vendredi 22 juin 2018

Toutes les fois où je ne suis pas morte

Merci à NetGalley et Robert Laffont

Toutes les fois où je ne suis pas morte de Geneviève Lefebvre

Robert Laffont, 2018, 252 p.

Contemporaine


" Viens me rejoindre. Prends l'avion. Réglons ça tout de suite, m'as-tu écrit. Ça. Ce désir fulgurant qui nous possédait et qui nous faisait nous écrire vingt, trente fois par jour. "
Trois jours après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, Catherine débarque à Bruxelles, dans une ville en état de siège. Mais rien n'aurait pu empêcher la jeune femme de venir rejoindre Matt, reporter de guerre pour la BBC, son ami et, peut-être, son amour de toujours. Des années de tension latente entre eux, et aujourd'hui ils sont libres l'un pour l'autre. Six jours pour s'aimer, lui a-t-il promis, avant qu'il reparte vers une nouvelle mission. Peu importe la suite. Sauf qu'entre ce qu'ils avaient imaginé et la réalité, rien ne va se passer comme prévu...
Un grand roman d'amour noir, où s'entrechoquent les échos de nos peurs et de nos désirs. 


Bon. Une fois n'est pas coutume, je suis embêtée avec ce livre
J'ai bien aimé, mais en même temps pas du tout.
Je suis mitigée lapin-cochon d'Inde, si vous voyez le truc.
C'est pas clair, quoi.
Parce que, d'un côté, j'ai plutôt aimé ce qui ressortait de ce récit, cette histoire de femme, de femmes. De mères aussi, qui seraient prêtes à tout pour leur enfant, même au pire. Mais qui restent quand même des femmes.
J'ai aussi aimé le style de l'autrice. Cette façon parfois choquante de nous mettre face à des situations, des ressentis.
Mais le fond, l'intrigue, et le contexte, j'ai moyennement adhéré.

jeudi 21 juin 2018

TBTL #70 - Alcool

BettieRose a lancé ce RDV pour parler d'une lecture que le thème nous évoque, histoire de pouvoir (re)parler de bouquins qui nous ont marqué et qui passent vite à la trappe avec le flot de nouveautés. Vous pouvez retrouver les liens sur son blog !

 
On se retrouve cette semaine avec une thème que je croise finalement assez peu dans mes lectures, et pourtant, j'apprécie l'apéro (de façon modérée et occasionnelle, cela va sans dire) (et occasionnellement de façon bien moins modérée). Ma première idée aurait été de vous parler de Moi, Charlotte Simmons de Tom Wolfe, que j'avais adoré à l'époque. Comment une demoiselle provinciale, intello un brin coincée voit sa vie changer avec l'arrivée sur un grand campus américain. Il y a du cliché, évidemment, et c'est un beau pavé, mais je l'ai beaucoup apprécié.
Sauf que vu que je l'ai lu il y a moult années, il n'est pas chroniqué ici, et j'ai donc décidé de vous parler d'un autre livre.
C'est parti pour un livre se déroulant en un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, ni même les moins de 50. On est plongé entre la fin de la seconde guerre mondiale et les années 60, dans l'histoire de deux cousines et de leur maison familiale qui sera le témoin de leurs vies.Le rapport avec le thème ? Un des moments clé de l'intrigue se déroule pendant une soirée plutôt arrosée, mais aussi, de manière générale, les personnages adultes ont l'air de passer leur temps un cocktail à la main. Moi, les cocktails, clairement, ça me fait penser à l'été, et vu qu'on cause maison de vacances, je me suis dit qu'en plus, ce serait une lecture parfaite pour la saison. Bref, viendez faire un tour à Tiger House. 
L’énorme point fort de ce livre, c’est la dissection que l’autrice opère sur les rapports entre les gens d’une même famille. La jalousie, l’envie, le désir, la curiosité, l’indifférence, la crainte. Et des thématiques plus spécifiques, comme celle de la fidélité, de la manipulation, du paraître.
Nick, la mère / épouse / cousine est sans conteste au cœur de ce livre. Difficile à cerner, elle n’en est pas moins fascinante. Parce qu’au final, c’est autour d’elle que tout tourne. Sa cousine s’y réfère, parfois avec jalousie et colère, mais c’est néanmoins son repère. C’est son couple qui est au cœur du récit, avec les problèmes qu’ils peuvent rencontrer, les conséquences de leurs actions passées. Son gendre l’admire, et même au-delà. Son neveu l’observe, la scrute. Sur tous, elle exerce une fascination qu’elle-même serait bien en peine d’expliquer si seulement elle en avait conscience. Et ça ne s'arrête pas là, car même le lecteur (en tout cas, 
On ne peut en tout cas pas enlever à l’autrice ses qualités littéraires et sa faculté à nous plonger dans cette torpeur indolente des vacances à Tiger House. Personnellement, j’ai eu envie de boire des gins tonic à chaque fois que j’ouvrais le livre ! 

mardi 19 juin 2018

American Gods


American Gods de Neil Gaiman

J'ai Lu, 2017, 604 p.

