mardi 26 septembre 2017

C'est le coeur qui lâche en dernier

Lu en partenariat avec NetGalley et Robert Laffont

C'est le coeur qui lâche en dernier de Margaret Atwood

Robert Laffont, coll. Pavillons, 217, 450 p.

Traduit par Michèle Albaret-Maatsch

Dystopie, Anticipation

Le nouveau chef-d’œuvre de Margaret Atwood, l'auteure de La Servante écarlate. Stan et Charmaine ont été touchés de plein fouet par la crise économique qui consume les États-Unis. Tous deux survivent grâce aux maigres pourboires que gagne Charmaine dans un bar sordide et se voient contraints de loger dans leur voiture... Aussi, lorsqu'ils découvrent à la télévision une publicité pour une ville qui leur promet un toit au-dessus de leurs têtes, ils signent sans réfléchir : ils n'ont plus rien à perdre. À Consilience, chacun a un travail, avec la satisfaction d’œuvrer pour la communauté, et une maison. Un mois sur deux. Le reste du temps, les habitants le passent en prison... où ils sont également logés et nourris ! Le bonheur. Mais le système veut que pendant leur absence, un autre couple s'installe chez eux avant d'être incarcéré à son tour. Et Stan tombe bientôt sur un mot qui va le rendre fou de désir pour celle qui se glisse entre ses draps quand lui n'y est pas : « Je suis affamée de toi. » Avec C'est le cœur qui lâche en dernier, Margaret Atwood nous livre un roman aussi hilarant qu'inquiétant, une implacable satire de nos vices et travers qui nous enferment dans de viles obsessions quand le monde entier est en passe de disparaître.
À moins de vivre dans une grotte, il est assez difficile de passer à travers le phénomène Margaret Atwood qui semble s'être emparé des internets. La sortie de la série La servante écarlate y est pour beaucoup (qui est semble-t-il géniale, tout comme le livre, et je n'ai lu / vu aucun des deux, rapport que j'ai la pression pour le livre et que la série est bien évidemment diffusée via le concurrent de Netflix ce qui m'a donné une forte envie de me mettre en position fœtale et de pleurer).
On est ici clairement dans une dystopie (et autant je me moque un peu de ranger les livres dans des cases, autant il faut quand même connaître la définition de certains mots, et contrairement à ce qu'on voit souvent sur le blogo, non, Une braise sous la cendre n'est pas une dystopie, par exemple). On est dans un futur très très proche et une crise économique sans précédent frappe une grande partie des États-Unis. Énormément de gens se retrouvent licenciés, virés de leur appartement / maison car incapables de rembourser  leurs crédits et quand ils ont de la chance, ils trouvent un petit job hyper précaire, généralement dans une ambiance assez malsaine.

C'est le cas de Charmaine qui devient serveuse dans un bar très glauque, où deux amies à elle se prostituent d'ailleurs, et qui vit dans sa voiture avec son époux. 
Mais une solution émerge alors. La création de villes jumelles assurant logement, nourriture et plein emploi. Comment ? En passant un mois sur deux en prison, ce qui permet une rotation des maisons et des emplois tout en en créant. 
Pour Stan et Charmaine, cela semble être la solution idéale et les voilà donc rapidement inclus au programme Consilience. 
Évidemment, et on s'en doute dès le départ, rien ne va tourner comme prévu. Quelques petites choses vont très rapidement choquer  le lecteur : les communications vers l'extérieur sont non seulement interdites mais impossibles, chaque produit (nourriture, vêtements, mobilier...) est à choisir sur catalogue, donc sans réel choix et la culture est hyper régulée qu'il s'agisse de musique ou de cinéma. Impossible d'écouter du bon rock qui tache ou de regarder des films "véhiculant des idées négatives". 
Bon, et c'est là qu'on arrive à un point qui m'a chiffonnée. Parce que les personnages sont un peu idiots visiblement. Stan, le mari, n'est pas super fan de comédies musicales, du coup, il n'est pas hyper ravi des choix musicaux qui s'offrent à lui. Mais, ça ne va pas plus loin. À aucun moment tout ça ne va leur mettre la puce à l'oreille. Non. Il va falloir une histoire un peu sordide de sexe pour que, de fil en aiguille,ils en viennent à s'interroger.
Par contre, la démonstration de l'embrigadement général est hyper bien réussie, notamment à travers Charmaine. Ca va très très loin avant qu'elle ne remette en question ce qui lui est demandé. Les notions d'éthique et de justice, par exemple, ne lui traversent à aucun moment l'esprit.
Les personnages sont assez peu attachants. Charmaine est d'une naïveté qui flirte dangereusement avec la bêtise par moments. Cela s'explique en partie par son histoire, mais comme il reste des zones d'ombre la concernant, je ne suis pas sûre de bien en avoir compris l'intérêt. Quant à Stan, il a dès le départ un côté très dérangeant : misogyne, moralisateur... Et on lui devine une part assez sombre. Mais très honnêtement, ça n'a pas été un problème pour moi de ne pas trouver les personnages attachants. Ca change assez agréablement des personnages qui jouent constamment aux héros.
J'ai par contre un réel regret concernant la fin. Elle concerne quasi uniquement les personnages que l'on aura croisé, sans s'attarder sur le devenir du projet général et de ceux qui en étaient à l'origine (si ce n'est 2 personnages). Par contre, le destin semi-ouvert laissé aux personnages principaux étaient hyper intéressant. Ils peuvent aller dans deux directions différentes, pour une fois, ils semblent avoir un choix réel à faire, et j'ai trouvé ça assez malin de le mettre en fin de roman.
  • Plein de bonnes idées
  • Univers crédible
  • Ramifications et développement du projet hyper bien pensé
  • Personnages qui ne sont pas des super-héros
  • Personnages principaux peu attachants
  • Ressorts de l'intrigue basés sur le sexe
  • Petite déception sur la fin qui garde des zones d'ombre

8 commentaires:

  1. Ca fait des lustres que je me dis qu'il faut que je mate la série The Handmaid's Tale, j'ai même acheté le livre eeeeet comme toi, j'ai un peu peur alors j'ose paaas.
    J'ai entendu du bien de ce bouquin aussi, alors pourquoi pas, même si il me tente (forcément) moins que la Servante Écarlate!

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  2. ça pourrait me plaire, j'pense, je reconnais certains thèmes mis en place dans La servante écarlate (et les personnages pas très attachants de Atwood ^^) (sans vouloir te remettre la pression, hein !) Donc, je pense que je vais lui laisser une chance :)

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  3. Je pense que ce roman peut me plaire vu comment tu en parles... Trooop de livres bien, ça m'énerve de pas avoir le temps de tout lire grrr

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  4. J'ai eu beaucoup de mal avec ce roman, surtout à cause de l'écriture de l'auteure...

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  5. Je ne lis pas trop de dystopies mais je dois dire que celle-ci m'intéresse. Le concept semble original.
    Je suis d'accord, Une braise sous la cendre ce n'est absolument pas une dystopie.

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  6. Il faudrait que je le tente à l'occasion !

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  7. Je ne sais pas... Je reste dubitative.
    J'aime bien la couverture du roman mais les - me rebutent un peu. Peut être un jour, si je tombe dessus

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  8. J'entends beaucoup d'avis mitigés sur ce nouveau roman de l'auteure ... Du coup, je suis pas hyper emballé pour le lire :-/

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