jeudi 30 août 2018

TBTL #75 - Sous l'océan

BettieRose a lancé ce RDV pour parler d'une lecture que le thème nous évoque, histoire de pouvoir (re)parler de bouquins qui nous ont marqué et qui passent vite à la trappe avec le flot de nouveautés. Vous pouvez retrouver les liens sur son blog !

 
La première chose que m'a évoqué le thème de la semaine, c'est évidemment une fameuse chanson de Disney, et le dessin animé qui va avec !
Est-ce que depuis, j'ai la chanson dans la tête ? OUI !
Bon, du coup, je voulais caser un truc avec des sirènes dedans, mais je n'en ai jamais lu. Donc ce sera autre chose, mais où l'océan est hyper important pour l'héroïne, son fonctionnement, sa (re)construction et tient le rôle d'un personnage à part entière dans l'histoire. Venez, parce que La nuit, la mer n'est qu'un bruit.
La vie de ce couple, qui se rencontre suite à un accident de bateau et ne se quitte plus par la suite, est assez atypique. En fait, à aucun moment on a l'impression que c'est ce que Maud veut. Plutôt que Tim, son enthousiasme et son amour sont suffisants pour deux.Elle, elle laisse faire les choses.
D'ailleurs, j'ai d'abord eu beaucoup de mal à m'attacher à elle. Elle est tellement distante et mutique qu'on ne sait jamais ce qu'elle pense. Tim le premier, d'ailleurs. On ne la voit pas ressentir les évènements, pudique comme elle l'est. L'auteur ne nous aide pas vraiment à la voir autrement. Et finalement, quand il arrive ce qu'il arrive, qu'elle se retrouve isolée et accablée par les autres, on ne peut pas faire autrement que de se dire que quand même, elle a des réactions bizarres. Tout le monde finit par lui reprocher sa façon d'être, de réagir, de manifester (ou en l'occurrence, de ne pas manifester) ses sentiments.Et ensuite, on se rend compte que Maud, elle réagit. Que oui, elle a des sentiments, mais qu'elle veut avancer. Qu'elle réagit juste différemment. Que ce n'était qu'une façade.Et on apprend à l'apprécier pour ça aussi.
Parce que ce qu'elle va entreprendre ensuite, ce qu'elle va vivre, c'est une tentative de reconstruction. Parfois un peu suicidaire, soit dit en passant.

Donc bon, soyons honnêtes, il y a quelques longueurs, quelques facilités dans ce livre. Mais dans l'ensemble, je l'ai trouvé beau. Il y a un beau message, un style qui a su me toucher, et un maniement de la psychologie des personnages (avec un revirement de ce que peut penser le lecteur en même temps) très bien fichu.

mardi 28 août 2018

Le cœur cousu


Le cœur cousu de Carole Martinez

Folio, 2009, 440 p.

Conte, Fresque familiale


Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse...
Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. [...] (résumé volontairement tronqué par moi-même et mes petits doigts)
Carole Martinez construit son roman en forme de conte: les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé: il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.


Ma mère m'avait survendu ce livre, j'ai donc bien évidemment attendu des mois avant de m'y plonger. Non, mais moi, ça me met une pression incroyable quand on me dit qu'un livre est fantastique et qu'il FAUT que je le lise. Je sais pas vous, mais j'ai toujours une appréhension énorme dans ce genre de cas. 

Le cœur cousu, c'est un conte moderne diablement bien écrit. Soledad, la narratrice, va nous raconter l'histoire de sa mère Frasquita. Et à travers elle, celle des enfants qu'elle a engendré (les frères et sœurs de la narratrice et la narratrice elle-même donc) (non, mais c'est pour être sûre que vous suiviez).
Et la première chose qui saute aux yeux, c'est le style. Pourquoi, mais pourquoi n'ai-je pas lu cette autrice plus tôt ? C'est précis, acéré, cru, poétique, métaphorique, mais surtout c'est beau. Bref, ça s'adapte à toutes les situations, et je veux pas vous spoiler, mais il va y en avoir des situations. Quoiqu'il se passe pour les personnages, vous pourrez prendre votre pied grâce à la plume de l'autrice, et ça, ça n'a pas de prix. 

