jeudi 29 novembre 2018

Au service de Sa Majesté la Mort, tome 1 - L'Ordre des Revenants


Merci à Castelmore et NetGalley

Au service de Sa Majesté la Mort, tome 1 - L'Ordre des Revenants de Julien Hervieux

Castelmore, 2018, 320 p.

Jeunesse, Fantasy



Londres, 1887. Prise dans le carcan de la société victorienne, Elizabeth, jeune journaliste indépendante, n’a d’autre choix pour exercer son métier que de passer un accord avec un journaliste qui lui sert de nom de plume. Un accord funeste : quand ce dernier est assassiné sous ses yeux, Elizabeth, devenue gênante, est sommairement abattue…
… pour se réveiller dans sa propre tombe.

Commence alors pour elle une toute nouvelle « existence ». Sous la surveillance d’un étrange chaperon, Elizabeth rejoint, à son corps défendant, les rangs des Revenants, des morts-vivants chargés de traquer ceux qui tentent de repousser la venue de leur dernière heure.
Elle œuvre désormais pour le compte de Sa Majesté la Mort elle-même, une activité bien loin du repos éternel…

J'ai toujours quelques gouttes de sueur qui perlent sur mon front délicat (non) d'appréhension quand je commence un roman jeunesse (noooooon, je n'ai pas le sens de l’exagération, j'vois pas pourquoi vous dites ça...). 

Ben je me suis inquiétée pour rien. Ok, de jeunes gens peuvent le lire, mais pas que. Et surtout, l'auteur ne prend pas son lectorat (même jeune, donc) pour des idiots. 
On rencontre Elizabeth, une héroïne à laquelle on peut s'identifier facilement. Son rêve, c'est de vivre de sa plume. Pas facile dans l'Angleterre victorienne si on est une femme, a fortiori une jeune. Puis de toute façon, c'est râpé pour elle, puisqu'elle va se faire assassiner. Evidemment, ça ne s'arrête pas là, sinon, il n'y aurait pas de livre. 

La jeune femme va "revenir" et devoir se créer une nouvelle vie. Désignée par Charon, elle va rejoindre l'Ordre des Revenants et intégrer la cellule londonienne afin de traquer les trompe-la-mort, ces humains qui ont trouvé un moyen de retarder l'heure de leur mort.
Accompagnée d'une fine équipe, cela va amener chez elle moult questionnements d'ordre moral. Est-ce que mettre fin à la vie artificiellement prolongée des humains c'est un meurtre ? Est-ce que c'est juste ? Est-ce qu'elle a le droit de mener à bien sa mission ? 

Ayant été assassinée de son vivant, on va aussi parler de vengeance, de deuil (celui de son ancienne vie et de ses proches, mais aussi de la souffrance qu'elle sait infliger aux autres). Bref, tout un tas de thématiques fort intéressantes, bien présentes sans pour autant plomber le récit. 
Comme on est dans un récit jeunesse, il y a peu de temps mort (mes jeux de mots sont de plus en plus qualitatifs, ahem), les péripéties, missions et découvertes s'enchaînent. On accroche ou pas, mais le fait est qu'on ne s'ennuie pas. 

L'auteur parvient à nous présenter une certaine quantité de personnages et un fonctionnement d'univers en un minimum de temps sans que l'on se sente perdu à aucun moment. On apprend en même temps qu'Elizabeth, c'est notre guide dans ce monde que l'on découvre.
Alors certes, certains personnages sont un peu clichés, mais il s'agit d'un premier tome et je ne doute pas que des nuances seront amenées dans la suite.
Non, vraiment, la seule chose que je peux regretter un peu, c'est l'évolution d'Elizabeth qui passe de Super Quiche qui pose plein de questions (ce qui est très bien) à pro de la mission secrète à même de créer / improviser / mener à bien les missions les plus compliquées (ce qui est très bien aussi). On n'a pas vraiment d'entre-deux, et c'est un peu dommage parce qu'il était clairement plus difficile de s'identifier (et donc de continuer à s'attacher) à elle.
En tout cas, j'ai très envie de découvrir la suite de cette nouvelle série fort prometteuse !

