samedi 28 juillet 2018

Miss Alabama et ses petits secrets


Miss Alabama et ses petits secrets de Fannie Flagg

Pocket, 2015, 445 p.

traduit par Jean-Luc Piningre

Contemporaine



Birmingham, États-Unis. Ex-Miss Alabama, Maggie Fortenberry a pris une grande décision : elle va mettre fin à ses jours. Elle n'est ni malade ni déprimée, son travail dans une petite agence immobilière est plutôt agréable, mais elle a trouvé malgré tout seize bonnes raisons d'en finir, la principale étant peut-être que, à 60 ans, elle pense avoir connu le meilleur de la vie.
Maggie a donc arrêté la date de sa mort et se consacre désormais en toute discrétion à en régler les détails.
Or, peu de temps avant de passer à l'acte, Maggie est invitée par une collègue, Brenda, à un spectacle de derviches tourneurs. La représentation étant dans moins d'une semaine, elle décide, pour faire plaisir à Brenda, de retarder l'ultime échéance.
Elle est alors loin de se douter combien les jours à venir vont être riches en secrets dévoilés et en événements imprévus, lesquels vont lui montrer que l'existence a encore beaucoup plus à lui offrir qu'elle ne le croyait.


J'avais envie de découvrir Fannie Flagg depuis fort longtemps. Du coup, quand j'ai pu emprunter ce livre, j'étais bien contente, même s'il n'était pas mon premier choix dans la bibliographie de l'autrice.
Malheureusement, ce n'est pas une lecture qui me restera en mémoire. Et au final, elle ne m'aura même pas vraiment fait passer un bon moment, occupée que j'étais à compter les pages restantes...

Je m'attendais à un livre empli d'humour, pas forcément réaliste, qui aurait parlé avec des personnages bien campés de regrets, du temps qui passe mais aurait surtout été plein d'ondes positives. Un livre qui aurait montré les joies de l'existence, en somme.
Alors, ça existe, dans ce livre. Mais en partie seulement. Sauf que pour moi, le tout manquait vraiment de charme.
L'intrigue est bien trop WTF à mon goût, les rebondissements au-delà de l'invraisemblable et si je peux parfois y adhérer, ça ne l'a pas fait ici. 

Parce que j'ai eu un vrai gros problème de personnages. Déjà, je n'ai pas aimé Maggie. C'est dommage, parce que c'est l'héroïne. Ca a mal commencé entre nous, et ce n'est pas allé en s'arrangeant. Rien que sa liste "pour le suicide" m'a semblé pathétique. Ses raisons étant pour la plupart extrêmement superficielles (genre, ne plus avoir à acheter de bas...) j'ai levé les yeux au ciel quasiment dès le départ. 
Maggie se plaint beaucoup, pas forcément à bon escient. Elle a ce côté superficiel doublé de celui "femme-de-bonne-famille-coincée" hyper agaçant. Elle me sortait tellement par les yeux que je ne sais pas dire qui m'a le plus donné envie de la secouer d'elle ou de la Super-Méchante Babs. 

Voui, parce que même la méchante de l'histoire ne peut pas avoir un peu de profondeur. Pourquoi est-elle si méchante ? Parce queeeeeeeeee ! Pas de nuances, pas d'approfondissement, à croire que c'est le diable en personne.
Heureusement, la meilleure amie de Maggie, Brenda, sauve un peu la mise. Mais même là, c'est compliqué : on se moque tellement d'elle dans le livre que je n'était plus sûre que l'autrice tenait vraiment à faire d'elle un vrai personnage ou simplement une caution humour. Genre la grosse bonne copine.
Ce qui fait que les personnages les plus intéressants sont ceux qui sont morts. 
La fantasque Hazel, en premier lieu, dotée d'une ambition et d'une bonne humeur à toute épreuve. Une vraie héroïne et une véritable source d'inspiration. Et l'histoire parallèle de Crestview, évidemment.
Mais c'est un peu dommage pour un livre qui part d'une volonté de suicide et va énormément parler du statut de la femme, en particulier dans le monde du travail.
Et puis, j'ai aussi trouvé qu'il y avait un gros problème de rythme. La première partie est excessivement longue, et si le milieu rattrape le coup, le côté trop happy end à mon goût a fini de ternir mon léger intérêt...