La deuxième chose wahou, ce sont les thématiques abordées. On va parler de filiation et d'héritage, de transmission. On va parler de la relation parent-enfant, en s'attardant plus sur la relation mère-enfant, mais les interactions entres frères et soeurs ne seront pas en reste. On va parler de l'amour dans la famille, mais aussi des amours plus charnel, de passion, d'obligation, de devoir. C'est prenant, c'est intelligent, c'est bien mené.
La troisième chose importante, ce sont les personnages. Ils portent le récit, évidemment, mais quelle force, en particulier chez les femmes de cette famille ! Cette Frasquita, franchement, quelle badass ! En terme de role model, elle se pose là. Chaque membre de la famille va avoir droit à au moins un petit focus pour nous permettre de les comprendre (ou alors dans un cas précis de nous le rendre encore plus mystérieux) et de nous y attacher. Du coup, ben forcément, chaque personnage devient intéressant, parce que tous sont fouillés, creusés, complexes, tous ont des interactions qui nous permettent de les recroiser avec de la tendresse plein le cœur. 

Et la quatrième chose qui fait que je vous engage à lire ce livre, c'est la petite dose de fantastique qui fait basculer cette fresque au-delà, dans le domaine du conte, de l'onirique, du métaphorique et donc de la vérité universelle (ou pas loin). On est vraiment dans le merveilleux au sens premier du terme. Et le plus top, c'est que ça s'intègre parfaitement à l'histoire, c'est bourré de très bonnes idées, les métaphores ne sautent pas aux yeux en mode "youhou, je suis là !" et on a de la magie plein les yeux malgré les épreuves souvent difficiles que les personnages vont traverser. 

Vous l'aurez compris : j'ai adoré. Ceci dit, je pense que ça ne conviendrait pas à tous les lecteurs. Mis bout à bout, il se passe beaucoup de choses dans ce roman, mais on ne peut clairement pas dire que ça déborde d'action alors si vous n'êtes pas sensibles au côté "conte moderne", vous risquez d'être déçu. Par contre, si le côté onirique vous tente bien, si vous aimez les personnages intéressants et creusés, si vous aimez les fresques, alors foncez, parce que vous en ressortirez sûrement aussi éblouis que moi.

Ma lecture en un GIF : 



- Les personnages féminins
- Le style de l'autrice
- Le côté onirique et merveilleux
- Les thématiques
- Peut parfois sembler un peu long
- Beaucoup de métaphores auxquelles on peut ne pas adhérer

lundi 27 août 2018

C'est Lundi, que lisez-vous ? #116

Comme chacun sait, je pense, on retrouve tous les liens chez Galleane qui a repris ce RDV d'un blog anglophone.


On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ? 


Si j'ai avancé dans plusieurs de mes lectures en cours de la semaine dernière, je n'ai fini qu'un seul livre. Mais quel livre. Un énorme coup de coeur pour Dites aux loups que je suis chez moi que j'ai dévoré, qui m'a émue et que je ne voulais pas lâcher !


2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
    
 
  
Un gentleman à Moscou est en pause, il  ne reparaitra donc plus ici tant que je n'avancerai pas. Disons que c'est un abandon provisoire.
J'ai un peu continué L'Ombre du vent qui est toujours aussi chouette et que je devrais finir dans la semaine. 
 

Une étude en soie d'Emma Jane Holloway a dû attendre que je finisse Dites aux loups que je suis chez moi, mais je devrais le reprendre sérieusement cette semaine.
À ce point de folie de Franzobel est passionnant et percutant. Pas hyper accessible, ceci dit, donc je prends mon temps. 
  
