mardi 17 juillet 2018

Homo Deus - Une brève histoire de l'avenir


Merci à Audiolib !

Homo Deus - Une brève histoire du futur de Yuval Noah Harari

audio : Audiolib, 2018, 14h48, lu par Philippe Sollier

GF : Albin Michel, 2017, 464 p.

traduit par Pierre-Emmanuel Dauzat

Essai, Sociologie



Sapiens retraçait l'histoire de l'humanité. Homo Deus interroge son avenir. Que deviendront nos démocraties quand Google et Facebook connaîtront nos goûts et nos préférences politiques mieux que nous-mêmes ? Qu'adviendra-t-il de l'Etat providence lorsque nous, les humains, serons évincés du marché de l'emploi par des ordinateurs plus performants ? Quelle utilisation certaines religions feront-elles de la manipulation génétique ? Homo Deus nous dévoile ce que sera le monde d'aujourd'hui lorsque, à nos mythes collectifs tels que les dieux, l'argent, l'égalité et la liberté, s'allieront de nouvelles technologies démiurgiques. Et que les algorithmes, de plus en plus intelligents, pourront se passer de notre pouvoir de décision. Car, tandis que l'Homo Sapiens devient un Homo Deus, nous nous forgeons un nouveau destin. Best-seller international – plus de 200 000 exemplaires vendus en France, traduit dans près de 40 langues – Sapiens interrogeait l'histoire de l'humanité, de l'âge de la pierre à l'ère de la Silicon Valley. Le nouveau livre de Yuval Noah Harari offre un aperçu vertigineux des rêves et des cauchemars qui façonneront le XXIe siècle.


Si vous vous souvenez bien, j'avais eu un immense coup de cœur pour le premier essai que j'avais lu de l'auteur : Sapiens - Une brève histoire de l'humanitéJ'avais appris des choses (dont j'ai sûrement oublié la plupart aujourd'hui), pas mal réfléchi sur des sujets aussi différents que passionnants et l'humour dont le texte était émaillé (mais surtout la façon du lecteur de le rendre vivant) m'avait particulièrement plu.

C'est donc avec confiance et impatience que j'ai attaqué cette sorte de suite. 
Dans ce nouvel essai, Yuval Noah Harari s'attaque cette fois à l'avenir possible de l'humanité.
Et je ne vais pas vous mentir, ça risque de vous plomber un peu le moral. Parce que malgré quelques lueurs d'espoir, les perspectives que l'auteur nous dévoile ne sont pas bien joyeuses : plus d'inégalités, une compétitivité accrue, et surtout des évolutions technologiques semblant impossibles à freiner qui risquent bien de ne pas apporter que du bien.
Oui, on ne ressort pas de cette lecture en ayant foi en l'avenir. Mais peut-être en ressort-on tout de même un peu mieux préparés. Bon, puis après tout, je ne serai plus là pour le voir, les générations futures n'auront qu'à s'en débrouiller (sarcasme inside).

Alors, j'ai un peu moins apprécié cette lecture. Peut-être parce que j'aime bien me voiler la face, mais j'avais quand même l'espoir qu'on puisse trouver des raisons d'espérer un avenir plus radieux pour mes gosses (et les tiens aussi, ou même ceux de ton voisin), et ceux de leurs gosses.
Mais surtout, l'auteur s'attarde beaucoup (pour des raisons évidentes) sur les progrès technologiques et les perspectives d'évolution qu'ils amènent. Je dois bien admettre que même si la vulgarisation était bien faite puisque je pense avoir à peu près compris tous les concepts dont l'auteur parlait, ce n'est pas spécialement un de mes sujets de prédilection.
Une fois de plus, l'auteur nous amène à réfléchir, et ça tourne parfois en parodie de bac de philo (en mode qu'est-ce qui définit l'humanité ? ou encore à quoi servent les religions ? Qu'est-ce qui nous différencie des animaux ? Qu'est-ce que la conscience ?). Le truc, c'est qu'autant j'aime les sciences humaines, autant j'éprouve bien moins d'intérêt pour la chimie, la physique, les maths et autres sciences "dures"
Nope.
Forcément, ça m'a induit à me révolter contre certains postulats scientifiques qui pourtant semblent bien être justes au vu de nos connaissances actuelles. Parce que ça ne me plaît pas des masses de me dire que ce qui définit un être humain, ce n'est pas tant sa personnalité, ses choix, les valeurs qu'il défend qu'un amas d’algorithmes biochimiques. Je dois être une romantique...