Traduit par Michel Pagel

Fantasy, Mythologie



Dans le vol qui l'emmène à l'enterrement de sa femme tant aimée, Ombre rencontre Voyageur, un intrigant personnage. Dieu antique, comme le suggèrent ses énigmes, fou, ou bien simple arnaqueur ? Et en quoi consiste réellement le travail qu'il lui propose ? En acceptant finalement d'entrer à son service, Ombre va se retrouver plongé au sein d'un conflit qui le dépasse : celui qui oppose héros mythologiques de l'ancien monde et nouvelles idoles profanes de l'Amérique. Mais comment savoir qui tire réellement les ficelles : ces entités légendaires saxonnes issues de l'aube des temps, ou les puissances du consumérisme et de la technologie ? A moins que ce ne soit ce mystérieux M. Monde...


Neil Gaiman est merveilleux, ses œuvres le sont et il me l'a encore prouvé. Je commence à avoir découvert quelques perles de sa bibliographie et je dois bien admettre que la seule fois où j'ai été un brin déçue, c'est avec Stardust. Ce qui est vraiment ballot, parce que c'est le seul dont j'ai parlé ici. Et que rien que c'est un des rares auteurs dont le simple nom sur la couverture me donne envie d'acheter un bouquin.
Avec ce roman-là, il m'a happée, rendue nerveuse, impatiente et pour finir il m'a roulée comme une bleusaille. Ce qui fait qu'en refermant le bouquin, j'étais sur les fesses avec la grande envie d'en savoir plus.
Bon, après, il faut que je sois un peu honnête. C'est le ramdam qu'a fait la série à sa sortie qui m'a rappelé l'existence de ce livre, le tout concordé au fruit du hasard qui m'a fait tomber dessus à la médiathèque. D'ailleurs, la série est-elle aussi bien qu'on le prétend ? Je n'ose absolument pas la regarder.

lundi 18 juin 2018

C'est Lundi, que lisez-vous ? #108

Comme chacun sait, je pense, on retrouve tous les liens chez Galleane qui a repris ce RDV d'un blog anglophone.


On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ? 



Toutes les fois où je ne suis pas morte de Geneviève Lefebvre ne m'a pas spécialement emballée, mais je crois que je suis un peu passée à côté de ce que l'autrice essayait de transmettre avec cette histoire. Néanmoins, c'est bien écrit, donc ça plaira sûrement à d'autres.
Amours de Léonor de Récondo était très chouette. Vraiment. Trop court. En tout cas, j'ai découvert une nouvelle autrice fantastique, et j'ai très envie de me pencher sur ses autres écrits.
Olympe de Gouges de Bocquet et Catel est une chouette biographie de celle qui est maintenant une figure phare du féminisme mais que je connaissais jusque là assez peu. Instructif, bien fait et bourré de références en fin d'ouvrage, bref, une chouette BD pour se familiariser avec le personnage et le contexte historique.
Je n'avais pas encore osé découvrir la plume de Mathias Malzieu dans ses romans malgré tout le bien que j'en avais entendu. Parce que j'étais une ado très fan de Dionysos, voyez, et je ne voulais pas être déçue. Alors, c'est sûr que c'est moins rock'n'roll, mais j'ai retrouvé sa poésie et ce côté onirico-nostalgique de l'enfance qui me plaisait dans le groupe. Essai très concluant avec Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, donc !
Enfin, Minute, papillon ! d'Aurélie Valognes m'a fait passer un chouette moment et j'ai plutôt aimé tout ce qui est dit du rôle de mère dans ce livre (après, je râle toujours quand il y a trop de bons sentiments, mais j'ai peu de tolérance face aux trucs trop bisounours huhu).

