samedi 10 mars 2018

Couleurs de l'incendie

Merci à Audiolib !

Couleurs de l'incendie de Pierre Lemaitre

Audio : Audiolib, 2018, 849 mn, lu par l'auteur

GF : Albin Michel, 2018, 535 p.

Historique


Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l'empire financier dont elle est l'héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d'un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l'adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l'ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d'intelligence, d'énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d'autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l'incendie qui va ravager l'Europe.


Pierre Lemaitre faisait clairement partie des ces auteurs qua j'avais très envie de découvrir depuis un bon moment (bien avant que Au revoir là-haut sorte au ciné, d'ailleurs). Du coup, même si je n'ai pas lu le "tome" précédent, je me suis jetée sur Couleurs de l'incendie quand j'en ai eu l'opportunité. 
J'avoue, j'avais quand même un peu peur d'être perdue. D'autant qu'une partie de l'intrigue d'Au revoir là-haut y est dévoilée et que certains personnages reviennent. Mais comme le focus n'est pas sur les mêmes, ça peut se lire très facilement dans le désordre (mon côté maniaque désapprouve, mais mon impatience s'estime heureuse). Hormis quelques apostrophes, du genre "le lecteur s'en souvient", mais qui tiennent davantage de points de détails que de choses primordiales (genre que Madeleine n'est pas vraiment jolie), vous pourrez clairement tout comprendre. 
Avant de passer à la chronique à proprement parler, je vais m'attarder un peu sur le format audio. Le bouquin est lu par l'auteur (de base, c'est déjà plutôt classe), et très franchement, je ne suis pas sûre que j'aurais autant apprécié la version papier. J'ai vraiment eu le sentiment qu'on me racontait une histoire, et qu'on la racontait bien.

Connaissant ses propres intentions puisqu'il a écrit le roman en question (non, mais décidément, je suis en grande forme pour les platitudes et les évidences aujourd'hui), l'auteur m'a envoyé du rêve en barre au cours de mon écoute. Contrairement à pas mal de choses dans le genre, le texte est émaillé de pointes d'humour, d'une complicité avec le lecteur, et d'une bonne dose d'ironie, qui est hyper bien rendue à l'oral. Rien que pour ce point, j'étais conquise au bout de 2 chapitres à tout péter.
Évidemment, ce n'est pas le seul point positif du livre. 
L'intrigue est bien menée, on sent d'ailleurs que l'auteur a écrit des choses qui relèvent plutôt du policier avant. Les éléments s'imbriquent au fur et à mesure de la lecture, et certains éléments qui me semblaient un peu étranges (en mode je-comprends-pas) se révèlent finalement plus tard, et c'est hyper malin. 
Je suis très loin d'être une spécialiste de la période (je crois que si on omet les cours d'histoire au lycée, je ne me suis jamais penchée dessus, en fait), mais tout ça a le goût du réalisme. En le lisant, je me disais que ça aurait complètement pu être une histoire vraie. Et je crois que c'est un des aspects qui font un bon roman. Quand après, tu te dis que tu ferais bien une petite recherche pour connaître la part de vérité d'un point particulier, c'est que tu tiens quelque chose de solide. Spoiler : Solange Gallinato n'existe pas ! Sérieusement, j'étais prête à écouter de l'opéra tellement ce personnage m'avait fascinée. 
Ce qui nous mène à un autre point que j'ai particulièrement apprécié, c'est justement la qualité des personnages. Chacun d'entre eux va être développé, dans ses côtés sombres comme ceux plus solaires, chacun va avoir des motivations, un caractère, une psychologie, et même une façon de s'exprimer qui lui seront propres. 
Et les personnages féminins sont particulièrement forts. Le terme ne s'applique peut-être pas à l'époque abordée, mais elles sont même sacrément badass.
Madeleine Péricourt, notre héroïne, est une espèce de figure vengeresse qui va peu à peu se révéler. Je lui ai trouvé un truc quasiment mythologique, entre l'Amazone et la Harpie. Elle est déterminée, elle est prête à tout, elle s'affranchit - parfois de manière forcée - du carcan de son éducation, de son milieu social, et même de la morale. Et elle vit à une époque où les femmes n'ont pas le droit de vote, ni celui de détenir un compte en banque sans l'accord d'un "tuteur", ce qui ne va pas l'empêcher de se venger des hommes qui l'ont faite souffrir.
Mais toutes les autres ne sont pas en reste. Vladi, l'infirmière polonaise, qui se prend d'affection pour Paul et réussit à le bousculer assez pour le sortir de la léthargie. Son métier ne l'empêche pas d'être une femme, et malgré le défilé d'hommes entre ses bras (ce dont elle ne se cache même pas), jamais elle n'est perçue comme une fille légère (et vous remarquerez que j'emploie un terme beaucoup plus doux que ce qui vient en tête immédiatement).
Léonce, la dame de compagnie, qui fait ce qu'elle peut avec ce qu'elle a. Qui fait même plus encore. Elle est bien consciente que ses plus grands atouts sont sa beauté et son corps, et puisqu'elle vit dans un monde d'hommes, elle en usera sans scrupules.
Mais comme je vous l'ai dit, c'est Solange Gallinato, la cantatrice, qui m'a le plus fascinée. Et je n'ai même pas tellement envie d'en parler pour vous laisser la surprise de la découverte. Sachez juste qu'en plus d'être talentueuse, elle est généreuse, forte et courageuse.
Je vais m'arrêter là pour cette chronique déjà bien longuette, mais vous l'aurez compris : ce livre est génial, je le recommande chaudement, et je suis complètement tombée amoureuse de la plus de l'auteur.