Ma lecture en un GIF : 



- Le féminisme sous-jacent
- L'univers et l'ambiance
- Les thématiques abordées


Une évolution de l'héroïne un peu rapide

mardi 27 novembre 2018

La fortune des Rougon - Le classique du mois

La fortune des Rougon d'Emile Zola

1ère publication : 1871

mon édition : ebook (gratuit !) Bibebook, 2016

poche : Le Livre de Poche, coll. Les classiques de poche, 2009, 475 p.

Classique





Il y a sur LivrAddict un challenge qui consiste à s'enfiler l'intégralité des Rougon-Macquart. Pas de limite de temps, juste l'idée que ce challenge risque bien de tenir sur plusieurs années. À un rythme de 2 par an, je pars donc pour 10 ans. Si c'est pas du projet à long terme, je ne sais pas ce qu'il vous faut. 
J'ai lu quelques livres de Zola (Thérèse Raquin, Germinal et un autre me semble-t-il) entre le collège et le lycée, mais ça n'avait pas hyper matché entre le père Zola et ma personne adolescente. C'était trop porrible, m'voyez ? Bref, maintenant, je suis grande, je lis du drame et du thriller sanglant sans sourciller, alors je me suis dit qu'il était temps qu'on se rencontre à nouveau.

Issus de la paysannerie enrichie, les Rougon portent en eux l'avidité du pouvoir et de l'argent. Une des branches de la famille, les Macquart, sera marquée par l'hérédité de l'alcoolisme, du vice et de la folie. Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 entraîne les Rougon dans la conquête de Plassans, la capitale provençale du roman. La haine de l'empereur pousse Silvère, petit-fils de la matriarche, et Miette, sa femme, dans l'insurrection républicaine. De ces passions et de ces fureurs naîtront cent personnages, et celui, aux mille visages anonymes, de la foule et de la collectivité qui préfigure le XXe siècle.

La première chose, c'est une petite introspection personnelle, que vous voudrez bien me pardonner. Plus le temps passe, plus je me dis que mon moi ado avait particulièrement mauvais goût, en plus de pas être toujours une lumière.

Non, parce que sans déconner, c'est juste le premier tome, donc on a de la mise en place de dynastie (rapport que les Rougon-Macquart, pour rappel, c'est de la saga familiale bien tragique qui se déroule sous tout le Second Empire) et de multiples personnages, sans compter une petite recontextualisation historique mais surtout politique. Bref, c'est pas forcément celui qui sera le plus simple à lire. Et ben, c'est passionnant. Je vous promets que j'étais presque en mode page-turner. Pour un bouquin qui a 150 ans, c'est plutôt pas mal.

J'avais peur du style, des descriptions. J'avais tort. Ca se lit étonnamment bien et on est très vite pris dans l'intrigue.
Ceci dit, je ne vais pas m'attarder sur celle-ci en particulier, mais plutôt sur les thématiques et les personnages. Et je ne vais pas non plus pousser dans l'analyse de texte, d'autres gens le font bien mieux que moi.
Bon, après, on est quand même chez Zola. On se doute bien qu'il n'y aura pas vraiment de happy end. Clairement, les "gentils" (il y en a peu) ne sont pas récompensés, au contraire de pas mal de "méchants". Zola, il croit moyen-bof au karma.

Puis d'ailleurs, ça se sait dès le titre, hein : les Rougon seront les fortunés, tant sur le plan matériel que sur celui de la chance, et en parallèle, la branche Macquart sera bien moins lotie.
Le contexte politique, en plus d'être primordial pour l'histoire que l'auteur va raconter, est hyper intéressant. Zola n'était pas forcément un républicain convaincu et engagé, mais par contre, Bonaparte ne le faisait pas rêver du tout du tout et ça se reflète bien dans les personnages qu'il va nous présenter. Du côté républicain, on a des idéalistes convaincus (Silvère), des qui sont là pour suivre le mouvement (Miette) ou de sacrés salopiauds d'opportunistes (Antoine) qui sont prêts à retourner leur veste à peu près à n'importe quel moment. Mais les conservateurs royalistes sont encore plus mal lotis puisqu'ils sont représentés par Pierre Rougon, sa femme et quelques petits notables effrayés à l'idée de tout perdre dans une Révolution.