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
    
 
Celle que vous croyez de Camille Laurens m'intriguait beaucoup, et le début de ce roman me plait autant que je pouvais l'imaginer (même si je m'attendais à autre chose au niveau de la narration, allez savoir pourquoi) !
Et je commence avec beaucoup de bonheur Homo Deus de Yuval Noah Harari. C'est très chouette, déjà. Et si vous vous souvenez de mon coup de coeur pour Sapiens, sachez qu'avec  les 3 petits chapitres que j'ai lus, je suis déjà autant emballée. D'autant que c'est le même lecteur, et il faut que je le dise quelque part : Philippe Solier, je vous kiffe. Cet homme a une voix tellement claire et une façon d'insinuer doucement l'humour et le sarcasme que je pourrais l'épouser. Il me lirait des trucs, je l'écouterais béatement et après je serais super intelligente.
  
3. Que vais-je lire ensuite ?

J'hésite, j'hésite. Je dois recevoir 2 livres de la part de Babelio, donc si un arrive assez rapidement, ce sera probablement celui-ci. Mais j'ai fait un petit tour de ma PAL, et il y a tellement de bouquins qui me tentent que je ne sais plus trop où donner de la tête.

4. Blabla

Bon, ben je crois que j'aurais eu la crise des "terribeul two" la plus courte recensée dans l'histoire de la parentalité, puisque ma progéniture a décidé de rejoindre les rangs de la quasi-perfection. Je dis quasi, parce que si elle pouvait se décider à aller aux toilettes ou au pot au lieu de prendre sa tête de pestouille et de s'accroupir en faisant "PSSSSSSSS !" quand elle fait pipi, on serait au top. 
D'ailleurs, je ne résiste pas à l'envie de vous partager sa nouvelle expression préférée : "moustache-pistache". Cette enfant sait dire moustache et pistache, mais n'est pas capable d'articuler "pyjama" qui reste "petit jama". Les méandres du cerveau en ce qui concerne l'acquisition du langage me laissent perplexe.
Sinon, croisez les doigts pour moi, je saurai mon planning de l'an prochain mardi après-midi (jour où je ne devais pas travailler normalement, ce que je prends clairement comme un mauvais présage) et j'espère très fort travailler sur 4 jours ! 

Et vous, vous avez lu / fait quoi ?

samedi 16 juin 2018

Le dernier jour d'un condamné - Le classique du mois


Le dernier jour d'un condamné 
de Victor Hugo

1ère publication : 1829

mon édition : ebook, éditions Bibebook, 2014 - gratuit

poche : Folio, coll. Classique, 2017, 208 p.

Classique, Roman à thèse



Je n'avais pas lu de bouquin du père Victor depuis une paye. Et j'aime bien son style. Du coup, c'était en projet depuis, euh... plusieurs années pour être tout à fait honnête (l'ebook traînait dans ma liseuse depuis 2015) et suite à une discussion un brin animée avec une personne visiblement pas opposée au retour de la peine de mort, je n'ai que très moyennement réussi à garder mon calme. Sauf que quand je m'énerve, mon argumentation devient facilement bancale, ce qui est assez agaçant. 
Dans ce contexte, je me suis dit que j'allais lire le bouquin. Puis l'acheter et lui offrir. Ou lui envoyer dans la tronche, j'hésite encore.
Entre temps, j'ai appris qu'il était étudié pour le bac de français cette année. Bref, c'est le mois de juin, tous les bacheliers détestent entendre parler de ce livre donc comme j'ai visiblement décidé de ne pas me faire de copains, c'est sûrement le meilleur moment pour en parler avec vous.

Un condamné à mort raconte sa condamnation, son séjour à Bicêtre, puis à la Conciergerie, décrit les préparatifs de son exécution, sa dernière toilette, le voyage en charrette vers l'échafaud, ses impressions durant les quelques instants de délai qui lui sont accordés, mais qui vont bientôt s’achever.


Déjà, pour commencer et une fois n'est pas coutume, lire les préfaces est hyper intéressant. On sait déjà de quoi le livre va traiter, donc franchement, pas de spoil possible. Par contre, je suis assez persuadée que lire les préfaces rédigées par l'auteur lui-même ne peut que nous apporter en argumentation et éclairer intelligemment la lecture à venir.
Puis notre ami Hugo (je ne sais pas pourquoi je suis si familière envers lui, mais il me laisse une image de type sympa) malgré son engagement (qu'on retrouve dans à peu près tous ces bouquins, en tout cas ceux que j'ai lus) n'est pas dénué d'humour et va faire tourner en bourrique le critique littéraire, le bourgeois et la dame de la bonne société bien pensante. Bref, à peu près tous les détracteurs de son livre lors de sa première parution. Il va démonter leurs arguments boiteux et même expliquer sa démarche en deux temps trois mouvements, le tout en faisant marrer le lecteur. Et c'est super malin.

jeudi 14 juin 2018

Le jardin des bonheurs égarés

Merci à NetGalley et Préludes

Le jardin des bonheurs égarés de Tor Udall

Préudes, 2018, 416 p.