Alors oui, certains passages font sourire et les situations plus que loufoques peuvent faire rire (ou le feraient si elles n'étaient pas prévisibles 70 pages à l'avance) ce qui fait que vous vous détendrez peut-être. Mais en attendant, je connais plein d'autres bouquins qui ont eu le même effet et ont bien mieux fait le job pour moi.

Ma lecture en un GIF : 




- L'histoire parallèle de Crestview
- Hazel
- Quelques sourires


- Maggie, Babs et presque tous les personnages
- Manque de rythme
- Trop de WTF

mardi 24 juillet 2018

Petit Pays


Petit Pays de Gaël Faye

audio : Audiolib, 2016, 340 mn, lu par l'auteur

poche : Le Livre de Poche, 2017, 224 p.

Contemporaine



En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…


Commençons par le commencement et faisons concis : ce livre a été un coup de cœur pour moi. 
C'était poignant, c'était juste, ça parlait d'ailleurs avec des termes universels, ça m'a appris des choses, ça m'a touchée, c'était dur et j'en ai encore un souvenir très vif plus de 2 mois après ma lecture.
J'ai pourtant eu un peu peur au début de ma lecture. Parce que c'est un parti pris extrêmement difficile que de raconter l'histoire - et a fortiori une histoire qui s'inscrit très directement dans l'Histoire - du point de vue d'un enfant. Et je suis assez difficile, peut-être, mais je trouve que les voix d'enfants sont souvent assez mal faites. Parce que forcément, les yeux encore plein de naïveté de l'enfant ne vont pas être à même de comprendre la réalité politique de son pays ou de celui où est né sa mère. 
Mais en fait, ce n'est pas si grave, parce que c'est ce qui va faire toute la beauté et l'horreur de ce texte à la fois. Et puis on le sait dès le départ. Gabriel, notre héros, et sa soeur apprennent par leur père que les Hutus et les Tutsis sont différents. Ils n'ont pas le même nez et les uns sont plus petits que les autres. Cela devient pour eux un jeu que de deviner à quelle ethnie appartiennent les gens qu'ils croisent.
Et le début de ce livre, c'est surtout ça : des jeux et une enfance heureuse au goût d'infini. Bien loin des clichés que l'on peut avoir en tête concernant les pays africains (surtout si on n'y a jamais fichu les pieds). Les guerres intestines entre ethnies, partis, pays n'affectent finalement que de très loin Gabriel et sa bande de copains, tous issus d'un milieu plutôt privilégié. Leur impasse est leur terrain de jeux et d'aventures, mais elle est surtout une bulle, un cocon.
Comme on s'en doute la tragique réalité va venir heurter de plein fouet ce quotidien et bouleverser la vie de Gabriel, mais aussi de sa famille, de ses amis, de ses voisins, et même de ses employés domestiques. 
Je suis bien loin d'être une experte concernant le Burundi, le Rwanda, le génocide et tout ce qui y a conduit. À quelques articles près, ce roman est la seule chose que j'aie jamais lue à ce sujet. Je ne vais donc pas m'étendre là-dessus pour ne pas dire de bêtises. Sachez tout de même que certains passages sont très durs, très forts, que si vous êtes très sensibles, ils peuvent être vraiment difficiles à lire. D'autant plus que si le jeune âge de Gabriel nous épargne des descriptions trop précises, il nous laisse le loisir de l'imagination ce qui n'est pas forcément mieux. Obligé de grandir par la force des choses, il nous touche sûrement même plus que si le narrateur avait été un adulte. Il ne s'agit pas de quelqu'un de responsable qui participe ou s'implique sciemment d'un côté ou de l'autre. Il subit et sa résilience est sa force principale.
Au-delà de l'horreur de ce que son pays et sa famille traversent, on assiste à une quête identitaire forcée. Lui ne se posait pas de questions, se voyait burundais. Mais non, il lui faut choisir : Hutu, Tutsi, noir, blanc, burundais, rwandais, français. Lui qui aurait voulu jouer dans son impasse avec ses copains, isolés du monde, le voilà servi.