Les Rougon vont se servir de ce même contexte politique pour atteindre leurs ambitions. Faut admettre qu'ils ont en plus de sacrés buts dans la vie, puisque ça consiste en : devenir bourgeois pour pouvoir habiter de l'autre côté de la rue. À leur décharge, ils auront bien essayé de parvenir à s'enrichir autrement, mais ça n'a pas hyper bien fonctionné. Placements toupourris, études de leurs enfants ratées... Aucun de leurs plans pour s'élever socialement n'a réussi à fonctionner (en même temps, Pierre Rougon ne brille pas particulièremet par son intelligence, heureusement qu'il a une femme derrière lui). C'était bien utile d'exproprier sa pauvre mère, tiens ! 
Les personnages sont donc tous pourris, mais on prend un plaisir un peu malsain à les suivre, en espérant très fort qu'ils finissent par payer un peu pour leur cruauté et leur bêtise.

Quelques-uns sont quand même attachants, en particulier Silvère et Miette. Beaucoup trop naïfs, leur amour égaye tout de même un peu le récit.
J'ai aussi aimé le personnage du troisième frère, Pascal, le médecin qui reste assez à l'écart de tout cet imbroglio.
Je ne sais pas si c'est le roman idéal pour commencer les classiques, rapport que si je me base sur mon exemple personnel, il faut visiblement un peu de maturité pour vraiment apprécier, mais en tout cas, je n'ai qu'une hâte, lire La Curée qui est le tome suivant !

Ma lecture en un GIF :

lundi 26 novembre 2018

C'est Lundi, que lisez-vous ? #124

Comme chacun sait, je pense, on retrouve tous les liens chez Galleane qui a repris ce RDV d'un blog anglophone.


On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ? 

Toutes les histoires d'amour du monde m'a énormément plu, mais mon avis complet vous en dira davantage, tout comme ma lecture de Mauvais genre dont j'ai adoré l'héroïne et les thématiques. 

 
J'ai passé un très bon moment avec le premier tome d'Au service de Sa Majesté la Mort, une lecture jeunesse comme je les aime, c'est-à-dire pas trop jeunesse et qui ne prend pas son lecteur pour un imbécile. Quant à Vous parler de ça, c'est mon deuxième roman de l'autrice, et j'aime toujours autant sa plume !

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?

La première fois qu'on m'a embrassée, je suis morte ne m'emballe pas plus que ça. Je sens tellement que ça va finir par être cucul que je suis soûlée. Je l'écoute en repassant, donc ça fait le job, mais je ne suis toujours pas emballée.
Par contre, My absolute darling... C'est dur, c'est cru, c'est violent, c'est une claque à chaque chapitre. Ce roman me bouleverse, mais il n'est vraiment pas pour tout le monde. Dans mon cas, ça sent le coup de cœur !

  
3. Que vais-je lire ensuite ? 

Je me fais une PAL pour le Cold Winter Challenge, d'autant que j'ai récupéré deux polars se passant à Noël... Mais ça ne commence que le 1er décembre... En attendant, je vais peut-être me lancer dans Le vieux qui voulait sauver le monde, la suite de celui qui ne voulait pas fêter son anniversaire. Mais il faudrait aussi que je lise un truc avec des sorcières histoire de marquer des points pour la Coupe des Quatre Maisons sur LivrAddict... Et je ne sais pas trop ce que j'ai dans ma PAL qui y correspondrait...

4. Blabla

Mon lave-vaisselle fonctionne à nouveau, et juste l'entendre ronronner me fait ronronner moi-même. 
Les gilets jaunes ont quadruplé mon temps de trajet quotidien pour aller bosser. Alors que dans l'absolu, j'étais plutôt sympathisante, je me dis que je vais finir par me foutre en l'air à cause de la fatigue et des gens qui deviennent fous furieux sur la route, et suite à un accident pipi dans le siège auto parce qu'on était bloqués, je deviens beaucoup moins solidaire. Sérieusement, quel est l'intérêt d'empêcher les gens de rentrer chez eux ? Bloquer les stations essence, les centre commerciaux, favoriser la gratuité des péages, OK, mais bloquer une route juste pour embêter le monde, ça n'a aucune symbolique et ça ne leur donne pas non plus une bonne image. C'est dommage qu'un mouvement spontané et populaire finisse par devenir ce que c'est en ce moment. En tout cas, je suis séchée, ma fille a chopé la crève, la semaine était interminable et vivement les vacances.
Par contre, dans les trucs cools, j'ai rejoint le Picabo River Club, et j'aimerais bien tenter de lire l'un des poches du mois qui me tentent tous les 3 (cher petit Monstre, merci à toi pour le coup de pied au popotin !). Enfin, si j'arrive à accéder à une librairie (parce que pareil, bloquer les gros centres commerciaux, ou les chaînes, c'est symboliquement intelligent, bloquer les commerces de quartier, c'est débile) (merci bonsoir).