Traduit par Claire Desserey

Contemporaine



Un portrait intime de cinq vies inextricablement liées, tout au long d'une année à Kew Gardens - un début exquis, étrange et beau pour les fans d'Alice Sebold, Curtis Sittenfeld, Barbara Kingsolver et Audrey Niffenegger.
Après la mort subite de sa femme, Audrey, Jonah est assis sur un banc dans Kew Gardens, essayant de rassembler les pièces brisées de sa vie. Chloé, à la tête rasé et abrasive, trouve la consolation dans les origamis qu'elle plient méticuleusement . Mais quand elle rencontre Jonah, ses défenses soigneusement construites menacent de tomber. Milly, un enfant facilement rieur, se proméne librement à Kew Gardens, trouvant la beauté partout où elle est. Mais où est sa mère et où va-t-elle quand les jardins sont fermés ? Le but d'Harry est de sauver des plantes de l'extinction. Calme et énigmatique, il attend que quelque chose - ou quelqu'un - l'enracine plus fermement à la terre.
Audrey lie ces étrangers ensemble. Comme le mystère de sa mort s'effondre, les scènes au fil des saisons nous apprenent que les histoires, comme le papier, peuvent être repliées et reformées. Hanté par des chansons et des oiseaux d'origami, ce roman est une lettre d'amour à un jardin et un hymne aux choses perdues.


La première chose qui m'a frappée en commençant ce roman, c'est son style. Très poétique, il ravira les amoureux de la nature. Mais il peut aussi se révéler très déconcertant par moments, dans la tournure des phrases. Quoiqu'il en soit, je m'en suis délectée dès le départ.
Mais même si toutes les descriptions, tous les passages de ressentis des différents personnages étaient un plaisir à lire, même si une aura de mystère et de sérénité en même temps planait sur l'intrigue et sur ce lieu visiblement magnifique qu'est Kew Gardens, je n'arrivais pas à avancer. C'était chouette, mais ça manquait un peu de rythme. Et au-delà du deuil de Jonah, de la disparition d'Audrey, de Chloe, la jeune artiste un peu paumée, et du mystère autour d'Harry et Milly, ça donnait plutôt envie d'aller découvrir Kew Gardens (et c'est définitivement une visite en tête sur ma to-do list pour mon prochain voyage en Angleterre), d'admirer ces jardins, de s'y promener et de s'y reposer.

mardi 12 juin 2018

Le dernier jardin, tome 1 - Ephémère


Le dernier jardin, tome 1 - Éphémère de Lauren DeStefano

Castelmore, 2011, 350 p.

Traduit par Tristan Lathière

Science-Fiction, Young Adult



Que faire de sa vie quand on connaît la date exacte de sa mort ?
Les scientifiques ont créé des enfants génétiquement parfaits, immunisés contre toutes les maladies. L'humanité a cru voir son avenir assuré...jusqu'au jour où le verdict accablant est tombé. Ces jeunes gens ont une espérance de vie incroyablement courte : 25 ans pour les hommes, 20 ans pour les femmes, sans exception. Dans ce monde désolé, des jeunes filles sont kidnappées et contraintes à des mariages polygames pour la survie de l'espèce.
Rhine, âgée de seize ans, a été enlevée de force à son frère. Elle se réveille enfermée dans une prison dorée, un manoir où des serviteurs veillent à ses moindres désirs. Malgré l'amour sincère de son mari et la confiance qui s'instaure petit à petit avec ses sœurs épouses, Rhine n'a qu'une idée en tête : s'enfuir de cet endroit.



Bon, on va commencer par miser sur l'honnêteté : j'ai acheté ce roman uniquement parce qu'il faisait partie de la #GrosseOP Bragelonne / Milady / Castelmore. Sans ça, je ne m'en serais pas approché.
Et au final, ben j'ai eu raison de ne pas le payer plein pot.
Ne soyons pas médisants, ça se lit bien, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard.
Parmi les points positifs, on trouve déjà un monde intrigant et bien dépeint. J'ai clairement eu l'impression que l'autrice en avait encore sous la semelle, ce qui peut être un peu frustrant, mais on sent que tout ça est bien réfléchi, donc j'approuve quand même. 
Au niveau de l'intrigue, rien que de très classique, malgré un univers intéressant : une héroïne veut redevenir libre, et elle est prête à tout pour ça.