Vous l'avez compris, c'est un récit plein d'émotions et il est difficile de garder l’œil sec de bout en bout. Colonisation, racismes, guerres, violences (parfois invisibles), le tout vu par le prisme de l'enfance qui s'enfuit... Rien à dire, c'est un pari réussi. 

Ma lecture en un GIF : 



- Le style de l'auteur
- Le point de vue de l'enfance
- Un roman initiatique dur
- Les émotions

- Certains passages difficiles pour les plus sensibles

lundi 23 juillet 2018

C'est Lundi, que lisez-vous ? #113

Comme chacun sait, je pense, on retrouve tous les liens chez Galleane qui a repris ce RDV d'un blog anglophone.


On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ? 

La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier m'a bien plu, sans que je trouve le tout transcendant. Mais j'ai quand même adoré l'ambiance qui se dégage de ce livre.
Le secret du mari de Liane Moriarty est très addictif. Les personnages sont attachants et hyper crédibles, j'ai beaucoup aimé.


2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
    
 
  
Un gentleman à Moscou est très chouette, mais peut-être un peu trop contemplatif par rapport à ce qui me fait envie en ce moment. 
Les rêveurs d'Isabelle Carré est tendre, touchant et farfelu, j'aime beaucoup.
Enfin, j'écoute L'Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon, et je suis complètement happé par cette histoire qui ressemble beaucoup pour le moment à un roman initiatique.
  
3. Que vais-je lire ensuite ? 

Je ne sais pas. C'est les vacances, c'est freestyle, et de toute façon je ne pense pas avoir beaucoup le temps de lire cette semaine puisqu'elle s'annonce chargée !

4. Blabla

Bon, j'ai spoiolé, mais : JE SUIS EN VACANCES ! Et cette année scolaire a été à la fois très longue par moments (dans le sens dure et stressante) mais c'est passé tellement vite aussi... Entre le boulot et ma fille qui grandit et évolue vitesse grand V, je n'ai clairement pas eu le temps de m'ennuyer ! Je vais donc profiter à fond les ballons (j'ai le droit d'utiliser des expressions pourries si je veux) de ces 5 semaines de vacances pour arriver en forme à la rentrée, mais surtout passer du temps en amoureux et à m'occuper de ma Paupiette. 
Paupiette qui soit dit en passant est maintenant au top niveau propreté. Ca lui a pété comme ça il y a une semaine, et ça tient bien dans la durée. Genre le vendredi soir, elle faisait caca dans les escaliers (coucou à ceux qui sont en train de manger !), et le lendemain, elle allait au pot en autonomie totale. Est-ce qu'il y a encore 2 ans, je faisais partie des gens qui se moquent des parents dont les enfants commencent à aller aux toilettes ? Oui. Est-ce que maintenant, je dis "au revoir" à du pipi 8641 fois par jour ? Oui. 

Et vous, vous avez lu / fait quoi ?

vendredi 20 juillet 2018

Au rendez-vous des élégantes


Merci à NetGalley et aux Presses de la Cité

Au rendez-vous des élégantes de Susana Lopez Rubio

Presses de la Cité, 2018, 480 p.

traduit par Margot Nguyen Beraud

Historique



La Havane, 1947. Patricio débarque à Cuba après avoir quitté la misère de son Espagne natale. Débrouillard, le garçon trouve vite ses marques dans ce monde luxuriant de couleurs et de sons. Après avoir été cireur de chaussures puis vendeur de billets de tombola, le voilà homme à tout faire à El Encanto, prestigieuse enseigne de la ville, qui rivalise avec les grands magasins parisiens. Patricio apprend vite, il gravit les échelons. D’autant qu’il veut éblouir la mystérieuse Gloria, la plus belle femme de l’île, et sans doute aussi la plus inaccessible puisqu’elle est
mariée au chef de la mafia… Pour l’arracher des griffes de son ogre d’époux, l’intrépide Patricio sera prêt à tout.