3. Que vais-je lire ensuite ? 

J'ai 4 lectures en cours, calmons-nous (disait-elle déjà la semaine dernière alors même qu'elle a lu un autre livre entre temps...).
Mais j'ai emprunté le tome 3 de L'arabe du futur de Riad Satouf et Persépolis de Marjane Satrapi, autant dire que ces 2 BD devraient être lues cette semaine. 

4. Blabla

Fin des vacances, retour au boulot. Après 5 semaine, je ne vous cache pas que j'appréhende un peu de reprendre le rythme... Enfin, surtout de le tenir. Disons que je m'étais fait une petite routine et que rien que devoir poser ma fille chez la nounou me fait tout bizarre.
Je suis plutôt contente de retourner au travail, ceci dit ! Mais je ne sais pas si c'est parce qu'on fonctionne par année scolaire au boulot ou quoi, mais j'ai l'impression qu'à chaque fois, je suis excitée de reprendre tout en ayant une bonne grosse dose de "mais-j'ai-l'impression-de-toujours-attendre-les-vacances" un peu mélancolique... Ceci dit, après l'année éprouvante que je viens de passer, je pense que celle-ci devrait passer crème, surtout que j'ai mis un peu d'ordre dans ma vie perso...

Et vous, vous avez lu / fait quoi ?

dimanche 26 août 2018

Jouons à... U.S. Telegraph

Helloooo !
C'est encore l'été, alors je vais vous vendre de la chaleur, de la poussière, des bottes de foin qui voltigent au vent et on va partir dans une ambiance western assez sympa grâce à U.S. Telegraph

Carte d'identité

U.S. Telegraph de Marcel-André Casasola-Merkle
illustré par Fabrice Weiss et Jules Dubost
édité par Super Meeple, 2018

2 à 4 joueurs
à partir de 10 ans 

durée d'une partie : entre 45 et 90 mn (selon le nombre de joueurs)

One-shot, grosse rejouabilité


C'est pour qui ? 
- Les amateurs de stratégie
- Ceux qui aiment se mettre des bâtons dans les roues en ricanant comme de vrais méchants
- Ceux qui aiment l'ambiance western
- Ceux qui aiment les jeux de placement

Comment qu'on joue ?
Le but est de relier 2 villes par le télégraphe. Pour ça, vous pouvez construire des bâtiments grâce à des ressources, mais aussi à un système de chaînage assez astucieux. Mais attention, vous n'êtes pas la seule entreprise sur le coup, et vos concurrents pourraient bien vous donner du fil à retordre. 


Si vous n'arrivez pas à relier les deux villes, pas de soucis, il vous suffira "juste" de construire l'intégralité des bâtiments.
P'tite présentation rapide : à chaque tour on a le choix entre piocher 1 ou 2 tuiles bâtiments, ou construire jusqu'à 3 bâtiments déjà piochés. Pour chaque action non-réalisée, on pioche une carte ressource qui nous permettra de construire les bâtiments. 
Et voilà, c'est pas plus compliqué. 


 Mon avis
J'ai plutôt bien aimé ce jeu, mon seul regret étant que le graphisme est un peu vieillot (même si du coup, il colle hyper bien au thème). Certaines couleurs sont assez similaires, on peut s'y perdre un peu (surtout en jouant le soir avec une saleté de lumière jaune).