Le ton est toujours là, mais il faut bien admettre que c'est quand même plus compliqué de blaguer en parlant de neurologie qu'en causant sociologie. Heureusement, le lecteur mérite une fois de plus un gros big up, des coeurs avec les doigts et beaucoup d'amour parce que ce monsieur est plein de talent et je suis sûre qu'entendre cet essai lu par lui facilite non seulement la compréhension du bouzin mais éveille l'intérêt puissance mille. 
Ce type devrait être prof / conférencier / président. 
Si le tableau vous paraît un brin sombre, je vous rassure. Dans son épilogue / conclusion, l'auteur nous invite quand même à réfléchir encore, on se rend compte davantage de son opinion personnelle et on a un peu plus envie de sourire.
Puis le type est quand même hyper humble, pour un universitaire auteur de best-sellers puisqu'il a même créé un onglet sur son site internet sur lequel il recense (et rectifie !) les erreurs qu'il a pu écrire dans son essai. 
Bref, c'est intéressant, instructif, bien vulgarisé, et encore une fois, je vous encourage très vivement à le découvrir !

Ma lecture en un GIF : 




- Les thématiques abordées
- Le ton
- La version audio et son lecteur de choc !
- La vulgarisation bien menée
- L'incitation à réfléchir


- Beaucoup de sciences dures
- Des perspectives bien sombres


Du même auteur :

lundi 16 juillet 2018

C'est Lundi, que lisez-vous ? #112

Comme chacun sait, je pense, on retrouve tous les liens chez Galleane qui a repris ce RDV d'un blog anglophone.


On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ? 

Au rendez-vous des élégantes de Susana Lopez Rubio était plutôt chouette. L'ambiance cubaine nous emporte et les personnages avec. 
Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot m'a fait regretter de ne pas être tombée sur la version intégrale du texte, parce que c'était vachement bien. Bref, je suis un peu frustrée, mais c'était quand même vachement bien.


2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
    
  
Les toutes premières pages d'Un gentleman à Moscou m'intriguent beaucoup.
Je suis complètement emportée par Liane Moriarty et Le Secret du Mari.
J'aime beaucoup l'ambiance de La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier, mais je crois que j'en attendais trop.
  
3. Que vais-je lire ensuite ? 

Va savoir ! Je suis assez versatile en ce moment, et je change d'avis comme de chemise. Mais surtout, je suis exténuée, il ne me faut donc pas de lecture trop dense histoire que mon petit cerveau arrive à suivre.

4. Blabla

Encore une dernière semaine, et c'est ma "petite" semaine, avant les vacances. C'est mon leitmotiv ! Non, parce que faut être honnête : entre la chaleur, la fatigue accumulée, les soucis, ben je dois bien avouer que j'ai un peu de mal à me concentrer au boulot, surtout que les enfants préféreraient clairement être chez eux !

Et vous, vous avez lu / fait quoi ?

vendredi 13 juillet 2018

La Sirène et la Licorne


Merci à NetGalley et Rageot

La Sirène et la Licorne d'Erin Mosta

Rageot, 2018, 272 p.

Contemporaine, Romance LGBT, Young Adult



Tout les oppose, pourtant elles s’attirent, et vont vivre une très belle histoire d'amour au coeur de l'été.

La licorne, c’est Lili. 17 ans, cheveux longs couleur arc-en-ciel, ballerines pailletées. Elle est passionnée par les effets spéciaux et le maquillage au cinéma. Elle a été harcelée sur le Net par les élèves de sa classe. Pour oublier, elle quitte la banlieue parisienne et part en vacances chez sa tante près de l’océan. En apparence, tout va bien et elle assume. La réalité est moins facile.

