha Christie que je pense commencer sous peu !

4. Blabla

Ma fille a demandé au Père Noël qui attendait pour les photos s'il était allé acheter ses cadeaux et ceux des autres enfants. Et dans sa bouche, ça sonnait vraiment comme si elle avait dit "mais qu'est-ce que tu fais à glander, t'as pas du boulot ?". Je ne sais pas si la magie de Noël va durer très longtemps avec cette enfant.
J'ai officiellement deux semaines de congés pour les vacances de fin d'année, ce qui est fort appréciable, rapport qu'on est tous d'accord que Noël, c'est pas vraiment des vacances tellement c'est fatiguant, hein ?
Sinon, rien de bien exceptionnel cette semaine, je dois bien avouer. 

Et vous, vous avez lu / fait quoi ? 

vendredi 7 décembre 2018

My absolute darling


Merci à Audiolib !

My absolute darling de Gabriel Tallent

audio : Auiolib, 2018, 772 mn, lu par Marie Bouvet

GF : Gallmeister, coll. Americana, 2018, 464 p.

traduit par Laura Derajinsky

Contemporaine, Drame



A quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu'elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s'ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d'un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu'au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu'elle intrigue et fascine à la fois. 

Wow ! 
Attendez, je rassemble mes pensées, je reviens.
Non, parce que wow !
Une claque !

Bon, alors, attendez, faut remettre les choses dans leur contexte.
Parce que clairement, c'est pas une romance de Noël, hein. C'est pas joyeux, c'est pas beau, c'est pas esprit de famille. Bref, c'est pas pour tout le monde.
C'est dur et violent et malsain.

Le style est particulier, froid, parfois clinique. Cru, surtout. Pas de ronds de jambes, pas de métaphores qui aideraient à faire avaler la pilule. L'héroïne n'est pas spécialement attachante au premier abord, il va nous falloir du temps pour l'apprécier, pour éprouver de l'empathie à son égard. Elle est sauvage et à des kilomètres de l'image de la victime qu'on se fait habituellement. C'est une guerrière, elle a été élevée pour ça. 

Mais Julia-Turtle-Croquette Alveston est surtout une ado qui a grandi aussi coupée du monde que possible, entourée de nature et de flingues. Ses préoccupations sont bien loin de celles des autres gamines de 14 ans. Sa préoccupation numéro un, c'est d'être capable de survivre, de viser et tirer sans états d'âme, de vivre dans sa maison en séquoia, de continuer à admirer son père et à lui plaire. 
C'est une gosse qui refuse de s'ouvrir à l'extérieur pour ne pas se trouver en plein conflit de loyauté, c'est une ado courageuse et lâche à la fois, c'est une ado qui malgré les traumatismes et la dureté de ce qu'elle vit refuse de changer ça.
C'est un livre sombre sur la psychologie humaine et sa complexité.
C'est un livre lumineux sur la volonté.
C'est un livre violent sur les doutes et le statu quo.
C'est une sacrée claque.

On est dans l'Amérique profonde, où une gosse comme Turtle est respectée par ses pairs, où il est presque normal qu'une enfant de 14 ans se ballade en permanence avec un flingue à la ceinture, où apprendre à nettoyer un calibre est plus important que faire ses devoirs.
Non, je vous le dis, Turtle a ce côté incompréhensible pour nous, cette gamine si mûre et tellement à côté de la plaque à la fois qu'elle reste longtemps un mystère pour nous, alors qu'on voudrait la voir faire des choix différents. Elle a simplement un système de pensée différent, il faut que le lecteur s'y adapte.

Mais c'est peut-être ce qui la sauve, ce qui lui permet de survivre, ce qui fait qu'elle est encore vivante malgré les épreuves traversées jusque là et celles qu'elle va devoir endurer encore au cours de notre lecture. Cette illusion de la normalité qu'elle a, quand nous sommes outrés, choqués, terriblement révoltés ou simplement mal à l'aise. C'est sa vie, c'est son quotidien, elle ne peut pas faire autrement, elle sait à peine qu'autre chose existe, et même si ça existe, c'est ailleurs, c'est pour les autres. Pas pour elle en tout cas.
Je ne veux pas en dire trop, parce que c'est un texte qu'on doit se prendre dans la face. L'auteur nous envoie un énorme uppercut, on peut détester son texte pour ça, ou l'en remercier. En tout cas, on ne reste pas indifférent.
Ma lecture en un GIF : 




- L'ambiance
- Le style
- Les thématiques 
- La psychologie des personnages

- Pas pour les âmes "sensibles"

mardi 4 décembre 2018

La voix des vagues


La voix des vagues de Jackie Copleton

GF : Les Escales, 2016, 432 p.

poche : Pocket, 2018, 384 p.

Historique



Lorsqu'un homme horriblement défiguré frappe à la porte d'Amaterasu Takahashi et qu'il prétend être son petit-fils disparu depuis des années, Amaterasu est bouleversée. Elle aimerait tellement le croire, mais comment savoir s'il dit la vérité ? 