Ma lecture en un GIF : 

- L'intrigue
- L'humour
- Les personnages
- Le style de l'auteur

- Pour les fans d'action, le début sera peut-être un peu long  (ça se voit que j'ai cherché un point négatif ?)



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8 commentaires:

  1. Cela fait trois fois en très peu de temps qu'on me conseille cet auteur, je vais finir par me laisser tenter par un de ses titres.

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    1. Je te le conseille sincèrement ! C'était un pour délice à découvrir.

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  2. Oui, ça se voit que tu as cherché LE point négatif, mais ça tombe bien : pour moi ce n'en est pas un ! Je ne recherche pas l'action à tout prix.
    Je n'ai pas encore tenté la lecture audio, mais c'est vrai que cela doit être top lorsque c'est l'auteur lui-même qui raconte son histoire ^_^
    Merci pour cette chronique qui donne vraiment envie :)

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    1. Je ne sais pas si la lecture audio convient à tout le monde, mais sur l'année, ça le permet de le beaucoup plus, niche serait-ce que grâce au temps de trajet pour aller travailler !

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  3. J'ai apprécié le premier, il faudrait que je tente celui-ci !

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    1. Si tu as aimé Au revoir là-haut, je suis certaine que tu aimeras celui-ci !

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  4. J'ai acheté Au revoir là haut à ma belle-mère, j'attends qu'elle le lise pour avoir son retour. Cet auteur me fait de l'oeil depuis un moment, il y a des chances que je finisse par craquer !

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  5. Ah j'avais lu le premier à sa sortie (genre j'ai été la première à l'emprunter à la biblio du CE), mais j'avais pas été emballée (d'ailleurs si on retrouve ma critique de l'époque, dans les vieux tiroirs, Mimine s'était même aventurée à déclarer qu'il ne recevrait JAMAIS le Goncourt. HUM HUM...). Et je ne sais pas trop pourquoi je ne l'ai pas aimé ! Parce que je me suis quand même précipitée pour aller voir le film au ciné et ça a été un coup de coeur (et pis parce que j'adore Albert Dupontel). DONC tout ça pour dire que j'ai envie de me mettre à ce second "tome" (parce que tu en parles très très bien) et parce que je veux savoir si c'est la plume de l'auteur qui me dérange en fin de compte ou PAS.

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