samedi 22 octobre 2016

La classique du mois : Le vieux qui lisait des romans d'amour

 (disclaimer : certes, cet ouvrage a été écrit en 1992, il est donc peut-être compliqué de le considérer comme un classique. Mais, premièrement, je n'ai pas besoin qu'on me dise ce que je dois considérer comme classique, et de deux, il fait souvent partie de ces lectures obligatoires à l'école, ne serait-ce que par le biais d'extraits, que j'ai envie de remettre un peu à l'honneur par le biais de cette catégorie. Donc je l'ai érigé toute seule au rang de "classique", même pas peur)

Le vieux qui lisait des romans d'amour de Luis Sepulduva

1ère publication :1992

éditions Points, 2003, 121 p.

traduit par François Maspero

Classique, Aventure



Comme beaucoup de monde, j'en avais étudié des extraits au collège. Puis au lycée. Et pour une fois qu'on ne me forçait pas à lire une œuvre intégrale, ça avait titillé ma curiosité. A tel point que j'ai été un peu déçue par sa taille la première fois que je suis tombée dessus en librairie.
Je l'ai donc lu au lycée. Relu à la fac. Et rerelu cette semaine. Et il fait toujours partie de mon panthéon des bouquins (profitez-en, les moins de 200 pages, il n'y en a pas d'autres chez moi !)


Lorsque les habitants d'El Idilio découvrent dans une pirogue le cadavre d'un homme blond assassiné, ils n'hésitent pas à accuser les Indiens de meurtre. Seul Antonio José Bolivar déchiffre dans l'étrange blessure la marque d'un félin. Il a longuement vécu avec les Shuars, connaît, respecte la forêt amazonienne et a une passion pour les romans d'amour. En se lançant à la poursuite du fauve, Antonio José Bolivar nous entraîne dans un conte magique, un hymne aux hommes d'Amazonie dont la survie même est aujourd'hui menacée.



On s'attaque à du lourd, parce que c'est un de mes livres préférés de tous les temps, donc. A tel point que je n'ai jamais rien lu d'autre de l'auteur de peur d'être déçue. Forcément, j'appréhende un peu cette chronique, parce que j'ai peur de mal en parler tellement il m'a touchée malgré sa petite taille.

Je vais donc commencer par un petit arrêt sur le style de l'auteur. Parce que j'ai rarement lu autant de poésie dans de la prose. C'est fluide, mais loin d'être simpliste. Au contraire, chaque mot semble être à sa place et avoir sa raison d'être. Chaque mot se savoure. La plume nous fait clairement voyager, et on est transporté illico presto dans la moiteur de l'Amazonie. D'habitude, je suis assez peu réceptive aux trop longues descriptions, mais là, j'en ai adoré chaque mot (ne fuyez pas, elles ne sont pas si longues, mais si on regarde en proportion du nombre de pages, c'est honorable on va dire).
Ce bouquin, c'est une ode au respect. De son voisin, mais aussi de l'humanité. De l'Amazonie, mais de la nature entière. D'un félin, mais de toute la faune. Ce n'est pas un livre écolo-chiant pour autant, c'est un poème, un chant du cygne, de l'émotion couchée directement sur papier qui appelle à l'amour. C'est beau et dramatique en même temps.
 Il y a aussi de la réflexion derrière tout ça : quelle influence apporte l'homme quand il colonise, mondialise ? Quelles sont les conséquences pour la faune,  la flore, les autres hommes ? Et surtout, cela n'empêche pas les passages où l'écriture devient crue et montre la férocité de l'homme et la beauté parfois cruelle de la nature. 
Quant aux personnages... Le vieux en question, Antonio, est très touchant. Tour à tour naïf et bestial, les passages sur son passé vont nous apprendre à l'aimer, tout comme son rapport à la lecture (quel lecteur passionné n'a jamais été angoissé à l'idée à l'idée de se retrouver à court de romans ?). Et j'ai beaucoup aimé ce principe qu'il dégage : on lit comme on veut, les livres nous appartiennent, et on en retire quelque chose qui nous est propre, peu importe l'intention initiale de l'auteur. Quand on lit, le livre nous appartient, point.
 Le maire est également assez savoureux, mais je n'en dis pas plus.
Pour ne rien gâcher, on retrouve de l'humour également, dans ce petit livre, tout en finesse (je pense notamment aux dialogues autour de Venise). Vous ne rirez pas aux éclats non plus, mais ça vaut tout de même son pesant de cacahuètes.
Bref, quand dans moins de 200 pages, on vous offre de l'émotion à l'état brut, des sourires, des larmes peut-être, de l'écologie, de la réflexion, de la poésie et de l'aventure, il ne faut pas se priver.
 Lisez-le, offrez-le, aimez-le. 
  • La poésie du texte
  • Les thématiques abordées très finement
  • Les émotions par lesquelles le lecteur passe
  • Si vous aimez l'action pour l'action, ce ne sera pas pour vous

10 commentaires:

  1. Je ne connaissais pas du tout ce livre, mais ton avis m'a convaincue de le lire. Il a l'air vraiment intéressant, et surtout je suis curieuse de découvrir le style de l'auteur qui a l'air si beau. Merci beaucoup pour la découverte. :)

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    1. Oh, si tu le lis, je serais vraiment curieuse d'avoir ton avis (je devais avoir à peu près cet âge-là quand je l'ai lu la première fois).

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  2. Je ne connais a couverture mais nous ne l'avons jamais étudié en classe. ^^' Tu m'intrigues beaucoup avec le style de l'auteur, et l'histoire a l'air vraiment bien... Je retiens le nom de l'auteur !

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    1. Je n'ai rien lu d'autre, donc je ne saurais pas te dire si tout ce qu'il a fait est à la hauteur de ce livre-ci, mais là, c'est une pépite

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  3. Hum ... Hum ...
    Malgré ton enthousiasme qu'on ressent bien dans ta chronique, je ne suis pas plus que cela intéressé. Certains classiques parviennent à m'intriguer de par leur résumé mais il en faut beaucoup, en général !

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    1. Je comprends bien. Après, ce n'est pas en classique à proprement parler, et surtout c'est très court, donc si tu en as l'occasion, rien ne t'empêche d'en lire quelques lignes pour te donner une idée.

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  4. Wow ça donne tellement envie :) J'avais déjà repéré ce roman, mais ton avis me donne envie de courir à la librairie l'acheter tout de suite. :)

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    1. Oh, ben ça, c'est super gentil ! Hâte de le voir passer sur ton blog alors!

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  5. Moi aussi je l'ai adoré ! Un incontournable, que tout le monde devrait lire ! Merci pour ce beau souvenir de lecture ravivé :)

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  6. Une belle chronique, tu m'as fortement intriguée et adorant les félins je me dis pourquoi pas... :)

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