Ce qu'elle sait c'est que sa fille et son petit-fils sont forcément morts le 9 août 1945, le jour où les Américains ont bombardé Nagasaki ; elle sait aussi qu'elle a fouillé sa ville en ruine à la recherche des siens pendant des semaines. Avec l'arrivée de cet homme, Amaterasu doit se replonger dans un passé douloureux dominé par le chagrin, la perte et le remord.

Elle qui a quitté son pays natal, le Japon, pour les États-Unis se remémore ce qu'elle a voulu oublier : son pays, sa jeunesse et sa relation compliquée avec sa fille. L'apparition de l'étranger sort Amaterasu de sa mélancolie et ouvre une boîte de Pandore d'où s'échappent les souvenirs qu'elle a laissé derrière elle ...

Aujourd'hui, on va causer d'un livre fort, bouleversant, instructif. Un livre que j'avais envie de lire depuis super longtemps (en particulier grâce à un certain petit monstre charmant qui en avait fait une sacrée chronique), mais que j'ai fait traîner longtemps de peur d'être déçue.
Ce n'est pas le cas. C'était beau, c'était fort, c'était émouvant, et c'était même instructif. Que demande le peuple ?

Au-delà des destins particuliers que l'on va découvrir, c'est une immersion au Japon, celui du début du XXème siècle jusque après la seconde guerre mondiale. Et ce qu'on voit dans les cours d'histoire est en général très centré sur l'Europe, concerne assez peu l'Asie et encore moins du côté "perdants" de la force... On a beau connaître les noms d'Hiroshima et Nagasaki, on est loin d'imaginer ce que c'était vraiment. Pour ma part, je dois bien avouer (et j'ai un peu honte) que même si j'ai condamné intérieurement la catastrophe que ça a été, je n'y avais jamais pensé plus que ça. C'est une des choses que j'aime dans la littérature : on se décentre.

Ici, c'en est la parfaite illustration. En même temps, on ne fait pas non plus passer le Japon pour un pays "victime" qui n'aurait rien à se reprocher. Les exactions commises (et elles furent nombreuses) sont lourdement condamnées et elles pèsent lourdement sur la conscience de certains des personnages que l'on va rencontrer. Là encore, je n'avais que peu d'idées concernant les atrocités perpétrées de ce côté du globe, là encore, ça a été une nouvelle découverte. Morbide, certes, mais instructive.
Quant aux thématiques abordées... J'y ai là aussi plus que largement trouvé mon compte. Filiation, secrets, héritage, maternité, passion, pertes, deuils, mais surtout sutout culpabilité

De la culpabilité d'avoir été une mauvaise mère, de la culpabilité d'avoir participé à certaines actions, de la culpabilité sur un passé immuable, de la culpabilité sur les morts qui pèsent sur la conscience... 
Alors non, on n'est pas dans du joyeux-joyeux, malgré ce quasi-miracle de retrouver un petit-fils disparu près de 40 ans plus tard. Mais c'est bien écrit, ça nous transporte, et on finit par penser que finalement, découvrir la vérité vraie n'est pas si important.

J'ai ressenti énormément d'émotions, de l'empathie, mais parfois aussi de la colère envers cette narratrice tantôt attachante, tantôt manipulatrice. Et tandis qu’elle démêle les fils de ses souvenirs et du passé, on finit par la trouver simplement humaine et méfiante comme un animal blessé.
Bref, c'est une lecture coup de poing, une fois de plus. Mes lectures asiatiques de l'année auront décidément été riches en émotions !

Ma lecture en un GIF : 


- La poésie du texte
- L'immersion dans un pays et une culture éloignés des nôtres
- Les thématiques abordées
- Les émotions qui arrivent à coup de tractopelle dans ta face
Une narratrice parfois agaçante
- Il nous reste encore des questions en refermant le livre

lundi 3 décembre 2018

C'est Lundi, que lisez-vous ? #125

Le récap' des liens se fait maintenant chez Cammy sur son super blog : I believe in pixie dust !


On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ? 

Une claque dont on va très vite reparler avec My absolute darling de Gabriel Tallent. C'est dur, sombre, violent, malsain. Mais c'est aussi la quête d'identité d'une adolescente en plein conflit de loyauté, et les moments lumineux qui vont l'aider à passer outre et faire preuve de résilience. J'ai adoré, tout simplement !
La première fois qu'on m'a embrassée, je suis morte ne m'aura pas hyper convaincue, même si certaines thématiques sont chouettes. Peut-être que je n'ai pas adhéré au style en particulier, je ne sais pas, mais je n'en garderai pas un souvenir mémorable...

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?



À même la peau est mon premier Lisa Gardner, et je pense que ce ne sera pas le dernier car je suis littéralement happée !
Je me fais aussi une petite suite des familles, rayon bit-lit, prophéties, métamorphes et autres créatures surnaturelles grâce au deuxième tome de Meg Corbyn : Volée noire.

