mercredi 20 avril 2016

Chronique : Maestra

Maestra de L. S. Hilton

Robert Laffont, coll. La bête noire, 2016, 372 p.

Thriller, érotique


Résumé :

Le jour, Judith Rashleigh est assistante dans un hôtel de ventes aux enchères londonien qui l’exploite malgré ses diplômes et son talent. La nuit, elle officie dans un bar à hôtesses où elle séduit sans effort.
Judith sait qu’elle doit jouer le jeu. Pour faire carrière et pour charmer les hommes, elle a appris à être une gentille fille… Jusqu’à ce qu’elle découvre une gigantesque escroquerie autour d’une fausse toile de maître. Licenciée avant d’avoir pu faire éclater le scandale, Judith décide de fuir avec un riche client sur la Côte d’Azur. Là-bas, un monde décadent et corrompu les attend. Là-bas, elle goûtera à la vengeance. La gentille fille deviendra femme fatale.

Mon avis :

Quand j'ai demandé ce titre sur NetGalley, c'était avant tout parce qu'il s'agissait d'une publication de la collection La bête noire dont j'ai beaucoup apprécié les quelques titres que j'ai pu lire (je suis encore sous le choc de Serre-moi fort).
Le tapage médiatique autour ne m'avait pas encore atteinte, mais au final, le principe de thriller érotique ne me dérangeait pas. Ça pouvait être intéressant, même. Après, quand la machine s'est emballée et que j'ai commencé à voir le mot "féministe" accolé derrière, ça a été une autre histoire. Tout de suite, c'était beaucoup plus ambitieux. Et, parce que je suis un poil tâtillonne sur le sujet, j'étais un peu sceptique.
Au final, j'ai un peu de mal à écrire cette chronique. Parce que ma lecture me laisse un sentiment bizarre. J'ai lu ce bouquin extrêmement vite, mais je ne trouve pas que ce soit vraiment un thriller, et surtout, il n'est absolument pas féministe. Voilà. Ne le lisez pas si ce que vous cherchez c'est un truc sur les femmes.
OK, l'héroïne assume complètement sa sexualité, elle ne se retrouve jamais en position de femme-objet contre sa volonté, ce n'est pas une oie blanche à qui il faut faire découvrir son corps. Mais ça n'en fait pas une héroïne féministe.
Les personnages masculins lui succombent d'une façon ou d'une autre les uns après les autres, elle est femme fatale dans tous les sens du terme. Mais ça n'en fait pas une héroïne féministe. D'ailleurs, vu la façon dont elle instrumentalise les hommes tout au long de ce bouquin, si les sexes avaient été inversés, on aurait crié à la misogynie.
Mais revenons au cœur du récit. On suit Judith qui travaille dans le milieu de l'art et rêve d'y faire son trou, d'être reconnue pour ses compétences et son intelligence. En attendant, elle se contente d'un boulot mal payé où elle n'est guère considérée que comme une stagiaire qu'on devrait payer. En parallèle, elle bosse dans un bar à hôtesses histoire de joindre les deux bouts. On apprend dans le même temps son goût pour le libertinage et les soirées très privées où elle se rend sur son temps libre.
Finalement, Judith se fait virer à cause d'une histoire de vente de tableaux. À partir de là, il faut bien retomber sur ses pieds d'une façon ou d'une autre.
Une chose à savoir : Judith n'est pas attachante. Je ne me suis pas inquiétée pour elle, parce qu'à la limite, si ça finissait par mal tourner, eh bien tant pis. Et plus le récit avance, plus cette impression s'accentue.
Calculatrice et manipulatrice, elle se sert de son cerveau et de sa féminité pour prendre tout le monde de vitesse, y compris le lecteur qui a à peine le temps de comprendre une situation qu'elle est déjà passée à l'étape suivante de son plan. C'est d'ailleurs LA raison qui fait que j'ai poursuivi ma lecture : je voulais savoir si et comment elle s'en tirer, ce qu'elle manigançait, si elle avait vraiment prévu tel ou tel évènement. Sur ce plan, c'est une lecture très addictive que j'ai finie en 2 soirées.
Un personnage secondaire a trouvé grâce à mes yeux, celui de Steven, que l'on rencontre et que l'on suit sur quelques semaines. Pour le coup, il n'était ni cliché, ni transparent. Il était, simplement, et à côté de la galerie de marionnettes que l'on peut voir par ailleurs dans le bouquin, ça faisait du bien.
Concernant la partie érotique, les scènes de sexe sont crues, mais elles sont à l'image du reste du livre. Je n'ai pas trouvé qu'elles étaient gratuites, comme j'ai pu le voir dans certaines critiques pour une simple raison : le comportement de Judith étant parfois complètement gratuit lui aussi, ça s'accordait avec le récit et servait à renforcer tel ou tel aspect de sa personnalité. Et bien souvent, cela servait réellement l'intrigue, au final. Alors certes, c'est très détaillé et on aurait peut-être pu s'en passer, mais quand un truc est annoncé comme érotique, je crois qu'il ne faut pas s'offusquer d'y retrouver de la fesse.
Outre la personnalité de Judith, un point m'a complètement soûlée : l'abondance de marques. Sans rire, je me suis demandée à un moment s'il n'y avait pas du placement de produit sous roche. On a compris, elle aime le luxe. Je n'ai pas compris l'intérêt de nous détailler la marque de chacun de ses vêtements / chaussures / accessoires à chaque fois qu'elle se change, ce qui arrive souvent.
On a par contre un aperçu du domaine de l'art très intéressant. Étant moi-même une bille, je ne m'avancerais pas sur les connaissances de l'auteure en la matière, parce que j'avais décidé de lui faire confiance sur ce point. En tout cas, elle nous parle d'art de façon assez passionnante. Et donne du milieu marchand de l'art une image aussi négative que corrompue. C'est une partie que j'ai vraiment appréciée dans ce livre.
Une suite est annoncée. Je ne pense pas la lire pour ma part : la fin, bien qu'ouverte, me convient et je ne suis pas plus curieuse que ça de savoir quel sera le prochain mouvement de Judith. Je n'ai pas assez apprécié le personnage et le mélange des genres pour être curieuse.