Dans le monde rayonnant et bigarré de Cuba avant la révolution – son insouciance de façade, son exubérance, mais aussi son impitoyable criminalité –, une grande histoire d’amour, de choix, et surtout de courage.


Dire que j'ai été happée par ce livre ne serait pas un euphémisme. J'ai clairement eu du mal à le reposer, et ce, dès les premières pages.

Mais commençons par le commencement. Si la structure du titre vous rappelle un titre d'un gros gros classique français, ce n'est pas pour rien. Le clin d’œil est évident et justifié. Pour sûr, le temps que l'on va passer à El Encanto, le plus gros grand magasin de Cuba, aux côtés tant des employés que des clients n'est pas sans rappeler Zola et son Bonheur des Dames. Et si j'ai d'abord eu l'impression qu'on aurait affaire à un remake, ce n'est pas non plus pour rien.
Comme chez Zola, on va suivre une personne qui vient de "loin" et va se retrouver employé dans le grand magasin qui connaît un développement fulgurant au même moment. Ici, pas de jeune provinciale, mais un immigré espagnol. 

Et la comparaison va s'arrêter ici, ce qui vaut sans doute mieux. C'est La Havane et Cuba de l'époque que l'autrice va dépeindre. Et une chose est sûre : on s'y croirait. Vagues d'immigration, révolutions, bouleversements politiques et économiques, mafia, histoires de cœur, nous allons traverser les années 50 aux côtés de Patricio et ses deux compères et colocataires. 
Et c'est bien fait. Les situations sont rocambolesques, les méchants très très méchants, les gentils de vrais héros, mais La Havane est tellement vivante sous la plume de l'autrice qu'on y est et qu'on y croit. Alors évidemment, certains passages sont presque trop faciles pour être crédibles, avec les rencontres de Sinatra, Ava Gardner, le Che et autres figures historiques emblématiques, mais le charme opère. 

Comme à mon habitude, l'aspect "histoire d'amour contrariée" n'est pas ce qui m'a fait le plus vibrer, mais elle est assez bien décrite et devrait plaire aux amateurs et amatrices du genre. Sans compter que si elle est centrale, elle a une vraie utilité pour aborder différents sujets, parfois graves. 
Famille, amitié, trahisons, violences se côtoient et se mêlent allègrement. Et de vrais passages de gaieté et de tendresse viennent adoucir le propos parfois sombre, sans oublier les couleurs et la chaleur de La Havane qui permettent d'apporter une touche de lumière supplémentaire.

Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé ce livre aux personnages attachants et à l'ambiance tropicale qui dépayse très très vite. Un avant-goût de vacances (un brin trop mouvementées pour moi, cela dit). Ma seule déception reste de ne pas avoir trouvé la recette du cocktail créé par Barouf qui avait l'air d'envoyer du pâté en croûte. 

Ma lecture en un GIF : 




- Les personnages attachants
- L'ambiance et une immersion à Cuba 
- La plume addicitive

- Manque un peu de réalisme

jeudi 19 juillet 2018

TBTL #72 - Océanie et tropiques

BettieRose a lancé ce RDV pour parler d'une lecture que le thème nous évoque, histoire de pouvoir (re)parler de bouquins qui nous ont marqué et qui passent vite à la trappe avec le flot de nouveautés. Vous pouvez retrouver les liens sur son blog !