Notre télégraphe a-t-il une cohérence quelconque ? Nope.
Nous avons joué 2 fois, et pour le moment, impossible de relier les deux villes (et pourtant on ne jouais qu'à 2), faut dire qu'on est assez amateurs de fourberies en tout genre. Par exemple, quand l'une des piles bâtiments est vide car on a tout pioché, on peut ajouter une tuile terrain, ce qui permettrait de contourner l'ennemi pour atteindre la ville. Sauf que comme on a le droit de placer la tuile comme on veut, ben nous, on décidait de la placer de façon à ce que jamais l'autre ne puisse atteindre la seconde ville. Et on ricanait comme des méchants en fronçant les sourcils et en mâchant des cure-dents, pour faire plus vrai.
J'ai vu certains avis parlant du fait que si le tirage était favorable, les autres joueurs n'avaient plus qu'à attendre. Mais je suis en désaccord complet et total. Franchement, je pense que ces gens n'ont pas bien lu les règles puisqu'on est limité en nombre d'actions à chaque tour. Et pour le coup, je trouve justement que la partie "hasard" (qui se limite à piocher des ressources ou des tuiles bâtiments) était hyper bien compensée par les différentes stratégies possibles (surtout si on compare à d'autres jeux où le hasard des cartes peut bien plomber un joueur). 

Pour le coup, nos 2 parties ont été hyper serrées, et je dois bien avouer que tout s'est joué dans les tout derniers tours. Ceci dit, nous n'avons pas eu l'occasion de jouer à plus de deux, et je pense que les coups pendables sont encore plus possibles en jouant à 3 ou 4. 

En tout cas, si vous jouez avec des personnes qui n'ont pas le défaut horrible d'être mauvais joueurs, vous risquez juste de passer un bon moment !


Alors, tenté.e.s ?

vendredi 24 août 2018

Amours


Amours de Léonor de Recondo

audio : Sixtrid, 2015, 255 mn, lu par l'autrice

poche : Points, 2017, 207 p.

Romance, historique



Nous sommes en 1908. Léonor de Récondo choisit le huis clos d'une maison pour écrire un éblouissant roman sur l'épanouissement du sentiment amoureux le plus pur - et le plus inattendu. 
Victoire est mariée depuis cinq ans avec Anselme de Boisvaillant. Rien ne destinait cette jeune fille de son temps, précipitée dans un mariage arrangé avec un riche notaire et que les choses du sexe plongent dans l'effarement, à prendre en mains sa destinée. Surtout pas son trouble face à l'inévitable question de l'enfant qui ne vient pas. Sa détermination se montre pourtant sans faille lorsque la petite bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l'héritier Boisvaillant tant attendu. 
Comme elle l'a déjà fait dans le passé, la maison aux murs épais s'apprête à enfouir le secret de famille. Mais Victoire ne sait comment s'y prendre avec le nourrisson. Personne n'a le droit d'y toucher et Anselme est prié de s'installer sur un lit de camp dans son étude. Le petit Adrien dépérit dans le couffin glissé sous le piano dont sa mère, qui a bien du mal à s'inventer dans ce rôle, martèle inlassablement les touches. 
Céleste comprend ce qui se joue là, et décide de porter secours à l'enfant à qui elle a donné le jour.
(J'ai volontairement tronqué la 4è de couverture officielle, qui en disait un peu trop à mon goût)


Comme je le disais juste au-dessus, la 4ème de couv' en raconte un peu trop. Pour ma part, je l'ai découvert sans rien en savoir (sinon sa bonne note sur LivrAddict), je ne le regrette pas et je vous encourage à faire de même. 
Moi, devant le résumé
J'ai découvert une plume magnifique, une histoire bouleversante. C'était mon premier livre de l'autrice, mais une chose est sûre après avoir lu cette petite merveille : ce ne sera pas le dernier. 
C'est d'abord un récit un peu féministe. Ou du moins, qui dénonce la condition des femmes au XIXè siècle. Parce que riche ou pauvre, même combat, tu ne seras très probablement pas maîtresse de ta vie. Bon, on va quand même s'avouer que le quotidien des riches est plus facile, hein. Mais tout de même : elles sont vouées à être épouses, mères, à s'épanouir dans ce carcan, point. Et si elles faillissent, ça craint du boudin. 