La sirène, c’est Cris. Cheveux courts, baskets défoncées, vieux jean trop large. Passionnée de voile et de natation, elle est plus à l'aise sur l'océan qu'au milieu de la foule. En vacances dans la maison de vacances familiale, elle tente de guérir d’une blessure. Fragile en apparence, elle possède une vraie force intérieure.


Je suis bien embêtée pour chroniquer ce bouquin. 
J'ai aimé cette histoire, les thèmes abordés sans jamais créer de débats là où ils ne devraient pas exister de toute manière. Si je ne suis pas une amatrice de romance, j'ai apprécié de voir ces deux demoiselles se rencontrer, apprendre à se connaître, se révéler et s'aimer. C'était doux et ça aurait vraiment pu sonner juste.

Mais voilà, on touche le nœud du problème. Je n'ai pas du tout adhéré au style de l'autrice. Quelques passages étaient bien écrits, mais d'autres manquaient clairement de substance à mon sens. J'ai eu le sentiment qu'elle voulait parfois injecter une dose de poésie mais que ça ne prenait pas. Ou à l'inverse, qu'elle voulait coller à la manière de parler des adolescentes. Personnellement, si dans un dialogue, ça ne me gêne pas, j'ai un peu de mal dans le texte à ne pas trouver les négations aux endroits appropriés ou des répétitions toutes les deux phrases, et que le narrateur soit interne et à la première personne du singulier n'y change rien.
Ouais, je suis une vieille râleuse

Et surtout, certains évènements en particulier vers la fin du livre, m'ont semblé bien trop gros. Absolument aucune crédibilité pour moi, probablement d'autant plus que je n'avais pas réussi à m'immerger complètement dans ma lecture.
Du coup - et je suis la première à le regretter - je n'ai finalement pas aimé ce livre pourtant pleine de bonnes idées. Et j'en étais au point où j'étais contente d'arriver sur la fin (je me suis endormie 3 fois dessus avant, ce qui est un bon révélateur dans mon cas).

Après, le reste vaut le coup, clairement. Parce qu'il n'est pas du tout exclu que je sois un poil exigeante, ou que vous ayez une sensibilité complètement différente de la mienne. 
On va donc rencontrer Elizabeth, notre Licorne férue de maquillage et d'effets spéciaux, puis Cris(telle), la Sirène, qui n'imagine pas la vie sans la navigation. Elles vont tomber amoureuses, petit à petit. Pas de coup de foudre en perspective, pas de grandes déclarations romantiques. C'est une relation assez réaliste et c'est très plaisant de trouver ça dans le genre. Evidemment, c'est très plaisant aussi de voir une histoire entre deux filles, parce que ce n'est pas ce qui pullule le plus dans le genre (ni même dans la littérature de manière générale).
Leur homosexualité n'est pas là pour créer un débat, elle est là, elle existe, et c'est tout. C'est juste une partie de leur personnalité.

Mais ce n'est pas le seul sujet de société qui est mis en avant. On va beaucoup parler des relations familiales, de ce qui est tu (ou pas écouté), de protection (parfois à outrance). On a aussi parler d'amitié, de celles qui aident vraiment. On va parler de harcèlement, de remonter la pente, de combattre ses fêlures.
Et c'est très bien exposé. 
Et puis, peut-on parler 2 minutes de la beauté de l'illustration de couverture ? Parce qu'elle est quand même carrément canon et a joué pour beaucoup dans mon envie de lire ce livre !

Beaucoup de qualités dans ce livre donc, mais le style n'était simplement pas pour moi.

Ma lecture en un GIF : 



- Les thématiques abordées
- La romance qui arrive doucement et prend son temps
- La couverture MA-GNI-FI-QUE


Le style trop brouillon pour moi

mardi 10 juillet 2018

Comme d'habitude


Merci à Babelio et au Livre de Poche

Comme d'habitude de Cécile Pivot

Le Livre de Poche, 2018, 192 p.

Témoignage, Autisme



Comme d’habitude est la lettre d’amour d’une mère,
Cécile Pivot, à son fils de 22 ans, Antoine.
Antoine est autiste.