  
3. Que vais-je lire ensuite ? 

Ma médiathèque était malheureusement exceptionnellement fermée ce samedi, je n'ai donc pas renouvelé mon stock de graphique ni de livre audio. On verra la semaine prochaine, mais du coup, je suis plutôt dans le flou pour le moment !

4. Blabla

On est en décembre, le seul mois hivernal que je tolère dans l'année. 
Ma fille est assez grande cette année, on a donc fait la déco de notre sapin de Noël ensemble (autant vous dire que le bas du sapin menace de s'effondrer alors que le haut fait un peu famélique en comparaison...) ce qui était un chouette moment.
Je continue mes achats de Noël, mais comme j'ai presque tout, je me suis plutôt bien débrouillée cette année !

Et vous, vous avez lu / fait quoi ? 

jeudi 29 novembre 2018

Au service de Sa Majesté la Mort, tome 1 - L'Ordre des Revenants


Merci à Castelmore et NetGalley

Au service de Sa Majesté la Mort, tome 1 - L'Ordre des Revenants de Julien Hervieux

Castelmore, 2018, 320 p.

Jeunesse, Fantasy



Londres, 1887. Prise dans le carcan de la société victorienne, Elizabeth, jeune journaliste indépendante, n’a d’autre choix pour exercer son métier que de passer un accord avec un journaliste qui lui sert de nom de plume. Un accord funeste : quand ce dernier est assassiné sous ses yeux, Elizabeth, devenue gênante, est sommairement abattue…
… pour se réveiller dans sa propre tombe.

Commence alors pour elle une toute nouvelle « existence ». Sous la surveillance d’un étrange chaperon, Elizabeth rejoint, à son corps défendant, les rangs des Revenants, des morts-vivants chargés de traquer ceux qui tentent de repousser la venue de leur dernière heure.
Elle œuvre désormais pour le compte de Sa Majesté la Mort elle-même, une activité bien loin du repos éternel…

J'ai toujours quelques gouttes de sueur qui perlent sur mon front délicat (non) d'appréhension quand je commence un roman jeunesse (noooooon, je n'ai pas le sens de l’exagération, j'vois pas pourquoi vous dites ça...). 

Ben je me suis inquiétée pour rien. Ok, de jeunes gens peuvent le lire, mais pas que. Et surtout, l'auteur ne prend pas son lectorat (même jeune, donc) pour des idiots. 
On rencontre Elizabeth, une héroïne à laquelle on peut s'identifier facilement. Son rêve, c'est de vivre de sa plume. Pas facile dans l'Angleterre victorienne si on est une femme, a fortiori une jeune. Puis de toute façon, c'est râpé pour elle, puisqu'elle va se faire assassiner. Evidemment, ça ne s'arrête pas là, sinon, il n'y aurait pas de livre. 

La jeune femme va "revenir" et devoir se créer une nouvelle vie. Désignée par Charon, elle va rejoindre l'Ordre des Revenants et intégrer la cellule londonienne afin de traquer les trompe-la-mort, ces humains qui ont trouvé un moyen de retarder l'heure de leur mort.
Accompagnée d'une fine équipe, cela va amener chez elle moult questionnements d'ordre moral. Est-ce que mettre fin à la vie artificiellement prolongée des humains c'est un meurtre ? Est-ce que c'est juste ? Est-ce qu'elle a le droit de mener à bien sa mission ? 

Ayant été assassinée de son vivant, on va aussi parler de vengeance, de deuil (celui de son ancienne vie et de ses proches, mais aussi de la souffrance qu'elle sait infliger aux autres). Bref, tout un tas de thématiques fort intéressantes, bien présentes sans pour autant plomber le récit. 
Comme on est dans un récit jeunesse, il y a peu de temps mort (mes jeux de mots sont de plus en plus qualitatifs, ahem), les péripéties, missions et découvertes s'enchaînent. On accroche ou pas, mais le fait est qu'on ne s'ennuie pas. 

L'auteur parvient à nous présenter une certaine quantité de personnages et un fonctionnement d'univers en un minimum de temps sans que l'on se sente perdu à aucun moment. On apprend en même temps qu'Elizabeth, c'est notre guide dans ce monde que l'on découvre.
Alors certes, certains personnages sont un peu clichés, mais il s'agit d'un premier tome et je ne doute pas que des nuances seront amenées dans la suite.
Non, vraiment, la seule chose que je peux regretter un peu, c'est l'évolution d'Elizabeth qui passe de Super Quiche qui pose plein de questions (ce qui est très bien) à pro de la mission secrète à même de créer / improviser / mener à bien les missions les plus compliquées (ce qui est très bien aussi). On n'a pas vraiment d'entre-deux, et c'est un peu dommage parce qu'il était clairement plus difficile de s'identifier (et donc de continuer à s'attacher) à elle.
En tout cas, j'ai très envie de découvrir la suite de cette nouvelle série fort prometteuse !

Ma lecture en un GIF : 



- Le féminisme sous-jacent
- L'univers et l'ambiance
- Les thématiques abordées


Une évolution de l'héroïne un peu rapide