mardi 29 mai 2018

La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose


Merci à Babelio et Flammarion

La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose de Diane Ducret

Flammarion, 2018, 271 p.

Contemporaine

La loi de Murphy n’est rien comparée à la loi d’Enaid : tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera plus mal encore qu’on aurait humainement pu le prévoir. Après avoir été quittée à Gdansk par téléphone, Enaid se rend à l’évidence : les fées qui se sont penchées sur son berceau ont dû s’emmêler les pinceaux. Comment expliquer, sinon, la sensation qu’elle a depuis l’enfance qu’il lui a toujours manqué quelqu’un ? Il y a de quoi se poser des questions quand les parents adoptifs sont en fait les grands-parents, que la mère est danseuse de nuit, que le père change de religion comme de famille, que les bunkers de l’ETA servent d’école buissonnière. Et que l’accident d’un instant devient la fracture de toute une vie… On peut se laisser choir ou faire le saut de l’ange. Être boiteux ou devenir un flamant rose. Sur ses jambes fragiles, tenir en équilibre avec grâce par le pouvoir de l’esprit, un humour décapant et le courage de rester soi.


Dans la vie, il y a des gens qui ont la poisse. Ceux qui se prennent systématiquement tous les feux rouges et les barrières baissées aux passages à niveau, ceux qui accumulent les accidents. Et à peu près 14 niveaux au-dessus, il y a Enaid. Parce que la poisse, elle lui colle au derche depuis sa naissance, et ce n'est visiblement pas près de s'arrêter.
Suite à une rupture impromptue, Enaid va dérouler le fil de sa vie. 
Et j'avoue, au début, malgré une plume agréable, touchante, mordante et de l'humour à revendre, je n'ai pas forcément compris où elle voulait en venir. 
Et, après ma lecture, je reste toujours aussi perplexe face à cet incipit qui n'a pas grand-chose à voir avec la choucroute et sur lequel on ne reviendra pas forcément.
Rassurez-vous, il s'agit de l'un des seuls points noirs que j'ai pu trouver à ce récit.
Parce que si la plume de l'autrice est agréable, on va y trouver des thématiques dures, des tripes à l'air et une résilience parfois un brin forcée. Je pense que bon nombre de personnes peuvent aussi s'y reconnaître. Les épreuves traversées sont forcément différentes, mais l'important c'est d'avancer.
Et Enaid, on ne peut pas lui enlever, elle avance. Quand tout se dresse sur son chemin, elle trouve un raccourci à travers les ronces et les fourrés.
Enaid, c'est le genre de personnage qu'on peut croiser tous les jours sans rien soupçonner de ce qu'ils ont traversé. C'est le genre de personnage touchant parce qu'elle parait tellement banale qu'on peut s'y identifier, mais c'est au final une héroïne qui envoie plein d'ondes positives.
Ce que j'ai surtout aimé, c'est que ce n'est pas une héroïne qui va se révéler et s'épanouir par le biais d'une romance bidon qui me fait lever les yeux au ciel. Nope. C'est une femme qui se construit malgré un passé pas évident et des choix pas toujours judicieux. 
Enaid a une enfance peu commune. Un père absent, une mère qui exerce une profession pas très catholique ? Pas de problème, sa mère adoptive est très pieuse, ça compense. Wait... Sa mère adoptive ? Ah, mais non, c'est en fait sa grand-mère paternelle. 
Élevée entre Yvette et André, dont elle comprendra seulement plus tard qu'ils sont ses grand-parents (paye ton traumatisme psychologique dès le départ) et qui feront tout pour qu'elle ne ressemble pas à sa perdue de mère (parce que le père absent et je-m'en-foutiste, c'est visiblement pas bien grave) (oui, ça m'a un peu agacée), Enaid va être très occupée. Piano, judo, équitation... Toutes les activités périscolaires sont bonnes pourvu qu'elles ne mènent pas à l'oisiveté et n'engendrent pas de promiscuité.
Bon, c'est quand même sans compter sur la malchance d'Enaid dont on causait tout à l'heure.
Cela va donner des situations bien cocasses et une toute nouvelle définition de l'ironie.
Le manque d'affection, donc. Pas qu'elle n'ait pas été aimée, cette enfant, mais plutôt que le combat des grand-parents contre la présumée génétique ait été trop prenant pour leur laisser le temps de lui montrer.
Puis l'adolescence et sa revanche, ses excès, ses passions. 
Mais surtout, un accident qui a laissé des traces, des séquelles qui dureront toujours. Une gosse boiteuse, des douleurs inimaginables, un mal qui semble anodin mais sera une espèce de rappel physique de ce qui foire sur le plan mental. Une triste allégorie.
Mais malgré ça, Enaid continue, elle avance. Elle est parfois découragée, désespérée. Elle a parfois besoin d'un électrochoc pour continuer. Et on a envie de l'aider, nous, impuissants derrière nos pages. On espère que tout finira bien pour elle. On croise les doigts, on a envie de lui envoyer des stocks de câlins.
Et j'ai beaucoup aimé cette fin. Cette fin où l'héroïne, parce que c'en est une, est un peu plus sereine, plus en paix avec elle-même. 
Et cette couverture, douce et girly, elle est loin de rendre compte de ce qu'on va trouver dans ce bouquin. Mais il en est de même de l'autrice. Parce que Diane Ducret, elle est sacrément belle, et derrière son double d'encre (on ne sait pas trop quelle est la part autobiographique, mais qu'importe), on n'imaginerait pas tant de souffrances et d'épreuves traversées non plus. 
(je suis désolée si ça a l'air de sonner super creux et superficiel et si je l'exprime mal, j'espère que je suis quand même compréhensible)
C'est en tout cas un livre positif et émouvant, mais ne vous attendez pas à du feel-good un peu mièvre (ni même à du feel-good tout court) !


Ma lecture en un GIF : 



- Les thématiques
- Le message assez positif
- Enaid !

- Un incipit un peu WTF
- Parfois assez prévisible ou au contraire invraisemblable (mais comme la vie, quoi)



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8 commentaires:

  1. J'aime beaucoup ta chronique et les gif's qui l'illustrent à merveille ! J'avais entendu une interview de Diane Ducret sur ce titre et j'étais intriguée. Merci d'avoir éclairé ma lanterne sur ce roman ;-)

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    1. J serais curieuse de voir cette interview, parce que le côté autobiographique m'a vraiment intriguée !

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  2. Je n'ai encore jamais lu cette auteure mais je dois avouer que la couverture de son roman m'attire beaucoup.

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    1. Pour le coup, si la couverture est effectivement très jolie, il ne faut pas trop s'y fier quand même. L'autrice utilise un ton léger, mais l'histoire ne l'est pas vraiment.

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  3. Je suis fan de la couverture *_*
    Le livre semble sympa mais pas sûr qu'il me plaise vraiment.

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    1. C'est clair que cette couverture est de toute beauté. En tout cas, c'est un bouquin qatari va bien avec la saison. Le ton est léger, l'histoire est plus sérieuse dans les thématiques abordées. Bref, il y a d quoi passer un bon moment, mais je comprends que ça n'attire pas tout le monde.

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  4. Ton avis est intéressant car ce livre ne me tentait pas du tout à la base sans trop que je sache pourquoi en plus...
    A l'avenir, j'essaierai de le repérer.

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  5. Je l'ai croisé à la bibliothèque dimanche... mais je ne l'ai pas pris. Cela pourrait être une lecture sympathique mais je ne pense pas non plus me jeter dessus ! ^^

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