mercredi 28 décembre 2016

Le classique du mois : Un chant de Noël


Un chant de Noël de Charles Dickens

1ère publication : 1843

Gallimard, 2016, 152 p.ou format numérique gratuit

Classique, Conte




Parce que c'était Noël, les gars. Je me pose des questions un poil idiotes, parfois. Bref, c'était Noël, et figurez-vous que je n'avais jamais lu la vraie version d'origine et tout et tout. J'avais vu le film, le dessin animé, on m'avait lu des versions abrégées, j'avais lu des versions abrégées. Bref, je connaissais l'histoire, mais je ne l'avais jamais lue.


À la veille de Noël, Scrooge, vieil avare solitaire, se moque bien de l'agitation qui règne dans les rues et les foyers d'Angleterre. Pour lui, Noël ne signifie rien d'autre que gaspillage et paresse. Comme chaque année, il refuse toute invitation et reste chez lui pour passer seul le réveillon. C'est le moment que choisissent le fantôme de son ancien associé et trois autres spectres pour venir le hanter et tenter de lui faire comprendre combien il est vain d'être égoïste.



Huez-moi, allez-y. Mais en fait, je connaissais tellement le pitch, que j'ai trouvé ça bof en terme de style et d'émotions
En fait, sachant déjà ce qui allait se produire, je voulais être subjuguée par autre chose que l'intrigue, et cela ne s'est pas produit.
Très grossièrement, un petit résumé par moi-même : Scrooge est un vieil homme acariâtre, avide et avare. Ne profitant même pas de sa richesse, il est complètement dénué d'empathie ou de compassion. Mais voilà qu'à l'approche de Noël, le fantôme de son ex-associé en affaires, décédé depuis quelques lustres vient le voir pour le mettre en garde sur son mode de vie et lui annoncer la visite de 3 esprits. Comme prévu, le premier se pointe, et à travers le petit voyage temporel qu'il fait faire à l'odieux Scrooge, on va apprendre à le connaître plus jeune.

C'est un Scrooge bien différent que l'on rencontre alors : enthousiaste, dynamique, joyeux. Aimant. Dès ce moment, et plus particulièrement lorsque son amour de jeunesse est rappelé à son bon souvenir, Scrooge part sur le chemin de la rédemption.
Alors, c'est très bien, hein, rapport que c'est Noël et qu'on a envie de bons sentiments. Mais cela va trop vite à mon goût. Parce que limite, l'intervention des deux fantômes suivants ne serait pas nécessaire. Bref, pour avoir vu / lu pas mal d'adaptations, j'aurais préféré davantage de nuances et avoir un Scrooge qui freine des quatre fers et soit complètement dans la résistance, j'aurais aimé qu'il argumente.
Le fantôme des noëls présents va emmener Scrooge dans la famille Cratchit, dont le père est son employé. Sous-payé éhontément, ça n'empêche pas la petite famille de festoyer avec allégresse. Ici, c'est Tiny Tim, le fils de la famille plus ou moins handicapé. Beaucoup de pathos ici, et Scrooge tombe en plein dedans en s'inquiétant de l'avenir du petit garçon (alors qu'il renvoyait bouler les pauvres dans l'introduction).
Enfin, le fantôme des noëls futurs va permettre à Scrooge de se rendre compte de ce que sera l'avenir pour lui. En particulier après sa mort, qui changera à peu près, euh... rien à la vie des personnes qui l'entourent (faut dire qu'elles ne sont déjà pas nombreuses).
La morale est évidente, et je ne doute pas que Dickens ait voulu nous montrer qu'être bon envers son prochain est une chose importante, mais là où l’œuvre est intéressante, c'est aussi par son côté "social".
Dickens profite de ce conte pour dresser un portrait de la société de l'époque, et fustiger les nantis, le travail des enfants. Mais surtout, il se dresse en opposition avec le point de vue religieux. Pour la petite info, à l'époque, se distraire le dimanche n'était pas très bien vu (jour du Seigneur, tout ça). Sauf qu'à l'époque, le dimanche était aussi le seul jour de repos des travailleurs (alors que maintenant, c'est l'inverse, on veut nous faire bosser AUSSI le dimanche). Dickens était complètement opposé à ce point de vue et je vous partage une jolie citation, toujours d'actualité, quelle que soit la religion :
 Esprit, dit Scrooge après un instant de réflexion, je m’étonne alors que, parmi tous les êtres qui remplissent les mondes situés autour de nous, des esprits comme vous se soient chargés d’une commission aussi peu charitable : celle de priver ces pauvres gens des occasions qui s’offrent à eux de prendre un plaisir innocent […] Pardonnez-moi, si je me trompe. Cela se fait en votre nom ou, du moins, au nom de votre famille, dit Scrooge.
Il y a, répondit l’esprit, sur cette terre où vous habitez, des hommes qui ont la prétention de nous connaître et qui, sous notre nom, ne font que servir leurs passions coupables, l’orgueil, la méchanceté, la haine, l’envie, la bigoterie et l’égoïsme ; mais ils sont aussi étrangers à nous et à toute notre famille que s’ils n’avaient jamais vu le jour. Rappelez-vous cela, et une autre fois rendez-les responsables de leurs actes, mais non pas nous
En bref, si ce n'est pas le classique indispensable que je pensais découvrir, on passe tout de même un bon moment, plein de bons sentiments comme on les aime en général en cette période de l'année (le 2 janvier, on peut redevenir des crevards, pas de soucis !).
Mais si vous n'aimez pas les classiques, qu'il ne vous tente pas spécialement, il y a une foultitude d'adaptations de ce texte, et je ne saurais que trop vous conseiller un épisode de Doctor Who, parce que je n'ai vraiment pas assez parlé de Doctor Who cette année !
  • La morale générale
  • Les dénonciations sociales
  • Le personnage de Scrooge, qui demeure assez nuancé
  • Revirement de situation trop rapide à mon goût
  • Un peu trop de pathos pour moi

7 commentaires:

  1. Je crois bien que je n'ai jamais entendu parler ni du livre ni des adaptations... Je dois vivre dans une grotte lol. Je pense que je le lirai un jour, mais je vais déjà me pencher sur Oliver Twist qui est dans ma PAL. Je n'aime pas trop les histoires de Noël avec du pathos et tout ça.

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    1. Oh, c'est marrant, parce qu'il y en a un paquet, et beaucoup de références dans les films / séries aussi. Oliver Twist est aussi dans ma liseuse, il faudra que je le lise.

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  2. Je n'ai jamais lu ce roman, il ne m'attire pas plus que ça. Trop de pathos, tue le pathos. Je passe sur cette lecture! Merci pour ton avis =)

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    1. Après, ça se lit très vite, ça fait dans les 150 pages. Mais si tu connais déjà l'histoire, tu ne découvriras rien de nouveau, c'est sûr.

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  3. Un classique que j'ai bien aimé, même si ce n'est pas mon Dickens préféré (#teampetitedorrit !)

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    1. Je crois que je n'ai rien lu d'autre de Dickens, ou alors, il y a fort fort longtemps.

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  4. J'ai vu une adaptation de ce conte et j'avais adoré, à l'époque :D
    Toutefois, lire le conte original ne me tente particulièrement.

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