dimanche 30 décembre 2018

13 minutes


Merci à Castelmore et NetGalley

13 minutes de Sarah Pinborough

Castelmore, 2018, 346 p.

traduit par Florence Moreau

Thriller psychologique, Young Adult



Natasha Howland, seize ans et reine du lycée, est retrouvée un matin à moitié noyée dans la rivière. Déclarée morte pendant treize minutes, elle survit néanmoins, mais déclare n’avoir aucun souvenir des vingt-quatre heures précédant sa chute dans la rivière. Suicide, regrettable accident ou tentative de meurtre ? Bien vite, la police semble convaincue du caractère intentionnel de l’affaire. Becca, amie d’enfance délaissée de Natasha, se retrouve malgré elle prise dans l’engrenage de cette affaire et décide de mener sa propre enquête. Ce n’est que le début des drames et des soupçons qui vont s’abattre sur le lycée de Brackston…

L'an dernier, j'avais lu avec plaisir Mon amie Adèle de la même autrice, c'est donc sans hésiter que j'ai demandé à lire ce thriller-ci, d'autant que le résumé était pas mal alléchant. 
Et on est tout de suite dans l'ambiance glaciale / glauque des thrillers que j'aime tant. Natasha est le genre d'élève jolie, populaire, entourée. Le genre qui pèse dans le game du lycée. Elle est retrouvée morte dans une rivière glacée. Pendant 13 minutes, approximativement, son cœur s'est arrêté. Miraculeusement, elle s'en sort. Mais ne se souvient de rien.

Plus qu'une enquête, c'est une immersion dans le nid de vipères que peut être le lycée (perso, j'ai plutôt kiffé mon lycée, ceci dit). Le monde des Barbie dont Natasha est la reine inconditionnelle, versus les autres, ceux qu'on ne voit pas, dont fait partie Becca, ex-amie d'enfance. 
Celle-ci va se retrouver à pseudo enquêter avec Natasha qui ne fait plus confiance à personne (sans déconner...).
Bon, là, clairement, pour moi, y a un souci, du genre que je reproche souvent au YA : les parents. Bordayl, t'es parent, ta fille a manqué de peu de décéder, personne ne sait ni pourquoi ni comment, mais la police est quasiment sûre que c'est une tentative de meurtre. Dans quel monde tu la renvoies dans le même lycée avec le même entourage ???!!! Bref, passons.

Alors, ça va un peu digresser du sujet de base, et on ne peut pas nier qu'il y a quelques passages un peu "adolescents" dans le mauvais sens du terme (qui pour moi équivaut aux mauvaises séries pour ados). Mais la tension monte, on tombe vite fait dans la paranoïa et tout le monde nous semble suspect.

Bref, ça fonctionne à mort, et ça balance pas mal sur les "amitiés" lycéennes, les actions complètement stupides qu'on peut faire à cet âge-là (même si là, on est quand même sur du haut niveau, hein), le harcèlement, etc.
On découvre assez vite le qui, ce que j'ai un peu déploré. Quant au pourquoi et au comment, ce sera dévoilé dans le dernier tiers, mais on avait déjà énormément d'éléments de réponse. Donc le dernier tiers en question, il est quand même vachement moins intéressant. La fin est d'ailleurs bien moins percutante que  dans le précédent thriller de l'autrice. 
L'autre point noir à mon sens, ce sont les personnages. Aucun d'eux n'a su me plaire, pour différentes raisons. Natasha et son côté superficiel et manipulateur, les deux autres Barbies, l'une étant assez idiote, l'autre plutôt antipathique, Becca qui a du caca dans les yeux et qui manque tellement de confiance en elle qu'elle est souvent incapable de prendre une décision sans être influencée, sa pote qui est infoutue de parler ouvertement, son mec qui se la joue beau gosse mystérieux... Même la flic m'a gonflée. Autant je peux apprécier un livre avec des personnages antipathiques voire même clairement détestables, autant là, je les ai trouvés trop cliché pour qu'ils me marquent.

Alors, à choisir, clairement, je vous conseille son précédent bouquin. Par contre, si je suis un peu déçue, c'est peut-être justement parce que j'ai lu l'autre avant. Ceci dit, il se lit avec facilité, et c'est typiquement le genre de bouquin où même si vous pestez contre certains persos, vous aurez tellement l'effet page-turner que vous passerez un bon moment sur le coup.

Ma lecture en un GIF : 




- Le côté page-turner
- La tension et la paranoïa
- Certaines thématiques

- Les personnages et les clichés
- La fin (et le fernier tiers de manière générale)


De le même autrice

vendredi 28 décembre 2018

Le cœur battant de nos mères


Le cœur battant de nos mères de Brit Bennett

J'ai Lu, 2018, 378 p.

traduit par Jean Esch

Contemporaine



« Tous les grands secrets ont un goût particulier. » Nadia a 17 ans et la vie devant elle. Mais quand elle perd sa mère et avorte en cachette, tout change. Elle choisit alors de quitter la communauté noire et religieuse qui l'a vue grandir. Boursière dans une grande université, Nadia fréquente l'élite. Elle a laissé derrière elle Luke, son ancien amant aux rêves brisés, et Aubrey, sa meilleure amie.
Durant une décennie marquée des affres de la vie, les trajectoires des trois jeunes gens vont se croiser puis diverger, tendues à l'extrême par le poids du secret. Dans la lignée d'Elena Ferrante et de Chimamanda Ngozi Adichie, Brit Bennett donne voix à des héros en quête d'accomplissement et nous offre un roman lumineux, inoubliable.