On va rencontrer ici deux femmes, deux points de vue très différents en terme de classe sociale : la riche maîtresse malheureuse qui s'ennuie et la pauvre domestique qui subit la vie depuis sa naissance à peu de choses près. La liberté, au final, ni l'une ni l'autre ne la connaissent, prisonnières de ce que la société attend d'elles. Servir et enfanter. 

La plume est magnifique, donc. Elle est tendre, passionnée, émouvante, mais elle peut aussi se montrer très crue. Attention, âmes sensibles, le livre démarre par une scène de viol, puisque Céleste, notre jeune domestique de 17 ans va subir les assauts répétés de son boss qui use et abuse de son droit de cuissage. C'est dur, et ce qui est peut-être plus dur encore, c'est la réaction de la troisième femme de ce roman (Huguette) à laquelle elle se confie. Cette femme, c'est la gouvernante / femme à tout faire / assistante. Elle est dans la maison depuis bien longtemps, et son unique conseil sera "ne dis rien, subis en silence, ne fais pas de vagues". Céleste a eu une éducation qui l'a bien habituée, elle ne fera donc pas de vagues. 

Son destin, sa vie est tragique, et c'est peut-être mon seul mini-bémol dans le livre : c'est parfois presque trop. Comme si le sort s'acharnait sur elle à un tel point que l'on n'arrive plus à y croire. 
Mais attendez, parce que c'est le seul mini point noir de ce roman, et le reste est juste beau.
L'évolution de Victoire, par exemple. Je suis honnête, je balance. Au moment où on la rencontre dans le livre, je l'ai trouvée imbuvable. Mais on va petit à petit apprendre à la comprendre, à l'apprécier et même à l'admirer, elle si malheureuse et soumise dans ce rôle de femme mariée incapable de donner la vie, un rôle qu'elle n'a pas eu le choix d'endosser et qui la répugne presque. Impossible de ne pas avoir envie de l'applaudir quand elle décide de brûler ses corsets !

Le titre porte bien son nom. Amours, au pluriel, et c'est ça. On va parle de passion, d'amour charnel, passionnel, conjugal, filial. De ce qu'on lui sacrifie mais aussi de comment on se révèle à soi-même grâce à lui. Et la plume de l'autrice va là aussi révéler toute sa force, en nous offrant des descriptions tantôt tendres, tantôt sensuelles, tout en délicatesse et subtilité
Le couple Pierre / Huguette sera aussi d'une grande importance dans cette histoire. Je les ai adorés, ils apportaient une douceur et une tendresse bienvenue à côté des drames de la grande maison. 
Je n'en dirai pas plus pour ne pas trop en dire, mais je recommande très chaudement cette lecture. 

Ma lecture en un GIF : 



- La plume de l'autrice
- Les personnages féminins et leur évolution
- Les facettes de l'amour


- La vie de Céleste presque trop dramatique

jeudi 23 août 2018

TBTL #75- Avis de grand froid

BettieRose a lancé ce RDV pour parler d'une lecture que le thème nous évoque, histoire de pouvoir (re)parler de bouquins qui nous ont marqué et qui passent vite à la trappe avec le flot de nouveautés. Vous pouvez retrouver les liens sur son blog !

 
J'avoue que je n'ai pas chroniqué de trucs très hivernaux, même si en cette fin d'été, un peu de fraîcheur est bienvenue, même si c'est juste par procuration à travers mes lectures. Bref, on part dans le Grand Nord cette semaine, et vous allez tâter de la neige !

De la neige, mais pas que. Vous allez aussi tâter du froid, de la vie rude, et vous allez en prendre plein les dents. Enfin, les crocs, pour le coup, puisque Buck, notre héros, est un chien. Vous le sentez, L'Appel Sauvage, vous aussi ?

