mercredi 30 août 2017

La maison des Turner

Merci à NetGalley et aux Escales !

La maison des Turner d'Angela Flournoy

Les Escales, 2017, 352 p.

Traduit par Anne-Laure Tissut

Contemporaine, Fresque familiale

Cela fait plus de cinquante ans que la famille Turner habite Yarrow Street, rue paisible d'un quartier pauvre de Detroit. La maison a vu la naissance des treize enfants et d'une foule de petits-enfants, mais aussi la déchéance de la ville et la mort du père.
Quand Viola, la matriarche, tombe malade, les enfants Turner reviennent pour décider du sort de la maison qui n'a désormais plus aucune valeur, la crise des subprimes étant passée par là.
Garder la maison pour ne pas oublier le passé ou la vendre et aller de l'avant ? Face à ce choix, tous les Turner, de Cha-Cha, le grand frère et désormais chef de famille, à Lelah, la petite dernière, se réunissent. Et s'il fallait chercher dans les secrets et la mythologie familiale pour trouver la clef de l'avenir des Turner et de leur maison ?

Je suis quasiment toujours admirative des récits publiés par Les Escales. Je trouve qu'il y a une réelle harmonie dans leurs parutions, une ambiance en filigrane que l'on retrouve dans chaque livre. Si c'est bien le cas ici, il n'empêche que c'est sûrement la lecture que j'ai le moins apprécié de toutes celles dans lesquelles je me suis plongée. Une petite déception, donc, mais parce que j'ai des attentes assez élevées de la part de cette ME.

Mais commençons par le commencement. Il s'agit d'une fresque familiale. Du moins, elle se présente comme telle. Dans les faits, nous allons bien sûr rencontrer une famille complète, mais nous allons suivre quasi exclusivement trois des frères et sœurs. Sur onze. Onze enfants, vous m'avez bien entendu. Je ne sais pas comment le corps de cette femme a tenu.
Nous rencontrons donc l'aîné, la petite dernière et plus brièvement, un des plus jeunes. 
Comme dans beaucoup de récits du genre, ce dont ce livre va nous parler, cela va être de construction individuelle, mais aussi du poids de la famille et de nos parents (au sens large) sur nos vies.
Régulièrement, on va avoir affaire à des flashbacks mettant en scène les parents, leur rencontre, leur vie avant l'arrivée des enfants. Comment ils se sont retrouvés à cet endroit, dans cette maison. Quels étaient les enjeux. 
Je me rends compte que je ne l'ai pas mentionné, mais il s'agit d'une famille afro-américaine. Si j'en parle, c'est que cela va avoir son importance. La vie de chacun est assez dramatique, entre les parents qui ont dû vivre séparés, ont été confrontés à diverses formes de racisme, et les enfants tous plus paumés les uns que les autres.
 C'est un récit dans lequel j'ai eu du mal à me plonger. Je me suis beaucoup demandé pourquoi, car il y avait plein de points positifs. Mais la réponse est assez simple : tout était très symbolique. Trop, en fait. Métaphores, allégories, tout prête à l'interprétation, tout est un symbole de quelque chose. Je crois qu'il y en a eu trop pour que ça garde du sens pour moi. Au final, j'ai eu un ressenti de "trop travaillé".
Commençons donc par la maison, celle qui donne son nom au livre. C'est par elle que débute l'histoire, puisqu'il est question de savoir si on la vend ou non (il y a un sombre imbroglio financier que j'ai eu bien du mal à comprendre). La décision revient aux enfants, le père étant décédé et la mère trop malade pour continuer à vivre seule. C'est le fils aîné qui enfile donc dans les habits du patriarche, et se sent investi de la mission de tout faire au mieux non seulement pour sa famille nucléaire, mais aussi pour ses frères, soeurs, neveux et nièces. 
Cette maison, que tous les plus grands ont voulu quitter au plus vite faute de place, va être au cœur des enjeux : il y a ceux qui la détestent, ceux qui la chérissent, ceux qui en ont besoin, ceux qui veulent s'en servir pour se prouver quelque chose à aux-mêmes ou aux autres. Dans la résolution de ce qui adviendra de cette maison, on sent bien très vite que c'est l'unité de la famille - ou son éclatement - qui se joue. 
Bon, OK, on a donc une maison hautement symbolique en terme de construction et d'image de soi dans la famille, pas de quoi me faire peur, c'est même plutôt assez classique (représentation physique des souvenirs et de l'enfance).
Oui, mais là-dessus, tu ajoutes un fantôme. Oui, voilà. J'avoue que là, à ce stade de ma lecture, j'ai été carrément sceptique. Bref, le fantôme pourchasse donc le frère aîné. Ça avait commencé justement dans la fameuse maison, mais voilà qu'il refait surface après des années de silence. Au moment où l'unité de la famille est en jeu du fait de la maison donc. Encore une fois très métaphorique, tout ça.
Tout le monde surnage dans cette famille, en essayant de se donner une assurance qu'ils sont loin d'avoir, en essayant de faire bonne figure.
Au final, ce récit est probablement très profond et peut sûrement s'avérer très émouvant, mais j'en garde davantage un souvenir un peu confus qu'autre chose, tout simplement parce que je n'ai pas réussi à rentrer dedans...

  • Les personnages, bien décrits
  • Des trajets de vie parfois passionnants
  • Trop de symboles qui finissent par faire un peu psychologie de comptoir
  • Quelques longueurs

9 commentaires:

  1. J'en lis très peu, mais je me rends compte que j'aime beaucoup les fresques familiales et le résumé me tente déjà beaucoup. Mais le style trop allégorique me fait un peu peur, j'apprécie ce genre d'écriture mais pas à outrance.

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    1. Je pense qu'il y en sûrement d'autre qui te conviendraient mieux alors...

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  2. Il faudra que je le tente à l'occasion, mais sans en faire une priorité :)

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    1. Oui, il y a tellement de pépites à découvrir !

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  3. Oh punaise oui, c'est fou, c'est quasiment la même chose, avec les mêmes mots clefs et tout (l'intro quoi) °-° j'en reviens pas... Je te jure, j'ai pas triché ! Comme quoi, on a vraiment eu le même ressenti de lecture, c'est vraiment fou (oui, je me répète mais là, j'avoue que je suis sidérée !)

    TOUT EST PARDONNÉ !!! Caraval et les suivantes xD

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    1. Non mais j'ai eu la même réaction en lisant ta chronique !
      Comment ça «les suivantes» ? On sur la même longueur d'ondes, épicétou.

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  4. Arf, pourtant le résumé me bottait bien... Je vais peut être attendre qu'il soit dispo dans ma médiathèque du coup ^^

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    1. Très sincèrement, dans légère même genre, ce n'est pas celui que je conseillerais en outre-mer, même dans le même maison d'édition...

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  5. Hum .. Je pense clairement ne pas me pencher sur ce livre, vu ton avis !

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