samedi 18 février 2017

Chronique : Tant que nous sommes vivants

Tant que nous sommes vivants d'Anne-Laure Bondoux

Gallimard, 2014, 298 p.

Jeunesse, Conte

"Nous avions connu des siècles de grandeur, de fortune et de pouvoir. Des temps héroïques où nos usines produisaient à plein régime, et où nos richesses débordaient de nos maisons.
Mais un jour, les vents tournèrent, emportant avec eux nos anciennes gloires. Une époque nouvelle commença. Sans rêve, sans désir.
Nous ne vivions plus qu'à moitié, lorsque Bo entra, un matin d'hiver, dans la salle des machines."

Folle amoureuse de Bo, l'étranger, Hama est contrainte de fuir avec lui. Commence alors pour eux un fabuleux périple à travers des territoires inconnus. Leur amour survivra-t-il à cette épreuve ? Parviendront-ils un jour à trouver leur place dans ce monde ?

C'est une histoire dont j'ai beaucoup entendu parler, et dont personne n'a tari d'éloges. Sans rire, je n'ai vu / lu / entendu aucun commentaire négatif. Autant dire que j'avais des attentes grandes comme ça.
 Ça se lit comme un conte, mais pas un conte de fées. Un conte où l'on va suivre Hama et Bo, leur amour, et plus tard, leur fille.

C'est un long voyage initiatique, une quête du bonheur, de l'identité, de la place.
Dans la première partie, le narrateur est le chœur des villageois, à l'image des tragédies. Ils assistent à la naissance de l'amour entre Bo l'étranger, et Hama, la fille du pays que tout le monde adore. Ils assistent aux débuts de leur histoire, au bonheur auquel plus personne ne croyait, et, puisque c'est un chœur tragédien, aux drames qui vont suivre.
On va rencontrer dans cette ville anonyme une galerie de personnages attachants, originaux. Mais dans cette ville industrielle où le seul divertissement est le bar, et un cabaret qui n'existe que par la volonté de sa patronne, peut-on se permettre d'être original ? De s'aimer ?
Parce que c'est une ville fermée : chacun a une place, et doit la conserver. L'employeur principal est l'usine d'armement, qui produit en masse pour une guerre lointaine, dont on ne sait ni où ni qui elle tue. Peu importe, après tout, ils ont la chance d'avoir un emploi, et ce n'est pas le cas partout.  C'est tout ce qu'ils demandent.  Alors, c'est sûr, le bonheur d'Hama et Bo les rend heureux aussi, dans ce qu'il a d'incongru, même si Bo n'est pas d'ici.
C'est vraiment le chœur du théâtre antique, avec les jugements des actions de chacun, mais aussi la pensée unique dans ce qu'elle va avoir de plus terrible.
 Tout cela va mener à une deuxième partie où Bo et Hama vont partir. Errer. Chercher un endroit où s'aimer et être en paix. Ils rencontreront au passage une famille atypique, attachante. Fermée, elle aussi, mais ô combien accueillante. 
Bo et Hama vont grandir avec eux, apprendre, vivre.
Dans la troisième partie, c'est leur fille qui prendra la route, et à travers elle, c'est  l'importance des racines que l'on va découvrir. D'où vient-on ? Quel poids ont nos origines sur nous-mêmes ?
C'est une fable, un conte moderne qui laisse beaucoup de place à l'interprétation et dans lequel on peut voir beaucoup d'allégories (la guerre, le déni), mais c'est surtout une quête sans fin du bonheur, de l'identité, de la place d'un individu. 
Quant à la plume de l'auteure, elle est extrêmement poétique. Les lignes défilent et se savourent, les mots s'enchaînent et se dégustent. J'ai très envie de la découvrir dans d'autres livres !
  • Une narration originale (surtout dans la première partie)
  • Un style plein de poésie
  • Des thèmes travaillés et qui laissent place à l'intrprétation
  • Des personnages originaux et attachants

  • Quelques longueurs au cours de leurs voyages

7 commentaires:

  1. On m'en parle beaucoup, il faudrait que je le tente !

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    1. Oh, tu devrais, il est vraiment superbe ! Je ne suis pas passée loin du coup de coeur !

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  2. C'est vrai que j'ai entendu que des avis très positifs sur ce livre et il faudrait que je vois par moi-même ce que ça donne :)

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    1. N'hésite pas ! Je suis souvent un peu frileuse quand j'entends beaucoup de bien d'un bouquin, mais là, c'est à juste titre.

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  3. Il se trouve dans ma PAL et j'ai vraiment hâte de le lire, avec une telle chronique :D

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    1. Merci ! Oui, n'hésite pas à le sortir, il est hyper chouette.

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  4. J'adore ce gif très approprié xD
    ~Priscila

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