Et vous, vous avez lu / fait quoi ? 

samedi 24 novembre 2018

Mauvais genre


Merci à Taurnada et Joël !

Mauvais genre d'Isabelle Villain

Taurnada, 2018, 252 p.

Thriller



Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d'une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.
Vingt-trois ans plus tard, l'équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d'une jeune femme, sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d'effraction. Pas de vol. Pas de traces de défense. L'entourage de la victime est passé au crible, et l'histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

Je suis toujours enthousiaste à l'idée de découvrir les publications de cette maison d'édition qui ne m'a pas (encore ?) déçue ! Puis les thrillers, en automne-hiver, c'est complètement ma came. Bref, j'ai foncé dès qu'on m'a proposé de le lire !

Tout d'abord, j'ai adoré les thématiques et les messages passés à travers les enquêtes. Sans spoiler, on va causer identité, féminisme, violences (faites aux femmes bien souvent), d'où ma publication de cette chronique aujourd'hui ( #NousToutes ). Evidemment, en tant que nana (et plus généralement en tant qu'être humain), ce sont des thèmes qui me parlent, et j'ai adoré les voir ici. L'autrice fait très clairement passer son point de vue et il faudrait avoir de sacrées œillères pour ne pas le comprendre. C'est encore trop rarement abordé, et encore moins de manière si frontale, donc big up à toi Isabelle Villain (j'adore faire genre je tutoie les auteurs dans mes chroniques, alors qu'en vrai, c'est genre impossible que ça arrive... Brefons) !

Faut dire que Rebecca, son personnage principal envoie déjà du lourd. On a affaire à un commandant de la Brigade Criminelle au niveau de badasserie pas piqué des hannetons. Mais attention, c'est pas parce qu'elle envoie du pâté en croûte, qu'elle a toute une équipe soudée sous ses ordres, une vie professionnelle accomplie qu'elle est exempte de doutes ou de défauts. On n'est clairement pas en face d'une espèce de WonderWoman sous stéroïdes. Juste d'un être humain capable d'encaisser des coups durs, mais qui peut aussi se révéler vulnérable. Une personne intelligente et compétente, mais qui peut parfois se planter dans les grandes largeurs. Et c'est là que réside la vraie force de ce personnage et ce qui va en faire tout le charisme.

Finalement, le petit défaut que je peux pointer du doigt, c'est l'abondance d'enquêtes (ou amorces de) que l'on va retrouver ici. Deux, pourquoi pas, ça peut même être très bien, mais trois, c'était un peu trop pour moi. En tout cas, ça a un peu fait passer l'enquête au sujet du meurtre d'Angélique (par laquelle commence notre rencontre avec l'équipe de de Lost) au second plan dans mon esprit, alors que c'était pour moi celle qui renvoyait les messages les plus forts. 
Une enquête qui se la pète un peu trop
Par contre, on va retrouver des thématiques un peu similaires, ou en tout cas qui se complètent bien avec les deux autres... Sans parler d'une fin digne d'une fin de saison de votre série préférée, quand vous vous dites que vous pourrez jamais attendre 8 mois la suite, alors qu'en fait si.
Niveau tension et suspense, si j'avais vu certaines choses arriver, j'ai pu être surprise par d'autres éléments, donc c'est plutôt pas mal. Certains passages deviennent même complètement malaisants à la lecture, ce qui est aussi un bon point pour moi. Par contre, je ne me rongeais pas non plus les sangs, mais il faut dire qu'il m'en faut pour que ça arrive en terme d'intensité comme de situations (j'ai un niveau de résistance au cracra assez important, faut croire, alors que je suis infoutue de regarder / lire un film ou livre horrifique, allez comprendre).
'Fin vous aurez compris que cette lecture et moi, ça l'a carrément fait. Je vous encourage vivement à découvrir tout ça, mais vous êtes prévenus : certains passages sont réservés à un public averti, en particulier si vous êtes sensibles à la violence.

