mardi 21 mars 2017

Chronique : L'île des bienheureux

Merci aux Presses de la Cité et à NetGalley

L'île des bienheureux de Vea Kaiser

Presses de la Cité, coll. Domaine étranger, 2017, 450 p.

traduit par Corinna Gepner

Contemporaine, Fresque familiale

Dans un petit village de montagne en Grèce, au début des années cinquante, yaya Maria, entremetteuse patentée, décide, à la suite d'un rêve prémonitoire, de marier son petit-fils, Lefti, avec sa coiusine Eleni, pour assurer la pérennité de sa famille. Mais ni Eleni, qui refuse qu'on lui dicte sa conduite, ni Lefti, qui veut qu'on le laisse tranquille, ne veulent de cette union. Cependant, parce qu'elle a eu la mauvaise idée d'insulter le chef de la police locale, Eleni se trouve face à un dilemme : séjourner en prison pour une période indéterminée ou épouser Lefti et rentrer dans le droit chemin. Malgré eux, les deux cousins exaucent donc le souhait de yaya Maria, ignorant qu'ils condamnent ainsi leur famille au malheur pour plusieurs générations...

J'ai commencé ce livre en y trouvant de suite un petit air de 100 ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez (c'est un chef-d’œuvre, je vous le dis de suite). Vu que c'est un de mes bouquins préférés de tous les temps, la comparaison a été rude. Parce que c'est moins dense, les fils de l'histoire sont moins bien tirés vu que c'est beaucoup plus court.
Mais rapidement, le récit prend une autre dimension. Parce qu'Eleni et Lefti, qui vont être au cœur de ce récit sont assez indépendants et forts pour qu'on arrête de les comparer. 
En plus, ça commence plutôt mal pour les deux cousins. Leurs mères (ou plutôt leur grand-mère, rapport que c'est elle qui tire les ficelles) ont décidé de les marier. D'ailleurs, Eleni a un peu été conçue exprès pour ça. Une histoire de préservation familiale, de traditions, d'héritage. Sauf que les deux cousins, s'ils sont très proches dans leur enfance vont grandir. Et le mariage, en tout cas ensemble, ça ne leur dit pas grand-chose.
De toute façon, Lefti, apolitique volontaire suite à son histoire personnelle, et Eleni, révolutionnaire convaincue, n'ont plus énormément en commun. Mais ce qui les sépare est justement ce qui va les forcer au mariage, afin d'éviter une peine de prison à durée indéterminée à la jeune femme.
Quoiqu'il en soit, leur mariage ne sera pas heureux. Qu'à cela ne tienne, ils chercheront leur bonheur ailleurs, aidés en cela par leur immigration en Allemagne, bien loin de la Grèce et des contes de Yaya Maria qui les auront bercés durant leur enfance.
Car si l'originalité de ce récit est quelque part, c'est bien dans ces légendes antiques, et dans le parallèle qui sera fait avec les vies des différents protagonistes. Le roman sera donc entrecoupé de ses légendes, raconté d'abord par cette grand-mère et sa spiritualité très personnelle, et reprise bien des années plus tard par Eleni.
Entre Grèce antique, Grèce moderne, politique, relations familiales, immigration, retour aux racines et construction de l'identité, les thèmes sont vastes et les personnages nombreux.
Un peu trop, peut-être car on s'y perd parfois et on va souvent déplorer un manque de points de vue et d'éclairage concernant certains personnages qui commencent à être brossés mais ne sont pas approfondis. Certains n'ont d'ailleurs pour intérêt que d'être la mère de, le père fantasmé, ou celle par qui l'action arrive. Un peu dommage, d'autant que tous semblent avoir leurs motivations propres. Mais non, on s'y perd. Ou on ne s'y retrouve pas, en tout cas. 
En bref, les deux personnages principaux sont intéressants, mais perdus dans la masse, ou parfois trop mis en avant. Au début, j'étais sceptique, puis carrément emballée, puis il y a eu des longueurs, puis c'est allé trop vite, et la dernière partie était tip-top.
Pour être tout à fait honnête, je sais que j'ai aimé l'ensemble, quand j'ai refermé le bouquin. Mais il y a tellement de fois où je me suis demandé où on allait et pourquoi que j'ai vraiment du mal à donner un ressenti, et encore moins un ressenti objectif. 

  • Les thèmes abordés
  • Les légendes et leurs parallèles
  • Des personnages principaux bien construits et intéressants

  • Un peu de confusion entre les personnages
  • Manque de développement de certaines parties
M = une mère = tous les personnages féminins de ce livre


5 commentaires:

  1. Je ne suis pas sûre qu'il puisse me plaire et je vois que ton avis est assez mitigé mais si tu as bien aimé alors je ne pense pas le lire :/

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    1. J'ai bien aimé, mais c'est vrai que le lecture a été en dents de scie en fait.

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  2. Ce livre a l'air pas mal et en plus, j'aime bien tout ce qui touche à la Grèce.

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    1. Ah, ne pourrait carrément te plaire alors !

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  3. Ce livre ne me tente pas du tout, en fait !
    Dommage pour les points négatifs que tu cites :-/

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