Le récit complet du point de vue du chien, ça ne me faisait pas tellement rêver. J'étais ouverte à l'idée d'avoir une bonne surprise, mais vraiment sans pression.
Mais il faut dire que dès les premières lignes, l'auteur arrive à nous embarquer. Et son ton entre l'humour, le rythme et la maîtrise de son intrigue donne tout de suite envie.
Buck a un truc spécial. Il est résistant, fort, malin et il sait s'adapter. Même dans l'adversité. Et il va apprendre vite, parce qu'il n'aura pas le choix.
Faut dire que sa vie ne va pas être de tout repos, loin de là. Et j'ai trouvé l'auteur super malin dans sa façon de faire appréhender les choses à son personnage canin. Jusque là, les Hommes avaient été plutôt sympas, il n'a donc aucune raison de s'en méfier, même lorsqu'il rencontre de nouvelles situations. Buck fait confiance, pas par bête naïveté, mais par innocence. C'est très différent, car il va tout de suite apprendre de ses erreurs, et il ne les répètera jamais. 
Je vous le dis, pour ceux qui craignent, beaucoup de scènes sont extrêmement dures. Elles sont réalistes, décrites en détail et qu'il s'agisse des coups, des blessures, du sang, l'auteur n'épargne pas son lecteur, tout comme l'humain n'épargnera pas Buck.
Il n'est plus un animal de compagnie, il le sait. Il va vivre sa vie, au milieu d'autres chiens, dépendant des hommes, mais sans leur accorder plus d'attention qu'ils ne le méritent.
Buck va voir exploser la partie instinctive de sa nature du fait du contexte dans lequel il vit. Mâle dominant pouvant assumer ses prétentions, il va vivre en tant que tel. Rusé, il ne veut pas dominer pour dominer, mais parce qu'il est meilleur dans ce rôle que les autres. Et il fera ce qui est nécessaire pour parvenir à ses fins, sans s'embarrasser de fair-play. Il va se déciviliser, se désapprivoiser. Redevenir un animal sauvage, qui tolère la main qui le nourrit.
Cette part instinctive, et cet "appel sauvage", justement, va aller crescendo au fur et à mesure que le récit se déploie, que Buck apprend, qu'il avance d'aventures en mésaventures. 
Et le style de l'auteur, hyper accessible sans être simpliste pour autant est un énorme point positif de ce court texte. Son écriture est très visuelle, et même sensitive de manière générale, ce qui se prête d'autant plus à l'imagination que le héros est un chien.

mardi 21 août 2018

Série - Vernon Subutex

J'ai fini il y a quelques semaines le troisième et dernier tome de Vernon Subutex. Et qui dit fin de série, dit point série. Bon, alors, ça ne s'appelle plus "La série du mois" parce que depuis janvier 2017 *tousse* il n'y en a plus eu. Mais disons qu'on va relancer ce RDV à chaque fin de série, ce qui m'encouragera peut-être à en finir plus (vous verriez mon nombre de séries en cours, vous pleureriez en PLS).


    



Vernon Subutex de Virginie Despentes

3 tomes

Le Livre de Poche, publié entre 2016 et 2018
Audiolib, publié entre 2015 et 2017, lu par Jacques Frantz
Contemporaine, Société


QUI EST VERNON SUBUTEX ?

Une légende urbaine.

Un ange déchu.

Un disparu qui ne cesse de resurgir.

Le détenteur d’un secret.

Le dernier témoin d’un monde disparu.

L’ultime visage de notre comédie inhumaine.

Notre fantôme à tous.
J'ai déjà chroniqué les deux premiers tome (ici et ), je m'en vais (non) donc vous parler du dernier tome de la saga, mais surtout vous donner un avis global.
Dans ce troisième tome, on retrouve Vernon et sa petite bande 2 ans après (me semble-t-il). La descente aux enfers de notre héros semble terminée, il remonte la pente, on pourrait croire à un happy end à la sauce hippie-punk. Cependant, c'est bien mal connaître l'autrice. Vernon a passé la phase SDF, certes, mais on ne le reconnaît plus tout à fait. Ce n'est plus le personnage du premier tome, on se rend bien compte que ce qu'il a traversé l'a un peu déconnecté, voire complètement fracassé. 