 
Cette semaine, le choix s'est fait pour moi. Et je me rends compte qu'hormis un autre livre lu tout récemment (Le secret du mari de Liane Moriarty), je n'ai rien lu qui se passe en Océanie. Voilà. Bon, par contre, je vous préviens, on ne va pas se réchauffer les miches pour autant.
Voui, parce que vous voyez, dans ce début de saga jeunesse, les conditions climatiques de la Terre se sont bien bien altérées. Et même à Tahiti, figurez-vous qu'on se pèle. Ceci dit, la relation antre Moana et sa mamie, ainsi que les belles amitiés qui vont se former au cours de ce premier tome devrait vous réchauffer le cœur !
Les quelques humains restants sont rassemblés dans des colonies dans quelques parties du globe encore vivables, mais qui ont peu de contacts entre elles. Le tout est chapeauté par un gouvernement dont on ignore pas mal de choses, basé à Pondichéry.
Moana est une jeune fille qui aime découvrir des choses, dessiner les fleurs perdues du passé grâce aux histoires que son arrière-grand-mère clandestine lui raconte. Une arrière-grand-mère clandestine ? Quoi-que-qu'est-ce ?
Bah ouais, dans cet univers, les personnes de plus de 60 ans sont rassemblées dans une espèce de maison de retraite loin de leur famille, officiellement afin d'aider les scientifiques à régler la situation grâce à leurs souvenirs.
En tout cas, la relation entre Mémine et son arrière-petite-fille est des plus touchantes, elle est bien écrite, et mon cœur s'est serré de tendresse en les voyant prendre soin l'une de l'autre au fil des pages.
Dans cet univers, il se trouve également que faire des enfants est primordial pour la survie de l'espèce humaine. Du coup, ben si t'es une nana, dès que tu es réglée, bim, on te marie, et t'as plutôt intérêt à pondre dans l'année.
On se doute que Moana va "devenir une femme" (j'ai jamais vu passer le mémo, moi, à 30 piges, j'ai encore l'impression d'en avoir 12 par moments), et donc être vouée au mariage et à la procréation. Tout ce système est bien sûr dénoncé par l'autrice, avec une touche de féminisme, et c'est très bien fait.
Moana et Mémine vont donc partir pour un boat-trip (comme un road-trip mais en bateau), et il va leur arriver bien des aventures tandis qu'elles suivront les traces de la mémoire un poil défaillante de Mémine, rapport qu'elle a plus de 80 ans, voyez.
En bref, c'est plein de messages positifs, qui amènent de la réflexion chez le lectorat, il y a des role-models féminins forts, des valeurs que j'approuve et c'est bien écrit. 

mardi 17 juillet 2018

Homo Deus - Une brève histoire de l'avenir


Merci à Audiolib !

Homo Deus - Une brève histoire du futur de Yuval Noah Harari

audio : Audiolib, 2018, 14h48, lu par Philippe Sollier

GF : Albin Michel, 2017, 464 p.

traduit par Pierre-Emmanuel Dauzat

Essai, Sociologie



Sapiens retraçait l'histoire de l'humanité. Homo Deus interroge son avenir. Que deviendront nos démocraties quand Google et Facebook connaîtront nos goûts et nos préférences politiques mieux que nous-mêmes ? Qu'adviendra-t-il de l'Etat providence lorsque nous, les humains, serons évincés du marché de l'emploi par des ordinateurs plus performants ? Quelle utilisation certaines religions feront-elles de la manipulation génétique ? Homo Deus nous dévoile ce que sera le monde d'aujourd'hui lorsque, à nos mythes collectifs tels que les dieux, l'argent, l'égalité et la liberté, s'allieront de nouvelles technologies démiurgiques. Et que les algorithmes, de plus en plus intelligents, pourront se passer de notre pouvoir de décision. Car, tandis que l'Homo Sapiens devient un Homo Deus, nous nous forgeons un nouveau destin. Best-seller international – plus de 200 000 exemplaires vendus en France, traduit dans près de 40 langues – Sapiens interrogeait l'histoire de l'humanité, de l'âge de la pierre à l'ère de la Silicon Valley. Le nouveau livre de Yuval Noah Harari offre un aperçu vertigineux des rêves et des cauchemars qui façonneront le XXIe siècle.