Ma lecture en un GIF : 




- Les messages délivrés
- Rebecca de Lost
- Les thématiques abordés
- Un réalisme bien malaisant

Un peu trop d'intrigues différentes à mon goût

mardi 20 novembre 2018

Toutes les histoires d'amour du monde


Merci à Mazarine et NetGalley

Toutes les histoires d'amour du monde de Baptiste Beaulieu 

Mazarine, 2018, 470 p.

Historique



Le grand-père de Jean, Moïse, raconte dans des lettres d'amour l'histoire de sa vie. Lorsque Jean et son père les découvrent, le premier est surpris, le second tombe dans une profonde mélancolie : la destinatrice, Ann-Lise Schmitt leur est inconnue et ils voient Moïse sous un nouveau jour, loin de l'homme dur qu'ils connaissent. Jean tente de comprendre et dévoile un lourd secret.


Je suis Baptiste Beaulieu sur Twitter, mais je ne l'avais jamais lu jusque là. J'aime ses tweets, ses convictions, sa façon de les jeter à la face du monde sans jamais montrer d'agressivité et ses combats du quotidien. Tout naturellement, donc, j'ai eu envie de découvrir ses romans. Avec un peu d'appréhension, OK. Non, parce que je sais pas vous, mais quand j'ai un a priori positif sur une personne ou une chose, je n'aime pas trop voir le machin s'écrouler façon château de cartes. 

Je suis un poil cynique, mais quand même idéaliste, au fond.
Bref, j'étais joie à l'idée de découvrir ce roman. J'vous avoue quand même que le titre me faisait un peu peur, en bonne contraire-d'amatrice-insérez-le-mot-ici de tout ce qui est guimauve niaiseuse.

Ben vous savez quoi ? Je me suis régalée. J'ai été émue, touchée, je me suis complètement immergée dans ce récit qui vogue entre plusieurs époques, j'étais présente, concernée et je crève de curiosité de savoir si ce livre va avoir les conséquences espérées !

Jean est en conflit sourd avec son père. Pas un conflit, plutôt une absence de dialogue, d'acceptation. Jean est gay, et son père le vit mal, mais sans en parler. Jean a raté l'enterrement de son grand-père, Moïse, à cause de ça. Alors, quand Denis découvre des carnets appartenant à Moïse et les fait lire à son fils suite à un problème de santé, c'est l'occasion d'une sacrée épopée à travers le XXème siècle, mais aussi de retrouvailles père-fils.
On va suivre en alternance le présent de Jean, ses mensonges pieux, ses pensées, ce que lui inspire la lecture des textes de son grand-père - cet homme qu'il connaissait si peu - et l'histoire de Moïse. Cette histoire qui se télescope avec l'Histoire, la grande, celle qui tue et a si peu de mémoire.
Et là, bah moi, je suis conquise. Je suis à fond, comme si je lisais un thriller haletant, parce que s'il y a bien un truc qui me passionne en littérature, c'est comment le destin d'un individu, si petit à l'échelle du monde, est bouleversé par des choses bien plus grandes que lui.

Le grand message que renvoie ce livre, c'est celui de l'Amour, sous toutes ses formes. Mais c'est aussi un joli texte sur la tolérance, les préjugés, la peur du rejet et du regard des autres, qu'on parle de Jean ou de son grand-père.
Alors, évidemment, pour tout ça, je vous conseille fortement de lire ce livre. Mais il faut le lire aussi pour Anne-Lise Schmidt, celle à qui sont destinées toutes ces lettres.

Ma lecture en un GIF : 



- Les messages délivrés
- Anne-Lise Schmidt
- Le style et l'émotion qui s'en dégage
- L'Histoire qui percute l'histoire

Si vous êtes hyper cynique et pessimiste, c'est pas pour vous