mardi 20 mars 2018

L'appel sauvage - Le classique du mois

L'Appel sauvage de Jack London


1ère publication : 1905


mon édition :Audiolib, 2017, 3h44, lu par Jean Reno


Traduit par Frédéric Klein


Classique, Nature Writing

Merci à Audiolib !

Je n'avais jamais lu de Jack London en version intégrale. Et avec cette fin d'hiver, et la promesse d'une lecture faite par Jean Reno, je pense qu'il est inutile de préciser que j'étais hypeeeeeer enthousiaste ! En plus, il faut bien que j'avoue qu'il s'agissait d'un des rares romans de Jack London dont je ne connaissais pas le pitch.

Admiré par tous et choyé par son maître, le chien Buck n'a vraiment pas de raison de se méfier des humains. Un homme va pourtant l'arracher à son foyer ; un autre va lui enseigner la dure loi du plus fort. Devenu chien de traîneau, Buck découvre la violence, le goût du sang. Des rivalités déchirent la meute dont il fait maintenant partie. Alors que Buck s'éloigne de la civilisation, une voix venue de la forêt éveille dans sa mémoire l'appel de la nature, puissant, irrésistible...
Je dois bien l'avouer, si j'aime les animaux, je me contrecarre en général de les retrouver dans les livres que je lis. Une des raisons pour lesquelles j'aime lire, c'est pour voyager dans la psychologie des personnages, en découvrir plus sur la matière humaine en général. Bref, le récit complet du point de vue du chien, ça ne me faisait pas tellement rêver. J'étais ouverte à l'idée d'avoir une bonne surprise, mais vraiment sans pression.
 Mais il faut dire que dès les premières lignes, l'auteur arrive à nous embarquer. Et son ton entre l'humour, le rythme et la maîtrise de son intrigue donne tout de suite envie. Bon, je te sens sceptique ami lecteur, donc je te montre :
Buck ne lisait pas les journaux, sinon il aurait su que cela risquait de barder, pas seulement pour lui, mais pour tous les chiens de la côte, à forte musculature et à longs poils chauds, du détroit de Puget à San Diego. Des hommes, qui cherchaient à l’aveuglette dans les ténèbres arctiques, avaient découvert un métal jaune, et des compagnies de paquebots et de navigation claironnaient la trouvaille : voilà pourquoi des milliers d’êtres humains se ruaient vers les terres du Nord. Or ces hommes voulaient des chiens…
Avoue, tu as déjà envie de tenter l'aventure, et ma chronique pourrait aussi bien s'arrêter là. Oui, mais non, j'ai encore 2-3 trucs à dire. 
Déjà, c'est que Buck, ce n'est pas n'importe quel chien (bon, j'en entends qui râlent en mode "chaque chien est unique, blablabla"). Buck a un truc spécial. Il est résistant, fort, malin et il sait s'adapter. Même dans l'adversité. Et il va apprendre vite, parce qu'il n'aura pas le choix.
Faut dire que sa vie ne va pas être de tout repos, loin de là. Si ses 4 premières années ont été plutôt tranquilles entre parties de chasse, farniente au soleil en mode je-suis-le-roi-des-chiens-de-la-propriété, ça ne va pas durer. Buck se fait enlever. Et j'ai trouvé l'auteur super malin dans sa façon de faire appréhender les choses à son personnage canin. Jusque là, les Hommes avaient été plutôt sympas, il n'a donc aucune raison de s'en méfier, même lorsqu'il rencontre de nouvelles situations. Buck fait confiance, pas par bête naïveté, mais par innocence. C'est très différent, car il va tout de suite apprendre de ses erreurs, et il ne les répètera jamais. 

Je vous le dis, pour ceux qui craignent, beaucoup de scènes sont extrêmement dures. Elles sont réalistes, décrites en détail et qu'il s'agisse des coups, des blessures, du sang, l'auteur n'épargne pas son lecteur, tout comme l'humain n'épargnera pas Buck.
Pour autant, Buck ne vire pas bête et méchant. Il fait la part des choses. Il n'est plus un animal de compagnie, il le sait. Il va vivre sa vie, au milieu d'autres chiens, dépendant des hommes, mais sans leur accorder plus d'attention qu'ils ne le méritent.
Buck va voir exploser la partie instinctive de sa nature du fait du contexte dans lequel il vit. Mâle dominant pouvant assumer ses prétentions, il va vivre en tant que tel. Rusé, il ne veut pas dominer pour dominer, mais parce qu'il est meilleur dans ce rôle que les autres. Et il fera ce qui est nécessaire pour parvenir à ses fins, sans s'embarrasser de fair-play. Il va se déciviliser, se désapprivoiser. Redevenir un animal sauvage, qui tolère la main qui le nourrit.
Cette part instinctive, et cet "appel sauvage", justement, va aller crescendo au fur et à mesure que le récit se déploie, que Buck apprend, qu'il avance d'aventures en mésaventures. 
Mais Buck n'est pas qu'un animal qui regagne en quelque sorte ses lettres de noblesse, c'est avant tout un être vivant. Et comme tout être vivant, il est capable d'amour. Jack London a peut-être beaucoup personnifié le chien qui tient le rôle de héros dans son récit, et sûrement que la plupart des situations qu'il raconte sont assez rares, surtout assemblées les unes à la suite des autres, mais on s'attache si vite à Buck et à sa destinée, on espère tellement pour lui qu'il connaisse des jours meilleurs qu'on l'accepte.
Et le style de l'auteur, hyper accessible sans être simpliste pour autant est un énorme point positif de ce court texte. Son écriture est très visuelle, et même sensitive de manière générale, ce qui se prête d'autant plus à l'imagination que le héros est un chien.



Ma lecture en un GIF :


- Le style de l'auteur
- Le personnage de Buck vite très attachant
- Les thématiques abordées, sans fausse pudeur
- Le côté extrêmement visuel de chaque scène

- Buck est peut-être parfois trop personnifié
- Les thématiques abordées se retrouvent aussi dans Croc-Blanc


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6 commentaires:

  1. Je ne savais pas du tout que Reno prêtait sa voix pour lire des textes, ça doit être une expérience très étrange.
    J'aime les animaux et comme toi je me contrecarre de les retrouver en littérature ou non, les scènes violentes ne me font pas peur. Je pense que ce livre pourrait me plaire car aborder le point de vue d'un chien n'est pas commun. Merci pour la découverte :)

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    1. Je te le conseille !
      Eu pour le coup, j'ai trouvé que la voix de l'acteur se prêtait très bien à l'exercice, au bout de quelques minutes, j'avais complètement oublié qui racontait l'histoire.

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  2. Pikerun Penseur20 mars 2018 à 18:50

    A voir ce que donne un chien qui parle, j'ai toujours peur que le modèle soit anthropocentré, auquel cas ça n'était pas la peine d'essayer!

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    1. Pour le coup, je pense effectivement que c'est assez anthropocentré. Par contre, je peux aussi te rassurer le chien ne parle pas. On reste quand même dans un texte à base de sensations et de sentiments parfois de réflexion, mais on a certainement pas de dialogue entre les différents chiens.

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  3. Je suis comme toi, j'aime les animaux, mais les voir devenir narrateur ça ne m'emballe pas des masses. Mais Jack London a ce talent de nous embarquer complètement!

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    1. Comme je n'ai jamais lu Jack London en version intégrale hormis pour ce livre là, je n'ai pas encore d'avis bien arrêté. Mais effectivement, si tout est de cet acabit je pense que je vais pouvoir me régaler.

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