samedi 15 septembre 2018

Celle que vous croyez


Celle que vous croyez de Camille Laurens

Gallimard, coll. Blanche, 2015, 186 p.

Contemporaine



Vous vous appelez Claire, vous avez quarante-huit ans, vous êtes professeur, divorcée. Pour surveiller Jo, votre amant volage, vous créez un faux profil Facebook : vous devenez une jeune femme brune de vingt-quatre ans, célibataire, et cette photo où vous êtes si belle n'est pas la vôtre, hélas. C'est pourtant de ce double fictif que Christophe - pseudo Kiss Chris - va tomber amoureux. 
En un vertigineux jeu de miroirs entre réel et virtuel, Camille Laurens raconte les dangereuses liaisons d'une femme qui ne veut pas renoncer au désir.


C'est le genre de livre auquel on adhère ou que l'on va détester. Rapport que le style est vraiment très particulier. Pas mal de petites choses m'ont un peu dérangée, mais je fais quand même partie de la première catégorie. 
Il faut dire que le style n'est pas évident à apprécier. Et ça commence dès le prologue. Présenté sous forme de monologue qui tient presque de la logorrhée, zéro ponctuation, il peut clairement donner envie de refermer le livre, là tout de suite. Et il faut bien avouer qu'on ne comprend pas vraiment ce qu'il se passe. L'héroïne est visiblement internée, ou auditionnée, suite à une histoire d'amour virtuelle qui aurait mal tourné. C'est flou

Moi, ça m'a intriguée, et ça a été le cas de toute la première partie qui va nous être relatée selon le point de vue de Claire, prof de lettres cinquantenaire qui se crée un faux profil Facebook histoire d'espionner son ex. Quitte à avoir un faux profil, elle perd 25 ans et se métamorphose en utilisant une photo de quelqu'un d'autre. Le procédé peut être malsain, et je vous rassure, on est en plein dedans. 

Pour mieux parvenir à ses fins, elle va commencer par discuter avec un ami de son ex, Chris, pseudo KissChris et l'utiliser pour obtenir des infos sur celui qui l'a délaissée. Mais finalement, une relation va se créer avec lui et tout ça finira mal, on le sait dès le début. 
L'autrice va jouer avec son lecteur, nous incitant à démêler le vrai du faux. Moi, je suis à fond, je veux être détective depuis que j'ai 6 ans et que j'ai lu beaucoup trop d'aventures du Club des 5. On nage en eaux troubles entre la folie présumée de notre narratrice (qui est donc assez peu fiable), le réel, le virtuel, la passion, les personnages doubles, la fiction, ce qui est fantasmé. C'est presque écrit à la façon d'un thriller, la vérité se cachant là tout près, mais restant hors de portée.

Les thématiques sont de plus hyper intéressantes. On va parler de la femme, de sa féminité, du regard qu'elle porte sur elle-même et son corps qui vieillit, miroir de celui que les hommes posent (de moins en moins) dessus. On va parler de désir, de sexualité, de tentation, du corps qui s'affaisse sans que ce soit le cas des pulsions, on va parler de chair. Si j'ai moins aimé l'image des hommes qui étaient tous ici réduits à l'image de rustres en manque de chair fraîche, tous ces thèmes m'ont quand même touchée et étaient très joliment traités. 
Notre héroïne est prof de lettres et ça se sent. Elle joue avec les mots, les sons, les sens. C'était un plaisir de lire un texte si joliment écrit, mais au bout d'un moment c'est trop. Trop évident, trop téléphoné, ou juste trop "prof qui t'explique des choses". Presque un peu prétentieux, ce qui m'a dérangé. 
Quant à la dernière partie, celle qui est sensée rétablir une vérité, elle est sensée être rédigée par Camille, une autrice qui propose des ateliers d'écriture là où Claire passe ses journées. Et je dois avouer que la magie (et une grande partie de mon intérêt) a disparu à ce moment-là. C'est dommage, vraiment.

Parce que du coup, je ne peux qu'avoir une avis assez mitigé sur ce livre pas évident, plein de bonnes idées mais dont le style m'a autant plus qu'il m'a prodigieusement agacée par moments. 

Ma lecture en un GIF : 



- Le style et la façon de jouer avec les mots
- L'écriture qui ressemble à un thriller
- La mince barrière virtuel / réalité
- Les thématiques autour de la femme
- Les personnages masculins qui manquent de nuances
- Le style parfois un peu prétentieux
- La dernière partie

4 commentaires:

  1. Après avoir lu ta chronique, je peux dire que ce livre n'est pas pour moi ^^

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    1. Je comprends, c'est quand même très particulier comme style.

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  2. Bon, je pense que je passerais mon tour aussi pour ce livre :/

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    1. Idem, je comprends tout à fait. Après, il faut bien admettre que ce livre a quand même des qualités.

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