mercredi 3 janvier 2018

Les flamboyantes


Merci à NetGalley et Fayard

Les Flamboyantes de Robin Wasserman

Fayard, 2018, 416 p.

Traduit par Nathalie Bru

Contemporaine, Thriller



Battle Creek, 1991. Hannah Dexter est une jeune fille sage et solitaire, cible des sarcasmes de ses camarades de classe. Jusqu’au jour où le meneur de l’équipe de basket est retrouvé au fond des bois avec une balle dans le crâne et un revolver à la main. Cette tragédie, qui ébranle toute la ville, rapproche Hannah de Lacey, la nouvelle du lycée. Bientôt, Lacey et Hannah se jettent corps et âme dans les méandres d’une amitié exclusive, violente et toxique. Se croyant invulnérables, ces filles incandescentes, éprises de rébellion, s’enchantent du chaos qu’elles sèment derrière elles. Mais Lacey traîne un lourd secret qui menace de bouleverser leur amitié…

On est ici dans une histoire d'amitié, d'emprise. Après avoir lu récemment Girlhood et The Girls, difficile de ne pas faire un certain parallèle. Les intrigues sont bien différentes, mais au final, les thèmes traits sont assez similaires. Et, spoiler, c'est probablement Les Flamboyantes que j'ai préféré.
On trouve dans les trois récits cette histoire d'amitié adolescente, de fusion entre jeunes femmes, une fascination quasiment subite pour une BFF avec un changement drastique de comportement de la part de celle qui se fait influencer. Quand je parle de comportement, je pourrais en fait quasiment parler d'identité. Look, musique, centres d'intérêt, objectifs... 
Hannah se fait d'ailleurs très vite rebaptiser Dex, un surnom bien plus badass que son prénom de petite fille sage, signe hyper révélateur de ce qu'elle a envie de devenir : un double de son amie, une personne bien plus forte, courageuse et funky que ce qu'elle a l'impression d'être. 

Hannah-Dax idolâtre Lacey, Lacey idolâtre Kurt Cobain, et nous voilà partis pour une amitié sex, drugs and rock&roll, avec une bonne louchée de chaos en bonus.
On se demande à quel moment l'une d'elles arrêtera ce qui ressemble de plus en plus à de la folie, ou même si l'une le fera, si oui laquelle, et surtout ce qu'il va bien pouvoir leur arriver. Parce qu'il faut qu'il se passe quelque chose pour les faire redescendre sur terre...
Mais au-delà de ça, on a quand même des choses plus classiques entre amies de cet âge. Alors, vous l'aurez compris, on est pas dans le délire soirée pyjama et "viens je te fais des tresses".
Tout est plus amplifié. Les quiproquos de leur amitié pourront d'ailleurs avoir des conséquences dramatiques, et c'est peu dire. 
Et alors qu'on a déjà une intrigue bien lancée, prenante, le récit vire quasiment au thriller. Quel est le lien entre leur amitié, et chacune d'entre elle et le jeune homme suicidé ? Avec la peste du lycée ?
Pour ajouter encore un peu de piment à tout ça, l'alternance des points de vue entre Dex et Lacey est prenante et nous permet d'avoir les tenants et aboutissants de certaines situations dont l'autre ignore à peu près tout. Pour ma part, j'ai davantage apprécié les parties dont Lacey était l'héroïne, principalement parce qu'elle avait quelque chose de finalement bien plus touchant que Dex (qui a parfois un côté geignard un peu agaçant surtout au début).
Les thématiques abordées le sont de manière assez crues, je préfère vous prévenir. Très clairement, en vrai, c'est un roman sur des ados mais destiné à un public adulteHarcèlement, sexe, religion, consentement, réputation, violence... Certaines scènes sont assez trash, et l'autrice ne donne pas d'explication de texte. Pourquoi ça arrive ? Parce que c'est la vie, parce que c'est possible. Aucun message subliminal n'est délivré, on en fait ce qu'on en veut, et ça peut perturber, clairement.
En tout cas, entre le charisme des personnages, leurs motivations et leurs constructions psychologiques, l'intrigue de manière générale et le style de l'autrice, il y a vraiment eu un combo gagnant pour moi. Surtout que ça se passe dans les années 90 avec Nirvana en bande-son, donc bonjour la nostalgie (en vrai, j'écoutais pas Nirvana dans les 90's parce que j'avais entre 3 et 9 ans, mais vous m'avez comprise). Bref, j'ai frôlé le coup de coeur, et avec une fin un poil plus léchée, nul doute que je l'aurais mis dans mon top de fin d'année (je n'en fais pas, mais là encore, vous m'avez comprise).

Ma lecture en un GIF : 



- Une ambiance que j'ai adorée
- L'intrigue qui se transforme en thriller
- Les thématiques abordées 
- Le ton souvent cru, mais réaliste
- Pas de décryptage, l'autrice nous laisse nous débrouiller
- Le ton peut ne pas plaire

4 commentaires:

  1. J'ai un peu de mal avec les amitiés toxiques, ça a tendance à m'énerver (va savoir), mais si jamais l'envie me prend, je note que je partirai là dessus =D

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    1. Bah, au final, et avec le recul, ce n'est pas vraiment la toxicité de l'amitié qui me reste en tête... Surtout que, sans rien spoiler, ce n'est pas aussi simple, et c'est beaucoup sur les nuances que joue l'autrice justement.

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  2. J'ai lu une seule histoire dans le même genre : Respire. Malheureusement, j'étais ressortie assez mitigé. Je ne sais pas si je lirais Les flamboyantes mais ta chronique donne envie, je dois le dire :)

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    1. Alors, je sais qu'ils ont fait des comparaisons marketing avec Respire et Virgin SUicides, mais honnêtement, elles sont assez foireuses... J n'ai vu que les films, mais rien à voir avec Les Flamboyantes qui s'attache plus au thriller, ou au roman initiatique, même...

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