jeudi 7 juillet 2016

Chronique : Les Adeptes


Les Adeptes de Ingar Johnsrud

Robert Laffont, coll. La Bête Noire, 2016, 552 p.

Thriller, Policier

Lu en partenariat avec NetGalley et Robert Laffont

Pour le commissaire Fredrik Beier, cette affaire s'annonçait comme une simple enquête de routine, dans sa vie monotone et procédurière : la disparition d'une jeune femme et de son fils, membres tous deux d'un groupe de fondamentalistes chrétiens, baptisé " La Lumière de Dieu ". A ce détail près qu'il s'agissait de la fille de Kari Lise Wetre, une femme politique charismatique et très en vue au sein du parti social-démocrate norvégien. Et que ladite " Lumière de dieu ", engagée dans une apparente vendetta religieuse, se révèle servir de paravent à de monstrueuses expérimentations sur des sujets humains, dans le cadre de recherches scientifiques visant à perpétuer la pureté de la race blanche. Scènes de massacre, mutilations, attentats. Commence alors la chasse à l'homme, avec l'intrusion d'un sniper sans visage déterminé à éliminer tous les témoins, toutes les traces. C'est ainsi que la modeste enquête de Fredrik Beier est devenue une affaire d'Etat. Elle menace à présent de lever le voile sur un tabou en Norvège : la collaboration avec l'Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale. Secondé de sa partenaire, l'étonnante Kafa Iqbal, Fredrik ne devra négliger aucune piste, aucun indice, dans cette plongée en eaux troubles, qui brouillera ses repères et fera vaciller ses dernières certitudes...

Je continue à être une grande adepte (héhé, vous avez vu le jeu de mots avec le titre du bouquin ?) de la collection La Bête Noire de Robert Laffont. Du coup, dès que j'ai vu cette sortie sur NetGalley, je me suis ruée dessus comme si c'était une bière en terrasse après une chaude journée d'été (oui, parce que chez moi, c'est carrément l'été) (genre l'été un poil suffocant même).
Mais revenons à notre bouquin. Et commençons par un petit disclaimer : si vous n'aimez pas les scènes de violence (voire de massacre !), fuyez. Il y en a pas mal, et elles sont vraiment précises en terme de description. Si vous tenez à tout prix à avoir le cerveau retourné par un dénouement imprévisible, fuyez. On a beaucoup d'éléments en main dès le départ, et la fin n'est pas spécialement surprenante.
Sinon, restez, vous êtes au bon endroit !
Le commissaire Fredrik Beier est sur une affaire de disparition. Classique, somme toute, sauf qu'il faut faire preuve d'un peu de prudence vu que les disparus sont la fille et le petit-fils d'une femme politique influente. Et que la victime a rejoint il y a quelques années une communauté religieuse un poil sectaire mais a priori pas bien méchante. 
Malheureusement pour lui, cela va vite se compliquer puisque la communauté en question va être la cible d'une attaque meurtrière et que les médias vont s'en mêler, ne lui facilitant franchement pas le travail.
Religion, Histoire (de la deuxième guerre mondiale), politique, traitement médiatique, machinations et science vont se mêler plus ou moins habilement. Plus ou moins du fait de la construction du récit : alternant entre les années 40 et le présent, il est parfois difficile de se repérer. J'ai eu un peu de mal au départ à rentrer dedans car on a beaucoup d'informations, de protagonistes et de points de vue différents (quand je dis beaucoup, c'est 4-5, ce n'est pas non plus insurmontable, mais ajouté au temps de narration, ça peut compliquer les choses) (surtout quand on n'est pas super familier des noms typiquement norvégiens) (moi, je les rebaptise tous Jean-Roger, mais du coup, je m'emmêle les pinceaux quand même).
Il faut dire aussi que même si les incursions au cours de la seconde guerre mondiale sont super intéressantes (d'autant que je ne m'étais jamais penchée sur la situation des pays nordiques à cette période), elles nous donnent rapidement des clés pour comprendre ce qui se trame au sein de la communauté. Pour ceux qui aiment les feux d'artifice de révélations dans les 50 dernières pages, c'est un peu dommage.
Si on se penche sur les personnages, on n'échappe pas à certains stéréotypes, même s'ils demeurent attachants et intéressants : notre commissaire est un poil blasé et a un lourd passé perso, sa chef l'a pris en affection et le couvre autant que faire se peut, son autre chef veut à tout prix prendre la place de la première et ne peut pas l'encadrer et son coéquipier est plutôt transparent. L'originalité réside dans le personnage de Kafa Iqbal : amenée à travailler avec Fredrik, elle va se montrer têtue, mais intelligente, volontaire et rentre-dedans. Voire un poil téméraire.
La fin semi-ouverte (il reste encore des questions) peut être quelque peu frustrante, mais je me dis qu'elle représente sûrement davantage la réalité que la majorité des romans du genre. Et cela laisse présager du second tome.
Et pour ceux qui aiment les sujets de société en plus des scènes de violence et de l'enquête à proprement parler, vous aurez droit à l'intégrisme religieux, le fanatisme de manière générale, le thème des sectes, le terrorisme, les armes biologiques, le tout sur un fond assez malsain de racisme justifié par la science.
 