Elle lui raconte sa petite enfance, quand elle savait que quelque chose n’allait pas mais prêchait dans le désert, parce qu’Antoine était son premier enfant et que ni le corps médical ni sa famille ne prenaient au sérieux sa parole de mère. Jusqu’à ce jour, à la fois terrible et libérateur, où les mots « troubles autistiques » ont été prononcés, enfin, par un médecin.
Elle lui raconte, en pleurant parfois, en souriant souvent, son combat, les erreurs, les siennes et celles des autres, enseignants, proches, administration ou soignants. Elle lui raconte les petits drames et les grandes joies, les colères et les fous rires.
Elle lui raconte comment elle l’a accompagné de son mieux dans sa vie d’enfant, d’adolescent puis de jeune homme, sans jamais renoncer à vivre, à aimer, à travailler.

Ce récit, elle le porte en elle depuis la naissance d’Antoine, prenant des notes, figeant dans l’écriture l’intensité d’instants inoubliables, drôles ou tragiques, rocambolesques ou quotidiens, dont elle savaitqu’un jour, elle tirerait ce livre.
Ce livre que, probablement, il ne lira jamais.
Un livre vibrant d’émotion.


Pour ceux qui ne le savent pas, je suis éducatrice spécialisée et j'ai à peu près toujours bossé dans le domaine du handicap. Il se trouve aussi que j'ai suivi pas mal de formations supplémentaires concernant l'autisme, que c'est une pathologie que je connais assez bien et que j'ai l'habitude de travailler avec des personnes qui en sont atteintes. Mais mon regard de professionnelle n'a rien à voir avec celui qu'un parent peut poser sur son enfant, qu'il soit atteint d'autisme ou d'autre chose.

Je ne souffre d'aucune culpabilité, sauf si je fais une connerie, ce qui m'arrive évidemment, mais c'est alors dans des proportions bien différentes. Je n'ai pas non plus à accepter le handicap des personnes que je côtoie dans ce cadre : pour moi, c'est clair et pré-accepté. Je n'ai pas à faire face à une période de déni ou d'espoir invraisemblable, à chercher le meilleur accompagnement possible pour lui, à jauger les professionnels à qui je confierais éventuellement cet enfant. Et si je vis au quotidien avec, mes collègues peuvent me prendre le relais en cas de difficulté et je sais qu'en rentrant le soir après une journée de travail éprouvante, je n'aurais pas à devoir faire preuve de trésors de patience, à gérer une crise éventuelle et à continuer à vivre avec le handicap le dimanche. Si je m'attache effectivement à la plupart des personnes avec lesquelles je travaille, si je peux m'inquiéter pour leur futur (voire leur présent...), cela n'a rien à voir avec un amour parental. J'ai choisi mon métier, j'ai choisi la population avec laquelle je passe mes journées, mais je reste une professionnelle. Pas un parent.
Alors, parfois, ça fait du bien de se mettre à la place desdits parents. Pris dans notre routine, dans notre quotidien institutionnel, on peut parfois oublier l'entourage du public qu'on accueille, ou en tout cas, oublier de faire preuve de tact. En cela, ce témoignage m'a clairement fait du bien.

Parce que Cécile Pivot écrit ce livre sur son fils, pour son fils, mais elle ne parle pas que de lui. Difficile de parler de quelqu'un dont on n'arrive pas toujours à décrypter les émotions. 
Elle va parler d'elle, de son rôle de mère, de ses erreurs, de ses doutes, de son envie d'avoir une vie en-dehors de son fils, elle va parler de ses moments de recherche frénétiques pour trouver un lieu qui lui corresponde, de ses espoirs, de sa douleur, de ses appréhensions face à l'avenir, de tout l'amour qu'elle porte à ce jeune homme. 
Et c'est touchant, évidemment. Ca rappelle aussi qu'il n'y a pas de parent parfait, qu'elle a fait de son mieux sans vouloir tout sacrifier pour autant. 
Les apparitions au discours direct de certaines phrases de son fils, de ses attitudes, de ses TOCs nous rendent le jeune homme d'autant plus attachant.