On va trouver ici beaucoup de références aux attentats du 13 novembre. Notre société en est marquée, Despentes l'est aussi. Elle fait une place de choix à ces évènements tragiques et ils vont avoir une place importante dans l'intrigue de ce dernier opus.

lundi 20 août 2018

C'est Lundi, que lisez-vous ? #115

Comme chacun sait, je pense, on retrouve tous les liens chez Galleane qui a repris ce RDV d'un blog anglophone.


On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée les semaines passées ? 

  

Ma fausse participation au Week-end à 1000 et une vraie semaine de vacances m'ont permis de retrouver un rythme de lecture plutôt chouette. 
J'ai donc lu La Disparition de Stéphanie Mailer de Joël Dicker. Pas le meilleur de l'auteur à mon goût, mais une fois la moitié atteinte, c'est une fois de plus très addictif.
J'ai enchaîné avec La Voix des vagues de Jackie Copleton, une claque, un coup de cœur, bref, une lecture comme on les aime.
J'ai ENFIN commencé à découvrir la collection Les Saisons de l'étrange par Les Moutons électriques grâce au premier volume 115° vers l'épouvante de Lazare Guillemot qui était ma foi très sympathique, avec un petit air de Jules Verne qui aurait bouffé du monstre.

  

J'ai aussi enquillé avec Proie Dunoir de Gaëlle K. Kempeneers qui m'a fait encore plus regretter la fermeture de la ME (Walrus, je te salue !).
Puis, comme j'étais encore super au taquet, je me suis dit qu'il était temps que je commence enfin cet auto-challenge de lire Les Rougon-Macquart dans l'ordre, j'ai donc dégommé La fortune des Rougon de l'ami Zola dont j'apprécie bien plus le style (et même les descriptions) avec 15 ans de plus dans les dents.
Comme c'est pas super gai, j'ai ensuite lu un récit middle-grade tout doux et émouvant que j'ai beaucoup apprécié : Comme un poisson dans l'arbre de Lynda Mullaly Hunt. 


2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
    
 
  
Un gentleman à Moscou est sur la pente de l'abandon, je l'annonce. J'ai lu peut-être 20 pages en 3 semaines, et c'est mauvais signe. Il n'est pas désagréable, hein, mais ça ne matche pas avec mes envies du moment.
Je n'ai pas du tout avancé dans L'Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon, vu que je l'ai en livre audio. Il devra donc attendre que je reprenne la voiture ou que j'arrête d'avoir la flemme de repasser.

 

Je débute aussi tout juste Une étude en soie d'Emma Jane Holloway dont j'aime beaucoup l'ambiance steampunk pour le moment.
Et comme je suis fofolle pendant les vacances, j'ai une quatrième lecture en cours et il s'agit de À ce point de folie de Franzobel qui relate le naufrage du radeau de la Méduse et qui est incroyable pour le moment.
  
3. Que vais-je lire ensuite ? 

J'ai 4 lectures en cours, calmons-nous !

4. Blabla

Une semaine de vacances à la montagne avec zéro accès Internet plus tard, je suis contente de retrouver la blogo, mais aussi très contente de cette déconnexion forcée (que j'ai vachement mieux vécue que mon cher et tendre, soit dit en passant). J'ai pu lire à gogo sans penser à ce que j'allais en dire, où et comment, j'ai échappé aux dramas Twitter (même si en vrai je tombe toujours dessus 100 ans après, ce qui me convient très bien), j'ai profité de ma fille (qui en a profité pour être une vraie pestouille), j'ai randonné, mangé, bu l'apéro, vu de jolies choses, et c'était très bien. Les vacances, ça ne dure jamais assez longtemps, de toute façon. 

Et vous, vous avez lu / fait quoi ?