Ma note en éprouvettes : 4/5
 

  • La construction du récit
  • Les infos sur l'Histoire du pays
  • Les scènes violentes très bien décrites
  • Le personnage de Kafa Iqbal
  • Pas de grosse surprise à la fin
  • Personnages un peu caricaturaux
  • Difficulté à se repérer au début


9 commentaires:

  1. Je n'ai pas réussi à accrocher à ce thriller ^^

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    1. Le début est peut-être un peu lent avant qu'on comprenne où l'auteur veut en venir, je te l'accorde !

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  2. J'aime bien les thrillers, mais celui-là ne me tente plus trop quand je vois les thèmes abordés comme la science, tout ce qui est en lien avec la religion... L'Histoire m'intéresse quand même, parce que j'en avais déjà eu un aperçu avec un Camilla Läckberg (en Suède, mais il y avait un peu la Norvège je crois), mais bon... Je pense passer mon tour. ^^

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    1. Après, ce sont des thèmes dont on parle, mais tu n'as pas de formule de chimie dedans non plus. C'est simplement en lien avec l'enquête, mais, tout comme pour la religion, ce n'est pas le point central de 'histoire.

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  3. Les scènes de violence me rebutent quelque peu depuis que j'ai lu Purgatoire des innocents de Karine Giebel (ce bouquin est horrible sérieux). De plus, les histoires de religion et de science ne me passionnent pas vraiment. J'aimerais bien découvrir des pays comme la Norvège à travers des livres mais pour l'instant, je vais me contenter de la Suède avec Camilla Läckberg.

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    1. Toi qui aimes les classiques, prends la version abrégée du Merveilleux voyage de Nils Holgersson... si tu veux découvrir les pays nordiques.
      Mais oui, si tu n'aimes pas les scènes de violence, laisse tomber, je pense.

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  4. Bon j'avoue que ce n'est pas vraiment mon genre donc je vais passer mon tour pour cette fois. Les thrillers plus les scènes de violence, ça me met mal à l'aide généralement.

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    1. Je comprends, d'où le petit disclaimer en début d'article :)

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  5. La violence dans mes lectures ne me dérangent pas (si elle sert, bien evidemment) mais je dois dire que plusieurs petites choses me rebutent : tout d'abord, le côté religion qui est quelque chose avec lequel j'ai beaucoup de mal ; ensuite, le fait que la fin ne soit pas surprenante (c'est ce que j'attends dans ce genre). Du coup, je pense passer mon tour pour ce nouveau livre de la collection La bête noire !

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