Les + :
  • Un texte rythmé
  • Une héroïne intelligente
  • Les parties concernant l'aspect artistique et son milieu plutôt véreux

Les - :
  • Une héroïne détestable
  • Une partie thriller finalement peu exploitée
  • Le côté catalogue de mode
  • L'évolution de Judith un peu trop rapide

     Merci encore à NetGalley et Robert Laffont pour leur confiance.

14 commentaires:

  1. On le voit passer partout en ce moment celui-là mais malheureusement, il me tente de moins en moins ... :/

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    1. Oui, pour le coup, je ne comprends pas bien le tapage autour. Le mélange des genres est intéressant et pourrait convenir à quelqu'un d'autre même si ça ne l'a pas fait avec moi. Et l'auteure écrit bien, ok, mais d'autres livres (notamment dans la même collection) mériterait davantage toute cette promo.

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  2. Bah moi j'ai pas aimé, notamment pour les raisons que tu soulignes ^^
    Un échec, j'ai même pas compris par rapport aux autres parutions de La Bête Noire qui sont fabuleuses.

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    1. Je n'ai pas été convaincue non plus. Mais, j'ai lu après ta chronique, et on a un peu le même avis : envie de savoir la suite, donc on finit, mais sans pour autant vraiment apprécier.
      D'ailleurs, tu sais que c'est grâce à toi que j'ai découvert cette collection ?

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  3. Pour le moment, je n'ai lu qu'un seul de leur collection : "Serre-moi fort" et ça a été une véritable claque ! Tous leurs romans m'attendent en ebook ... sauf celui-ci qui ne me tente mais pas du tout >< Moi qui n'aime pas l'érotique, je suis certaine de passer mon chemin !

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    1. Serre-moi fort avait été une sacrée claque pour moi aussi. Je l'ai acheté pour un cadeau depuis (j'espère que la personne le prendra pas mal, cela dit ^^)

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  4. je ne lis presque que des avis négatif... alors je vais passer mon chemin sur ce livre :p

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  5. J'aimerais bien lire Serre-moi fort ! Par contre, vu ton avis, je crois que je vais passer mon tour concernant ce livre...

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    1. Je ne peux que conseiller Serre-moi fort, mais il faut avoir le coeur bien accroché quand même !

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  6. Tout le tapage médiatique avait suscité mon intérêt et puis plus le temps passe, plus je lis des chroniques mitigées. Du coup je ne suis pas certaine de me laisser tenter ...

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    1. Oui, c'est assez étrange, je n'ai lu aucune chroniques véritablement convaincue...

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  7. Bof, je ne suis pas très tentée par cette histoire...

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  8. J'aimerais bien lire un livre de cette collection mais celui-ci ne me tente pas tellement, encore moins avec ta chronique :/

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  9. Ma première déception avec La Bête Noire :( !

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