Mais surtout, ce que j'ai apprécié, c'est que l'autrice nous rappelle une chose importante : autisme ne veut pas dire Asperger (statistiquement, c'est une toute petite minorité, mise en lumière parce que c'est pour eux que c'est le plus simple de parler de leurs difficultés) et même qu'elle et son fils sont chanceux car malgré le quotidien parfois difficile, une bonne partie des personnes atteintes d'autisme ne seront jamais capables d'atteindre le niveau d'autonomie de son fils (du fait d'une déficience intellectuelle trop importante ou d'autres troubles associés).
Mais surtout, ce témoignage, bien en-dehors de l'image parfois presque romantique qu'on peut retrouver dans certains reportages, nous rappelle que les personnes avec troubles du spectre autistique sont avant tout des êtres humains. Si le sujet vous intéresse, vous n'apprendrez peut-être pas grand-chose du fonctionnement de l'autisme, des termes techniques, du pan médical. Mais vous vous rappellerez que malgré les difficultés de communication, de socialisations, les centres d'intérêt souvent obsessionnels, les éventuels troubles du comportement, les personnes qui vivent tout ça sont avant toute chose des personnes. 

Ma lecture en un GIF : 



- Un récit touchant
- Une jolie leçon d'humanité


- Peut-être pas le plus adapté si vous voulez vous renseigner sur l'autisme

lundi 9 juillet 2018

C'est Lundi, que lisez-vous ? #111

Comme chacun sait, je pense, on retrouve tous les liens chez Galleane qui a repris ce RDV d'un blog anglophone.


On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ? 


Comme d'habitude de Cécile Pivot a été une lecture prenante et touchante. Ses questionnements et ses doutes concernant sa façon d'aborder la parentalité, son fils et l'autisme de ce dernier en font un témoignage très tendre. 
Par contre, je n'ai pas été hyper emballée par La Sirène & la Licorne d'Erin Mosta. Certes, je ne suis pas fan de romance au départ, mais ce qui m'a gênée concernait davantage le style de l'autrice. On en reparle très vite.
Quant à Homo deus - une brève histoire du futur de Yuval Noah Harari, ce n'est certes pas le coup de coeur que j'avais ressenti pour son prédécesseur, mais je suis extrêmement ravie de l'avoir lu. Il m'a permis de relativiser certains sujets de société, mais m'a quand même pas mal foutu le cafard concernant l'avenir de l'humanité. 


2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
    
  

Au rendez-vous des élégantes de Susana Lopez Rubio commence très bien, avec un petit air du Bonheur des dames mais en moins tragiques et à Cuba. 
Je découvre en parallèle Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot. Malheureusement, je me suis rendue compte que c'était une version abrégée, et c'est bien dommage parce que j'aime beaucoup. 
  
3. Que vais-je lire ensuite ? 

Je pense me pencher sur Un gentleman à Moscou d'Amor Towles et sa sublime couverture !

4. Blabla

Dure semaine sur le plan familial, ce qui explique mon absence ici. Il me reste encore pas mal de paperasse à fournir, je n'ai franchement pas la tête à ça et je rame-rame-rame. La distance entre mon domicile et ma région d'origine n'aidant en rien...
Heureusement, Paupiette-Cacahuète est un amour de petite fille et arrive à me faire rire même quand je n'ai pas trop le moral. Sérieusement, elle devrait être remboursée par la Sécu ! 

Et vous, vous avez lu / fait quoi ?

samedi 7 juillet 2018

Peyton Place- Le classique du mois


Peyton Place de Grace Metalious

1ère publication : 1956

mon édition : GF, Presses de la Cité, 2015, 618 p.

poche : 10/18, 2016, 653 p.

Classique, Drame



Parce que je suis une quiche en littérature américaine. Parce que ça a été un des premiers best-sellers et que j'avais envie de comprendre pourquoi.
Puis, parce que le thème me tentait, que j'en entendais du bien, qu'il était dispo dans ma médiathèque et me faisait très envie. Parfois, il ne faut pas chercher plus loin !

