samedi 4 août 2018

La fille du roi araignée


La fille du roi araignée de Chibundu Onuzo

Les Escales, 2014, 304 p.

traduit par Sylvie Schneiter

Contemporaine



À dix-sept ans, Abike Johnson, la fille d'un richissime magnat de Lagos, a l'habitude de se laisser porter par l'immense Mercedes noire de son père dans les rues de la ville. Un jour, alors que la voiture est assaillie par des vendeurs à la sauvette, le regard d'Abike croise celui d'un colporteur : jeune, beau, élégant sous ses haillons, il détonne dans la foule. Lui vit dans un quartier mal famé. Tous les jours, il parcourt des kilomètres en vendant des glaces pour subvenir aux besoins de sa soeur et de sa mère. Abike découvre un univers inconnu qui la fascine et invite à son tour le jeune homme dans son monde. Mais le coup de foudre initial se transforme bientôt en un jeu de séduction mortel, entre amour et haine, tandis que des secrets de famille les obligent à choisir leur camp...


J'ai choisi ce livre complètement au pif à la médiathèque. J'aime la ME, je ne lis quasiment pas d'auteurs africains, la couverture était bien trop jolie, bref, j'espérais faire une belle découverte.
Au final, j'ai un sentiment un peu mitigé.
Non, parce que c'est bien écrit, c'est intelligent, les thèmes abordés sont très intéressants, on voit peu ce type de contexte en littérature et il n'y a pas de romance niaise !

Mais en même temps, j'ai pas kiffé la fin. Les liens entre les deux jeunes gens m'ont paru trop capillotractés et quand la fin d'un bouquin ne t'emballe pas, même si le reste était cool, ben ça laisse un petit goût amer qui entache toute ta lecture. Enfin, je dis "tu", c'est ce que ça me fait à moi, quoi. 

On se retrouve dans le Nigéria actuel, qui oscille entre misère profonde et hyper-richesse. Je ne connais strictement rien du Nigérian, mais l'autrice étant nigériane, je décide de lui faire confiance niveau réalisme du contexte socio-économique. D'autant qu'elle décrit très bien cette espèce de grand écart entre pauvres et nantis et l'absence totale de ponts entre les deux.
Les descriptions sont donc réussies, on a l'impression d'y être (bon, j'ai quand même choisi de quel côté je préfèrerais être, hein). C'est le choc des classes sociales, des modes de vie à des siècles l'un de l'autre et tout ça donne le sentiment d'une barrière infranchissable entre les deux.

On rencontre les deux personnages principaux, on assiste aux balbutiements de leur relation, à  leurs hésitations, leurs doutes, leurs inquiétudes l'un par rapport à l'autre, mais aussi (et c'est clairement ce qui rend le texte riche) leurs préoccupations quotidiennes chacun de leur côté. 
Au final, les deux ont des vies bien plus difficiles que ce à quoi le lecteur s'attendait à la base, mais même qu'eux-même pensaient avoir un jour. Comme quoi, les destins sont loin d'être tout tracés. 
Abike est une adolescente riche, entraînée pour succéder brillamment à son père au mépris de son enfance (et même de la morale...), au point d'en tomber dans un "jeu" malsain avec lui. Franchement, je vous mets au défi de ne pas être terriblement mal à l'aise face à ces passages. Cela l'a si bien façonnée, qu'elle ne sait plus entrer en relation, enfermée qu'elle est dans sa tour d'ivoire d'une part, mais aussi dans les schémas vicieux que son père lui a inculqué.

Face à elle, on retrouve un jeune homme devenu soutien de famille bien malgré lui, obligé de courir les rues pour pouvoir élever sa sœur et veiller sur sa mère défaillante, qui a tiré un trait sur ses rêves personnels
Il y avait donc de quoi faire, tant en terme d'intrigue que de thématiques et messages, surtout avec une plume si agréable.
Mais l'autrice s'embourbe et on dirait qu'elle ne sait pas comment finir son livre, qu'elle cherche à justifier son histoire. Ce final, ces derniers chapitres m'ont laissé une impression douce-amère, et c'est un peu dommage.

Petit apparté, Chibundu Onuzo n'avait que 17 ans au moment de la rédaction de ce bouquin, et c'est déjà annonciateur d'un grand talent littéraire ! Malheureusement, son second livre n'est toujours pas traduit en français, mais c'est clairement quelqu'un que j'ai envie de suivre dans sa carrière littéraire !

Ma lecture en un GIF : 


- Le style de l'autrice
- Le contexte
- Les personnages, en particulier Abike
- Les thématiques abordées


- La fin
- Les liens capillotractés que l'autrice crée
- Un côté brouillon / rapide les derniers chapitres

1 commentaire:

  1. Un sujet intéressant mais du coup un peu dommage quand meme. Je ne connaissais pas du tout

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