Si vous vous souvenez bien, j'avais eu un immense coup de cœur pour le premier essai que j'avais lu de l'auteur : Sapiens - Une brève histoire de l'humanitéJ'avais appris des choses (dont j'ai sûrement oublié la plupart aujourd'hui), pas mal réfléchi sur des sujets aussi différents que passionnants et l'humour dont le texte était émaillé (mais surtout la façon du lecteur de le rendre vivant) m'avait particulièrement plu.

C'est donc avec confiance et impatience que j'ai attaqué cette sorte de suite. 
Dans ce nouvel essai, Yuval Noah Harari s'attaque cette fois à l'avenir possible de l'humanité.
Et je ne vais pas vous mentir, ça risque de vous plomber un peu le moral. Parce que malgré quelques lueurs d'espoir, les perspectives que l'auteur nous dévoile ne sont pas bien joyeuses : plus d'inégalités, une compétitivité accrue, et surtout des évolutions technologiques semblant impossibles à freiner qui risquent bien de ne pas apporter que du bien.
Oui, on ne ressort pas de cette lecture en ayant foi en l'avenir. Mais peut-être en ressort-on tout de même un peu mieux préparés. Bon, puis après tout, je ne serai plus là pour le voir, les générations futures n'auront qu'à s'en débrouiller (sarcasme inside).

Alors, j'ai un peu moins apprécié cette lecture. Peut-être parce que j'aime bien me voiler la face, mais j'avais quand même l'espoir qu'on puisse trouver des raisons d'espérer un avenir plus radieux pour mes gosses (et les tiens aussi, ou même ceux de ton voisin), et ceux de leurs gosses.
Mais surtout, l'auteur s'attarde beaucoup (pour des raisons évidentes) sur les progrès technologiques et les perspectives d'évolution qu'ils amènent. Je dois bien admettre que même si la vulgarisation était bien faite puisque je pense avoir à peu près compris tous les concepts dont l'auteur parlait, ce n'est pas spécialement un de mes sujets de prédilection.
Une fois de plus, l'auteur nous amène à réfléchir, et ça tourne parfois en parodie de bac de philo (en mode qu'est-ce qui définit l'humanité ? ou encore à quoi servent les religions ? Qu'est-ce qui nous différencie des animaux ? Qu'est-ce que la conscience ?). Le truc, c'est qu'autant j'aime les sciences humaines, autant j'éprouve bien moins d'intérêt pour la chimie, la physique, les maths et autres sciences "dures"
Nope.
Forcément, ça m'a induit à me révolter contre certains postulats scientifiques qui pourtant semblent bien être justes au vu de nos connaissances actuelles. Parce que ça ne me plaît pas des masses de me dire que ce qui définit un être humain, ce n'est pas tant sa personnalité, ses choix, les valeurs qu'il défend qu'un amas d’algorithmes biochimiques. Je dois être une romantique...

Le ton est toujours là, mais il faut bien admettre que c'est quand même plus compliqué de blaguer en parlant de neurologie qu'en causant sociologie. Heureusement, le lecteur mérite une fois de plus un gros big up, des coeurs avec les doigts et beaucoup d'amour parce que ce monsieur est plein de talent et je suis sûre qu'entendre cet essai lu par lui facilite non seulement la compréhension du bouzin mais éveille l'intérêt puissance mille. 
Ce type devrait être prof / conférencier / président. 
Si le tableau vous paraît un brin sombre, je vous rassure. Dans son épilogue / conclusion, l'auteur nous invite quand même à réfléchir encore, on se rend compte davantage de son opinion personnelle et on a un peu plus envie de sourire.
Puis le type est quand même hyper humble, pour un universitaire auteur de best-sellers puisqu'il a même créé un onglet sur son site internet sur lequel il recense (et rectifie !) les erreurs qu'il a pu écrire dans son essai. 
Bref, c'est intéressant, instructif, bien vulgarisé, et encore une fois, je vous encourage très vivement à le découvrir !

Ma lecture en un GIF : 




- Les thématiques abordées
- Le ton
- La version audio et son lecteur de choc !
- La vulgarisation bien menée
- L'incitation à réfléchir


- Beaucoup de sciences dures
- Des perspectives bien sombres


Du même auteur :