Etats-Unis, années 40. Peyton Place est une petite ville de la Nouvelle-Angleterre, aux apparences tranquilles. Le paysage est en réalité moins glorieux : derrière les façades proprettes des demeures victoriennes ou celles plus vétustes des maisons des faubourgs, de nombreux drames se jouent.
Dans les beaux quartiers, la jeune Allison ignore tout du secret qui entoure sa naissance et du passé immoral de sa mère, la belle et froide Constance McKenzie. Tout ce qui lui importe pour le moment est l'amitié de la jolie Selena Cross, issue des taudis de la ville et qui subit les violences d'un beau-père alcoolique...

Chronique au vitriol d'une petite ville américaine, où la condition des femmes est sans cesse bafouée, Peyton Place fit scandale lorsqu'il parut en 1956. Jugé «vulgaire», «amoral», «vicieux» ou encore «indécent», le roman -auquel l'on accorda tout de même d'indéniables qualités littéraires- connut cependant un engouement sans précédent, puisque soixante mille exemplaires furent vendus en à peine dix jours pour atteindre aujourd'hui quelque dix millions.



Pour être tout à fait honnête, ma première impression en refermant ce livre, c'est que ça m'avait fait le même effet que de binge-watcher une série TV. J'avais le sentiment d'avoir regardé une série style Melrose Place (mais en carrément mieux), en particulier concernant les interactions entre les personnages et les évènements qui vont leur arriver.

Parce que c'est toute une ville qui va prendre vie sous vos yeux ébahis (oui, on attaque fort) grâce à des personnages qui vont paraître assez cliché au premier abord mais se révéler bien plus intéressants.
Une lycéenne rêveuse et lunaire, une ado aussi jolie qu'intelligence mais qui a la malchance de venir des bas-fonds de la ville, une mère célibataire businesswoman accomplie (ce qui fait un peu tâche dans les années 50), un médecin avec des problèmes d'éthique et qui fait face à de gros dilemmes moraux, un nouvel arrivant qui va mettre le feu aux poudres et bien d'autres personnages plus ou moins sympathiques vont vous tenir compagnie pendant plus de 600 pages, et à la fin, vous aurez l'impression de les connaître intimement. 

Et avec l'air de ne pas y toucher, l'autrice va aborder un tas de thèmes et de problématiques qui étaient de vrais sujets de société à l'époque (et sont toujours très actuels). 
En premier lieu, le problème de classe sociale, le gouffre entre les très-précaires et les très-riches. C'est la toile de fond sur laquelle toutes les destinées et autres thématiques vont se greffer, et c'est bien le nœud de chaque situation que l'on va rencontrer.
Mais c'est loin d'être le seul sujet important que l'on va croiser : éducation (en particulier des classes populaires), place de la femme, sexualité, violences familiales aussi bien physiques que psychologiques, alcoolisme... 
On comprend bien les qualificatifs que les critiques de l'époque ont employé. À une époque aussi puritaine, les relations sexuelles hors mariage, les femmes qui travaillent et la liberté de disposer de son corps étaient loin d'être monnaie courante, ni même envisageables.

Vous l'aurez compris, ça ne va pas être la grosse marrade tous les jours à Peyton Place. Mais l'énorme talent de l'autrice vient du fait qu'il est impossible de lâcher le bouquin tant ce qui est décrit l'est de façon addictive avec ces destins qui s'emboîtent, se répondent, se mêlent. On va effectivement disséquer avec minutie la communauté qui nous est présentée, mais le style est tellement léger malgré la gravité de certaines choses abordées qu'on se croirait devant une série dont on veut absolument connaître le dénouement. L'écriture est en plus très visuelle ce qui renforce encore ce sentiment.

Après avoir pris autant de plaisir à découvrir ce classique de la littérature moderne américaine, j'ai un peu peur de découvrir la "suite", mais je la lirai avec plaisir, parce que j'ai justement très envie de retourner à Peyton Place, même des années après. 

Ma lecture en un GIF :



- Les personnages
- Les thématiques abordées
Le côté féministe
- La plume

- Les personnages peuvent paraître cliché au premier abord