mardi 18 avril 2017

Chronique : Kaboul Express

Merci à La Bête Noire / Robert Laffont et NetGalley

Kaboul Express de Cédric Bannel

Robert Laffont, coll. La Bête Noire, 2017, 336 p.

Policier

Zwak, Afghan, dix-sept ans et l'air d'en avoir treize, un QI de 160, et la rage au coeur depuis que son père a été une " victime collatérale " des Occidentaux. Devant son ordinateur, il a programmé un jeu d'un genre nouveau. Un jeu pour de vrai, avec la France en ligne de mire. Et là-bas, en Syrie, quelqu'un a entendu son appel...
De Kaboul au désert de la mort, des villes syriennes occupées par les fanatiques de l'État islamique à la Turquie et la Roumanie, la commissaire de la DGSI Nicole Laguna et le qomaandaan Kandar, chef de la Crim de Kaboul, traquent Zwak et ses complices.
Contre ceux qui veulent commettre l'indicible, le temps est compté.

Je ne savais pas qu'il s'agissait d'un tome 3, mais cela n'a nullement gênée ma lecture. Au contraire, je suis bien curieuse de découvrir les enquêtes antérieures de nos deux protagonistes, notamment grâce à un très léger fil rouge qui semble se dessiner.
Bref, si vous n'avez pas encore découvert la plume de Cédric Bannel, vous pouvez foncer. Le monsieur a le don de nous servir un policier aux légères allures de thriller parfaitement réaliste, et qui nous fait modifier la point de vue habituel de l'anti-terrorisme. Parce que si Nicole Laguna (comme la voiture, oui) est une flic française, répondant assez aux caractéristiques du genre, il n'en va pas de même pour son compère.
J'annonce : je n'ai aucun partenariat avec Renault.
Le qomaandaan Oussama Kandar, ex-sniper de génie pour Massoud, est un Afghan pur jus, idéaliste, et désireux de préserver la paix dans son pays, mais aussi dans le monde entier.
Il a donc combattu les talibans pendant des années et continue à combattre la criminalité de manière générale depuis qu'il est inspecteur à la Crim' à Kaboul.
Et très franchement, ça donne un autre regard sur ce pays, sa population, tous deux sacrifiés et vivant finalement de manière bien plus occidentale que ce à quoi l'on peut s'attendre.
Au cours de cette enquête, plutôt palpitante, je l'admets, ils vont donc chacun depuis leur pays respectif, essayer d'empêcher un attentat de l'EI sur le sol français. Pas n'importe lequel, puisqu'il est orchestré par Zwak, petit prodige des maths encore mineur qui ne manquera probablement pas de vous attendrir malgré ses funestes intentions. 
Et franchement, que ce soit du point de vue du fonctionnement de la lutte anti-terrorisme en France, en Afghanistan, les réseaux divers, les courants encore plus divers, le côté scientifique, historique, le quotidien de la vie en Afghanistan, ça envoie du bois de détails et de précisions. 
Hormis un gros gros gros raccourci concernant Asperger (ce n'est pas une maladie, c'est un syndrome, et les symptômes ne sont pas si évidents que cela, d'autant que seul un psychiatre peut poser un tel diagnostic), tout est criant de vérité
Au final, c'est un bon policier, qui  saura tenir son lecteur en haleine. 
Parce que si on sait dès le départ qui prépare un truc pas net, on ignore comment, et on ignore surtout si les forces de police des deux pays concernés arriveront à l'empêcher avant qu'il ne soit trop tard.
Bon, je vous l'avoue, le roman m'a quand même mise dans un état d'esprit assez particulier. Comme beaucoup de monde, j'imagine, même si je ne pense à une menace terroriste éventuelle en permanence en mode paranoïaque, c'est un des sujets qui me fait pas mal flipper pour l'avenir du monde quand même. Donc, dans le principe, je préfère y échapper quand il s'agit de mes lectures, surtout quand c'est abordé de façon si précise. Mais en même temps, c'était vraiment bien fichu, et le côté hyper-réaliste joue clairement sur l'efficacité de la tension que l'auteur réussit à mettre en place.
Et puis, il faut bien avouer qu'à mettre en avant le travail des autorités dans le domaine, il redore un peu le blason de la lutte anti-terrorisme (bah oui, on parle rarement des opérations déjouées, normal). Mais en même temps, on se dit qu'on n'a peut-être seulement assisté dans notre pays à du travail "amateur" comparé aux ressources potentielles de Daesh. Et ça, ce n'est clairement pas une vision optimiste de la situation. Devinez ce qui m'est resté en tête après la lecture.
Ceci dit, j'ai désormais très envie de découvrir Baad et L'homme de Kaboul, les deux enquêtes précédentes du duo qui n'en est pas vraiment un !
Je voulais aussi décerner une mention spéciale à l'épouse d'Oussama, un modèle de courage, dans un pays où il est probablement plus difficile de se revendiquer féministe que le nôtre.

  • Grosse grosse documentation
  • Extrêmement réaliste
  • On sort des clichés

  • Peut-être trop réaliste pour ma pomme

9 commentaires:

  1. tien, je ne savais pas non plus que c'était un tome 3

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    1. Oui, après, comme ce sont des enquêtes ce n'est vraiment pas dérangeant ! On retrouve surtout les mêmes protagonistes.

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  2. Je ne connaissais mais pas du tout alors j'en prends note et merci pour la découverte ! :D

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    1. De rien ! Tiens-moi au courant si tu le lis !

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  3. Je l'ai dans ma PAL, mais je n'ai toujours pas lu les précédents... Il faudrait que je rattrape tout ça !

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    1. Ah, je suis curieuse d'avoir ton avis sur les premiers du coup !

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  4. Pourquoi pas mais le côté un peu trop réaliste ne me tente pas particulièrement pour les mêmes raisons que toi.

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