Le Picabo River Book m'avait grandement donné envie de découvrir ce livre, alors quand par mégarde, je suis entrée dans une librairie, autant vous dire que je suis ressortie avec (et 4-5 autres bouquins, mais j'ai pas fait exprès, j'ai été victime d'une agression, et puis en plus, y avait au moins un cadeau de Noël dedans, alors ça compte pas, na !).

Comme je ne lis pas les 4ème de couv' (ou juste les deux premières phrases pour me faire un avis), je n'avais pas fait attention aux comparaisons foireuses avec Chimamanda Ngozi Adichie ou Elena Ferrante. Si vous voulez le lire du fait de ces comparaisons, franchement ne le faites pas. Le seul lien avec la première, c'est qu'on parle de personnes racisées, encore que ça n'a pas grande importance ici. Et avec la seconde, si on aime les trucs capillotractés, on peut se mettre d'accord sur le fait qu'effectivement, il y est question d'amitiés compliquées.

Mais ce n'est pas ce que j'ai aimé dans ce livre. Ce que j'ai aimé, c'est le style et la construction du récit. On  est immergé dans une communauté noire et religieuse, où les Mères (aka les mamies de la congrégation) vont nous présenter l'histoire à la manière d'un chœur dans les tragédies antiques. C'est un truc qui m'avait beaucoup plu dans Tant que nous sommes vivants, et ici, j'ai encore plus apprécié le procédé. Ce chœur se veut être celui de la Sagesse, de celles qui savent. Elles sont complètement dans le jugement des actions des trois jeunes gens que l'on va suivre, mais pas parce qu'elles sont "mieux", simplement parce qu'elles ont pu commettre des erreurs elles aussi. Alors, évidemment, le côté un peu moderne fait qu'elles se comportent un peu comme des commères cherchant à déterrer des secrets que Nadia aurait voulu garder pour elle.

On va découvrir avec Nadia, Luke et Aubrey ce qui se joue dans l'amour et l'amitié que chacun peut ressentir pour l'autre. Les liens que certains secrets créent pour toujours. Les espoirs, les rêves et les désillusions que vivent ces personnages que l'on suit de l'adolescence à l'âge adulte. Les murs qu'ils se prennent dans le nez. La douleur, la peine, les trahisons, mais aussi les joies que la vie leur apporte.
L'avortement que Nadia choisit de subir va peser sur tout le livre. Pas qu'elle le regrette, mais il va amener des conséquences et questionnements inattendus pour tous les personnages. 
Malheureusement, c'est une thématique qui a été un peu trop aseptisée par l'autrice à mon goût. J'aurais voulu des positions plus fermes, quelque chose d'un peu moins factuel. On sent qu'il y a du féminisme derrière tout ça, mais on sent aussi qu'il est assourdi et c'est un peu dommage.
Concernant les personnages, j'ai adoré Nadia. C'est autour d'elle que tournent beaucoup de choses, et je m'y suis pas mal identifiée grâce à ses réactions. Elle fait beaucoup d'erreurs, mais c'est ce qui la rend humaine et crédible. Aubrey, de son côté a ce truc hyper touchant, du fait de son passé, mais aussi de sa gentillesse continue et perpétuelle. Bon, je dois bien avouer que j'ai eu envie de la secouer un bon paquet de fois, aussi. Sa "mollesse" pouvait m'agacer, mais être capable d'autant de pardon, d'empathie et de bonté, ça force l'admiration. Quant à Luke, c'est le type qui n'a pas eu de chance et a le c*l entre deux chaises pour toujours. Sa carrière, ses aspirations vs la réalité, ses parents, leurs souhaits pour lui vs ce qu'il aimerait vraiment, et évidemment Nadia vs Aubrey. 

Bon, vous le savez si vous me lisez de temps en temps, je n'aime pas les triangles amoureux. On pourrait croire qu'on va tomber dedans, mais pas du tout. On va juste avoir des sentiments difficiles à décortiquer pour chacun des protagonistes, mais tellement réalistes et psychologiquement fins que ça n'est gênant à aucun moment.
Et j'ai adoré la toute fin, ce dernier chapitre que j'ai trouvé fantastique. J'ai beaucoup moins aimé ce qui le précédait, qui ressemblait à un épilogue un peu facile et dont je me serais bien passée.
Bref, j'ai passé un vrai bon moment de lecture même si j'aurais préféré que certaines thématiques soient un peu plus poussées. Ceci dit, comme il s'agit d'un premier roman, je pense que l'autrice va gagner en assurance et balancer sévère dans la suite de sa carrière.

Ma lecture en un GIF : 





- Le chœur antique
- Le style
- Les personnages


- Certaines thématiques un peu aseptisées
- Ce qui précède la toute fin

vendredi 21 décembre 2018

Je suis une fille de l'hiver


Je suis une fille de l'Hiver de Laurie Halse Anderson

GF : Anne Carrère, coll. La Belle Colère, 2016, 316 p.

poche : J'ai Lu, 2018, 320 p.

traduit par Marie de Prémonville

Contemporaine, Young Adult



Maintenant qu’elles ont 18 ans, elle se sont éloignées l’une de l’autre. Malgré ça, Cassie a appelé Lia 33 fois la nuit de sa mort. Celle-ci n’a jamais répondu. Lia se retrouve seule, hantée par le souvenir de son amie, ravagée par la culpabilité de n’avoir pas pu la sauver, obsédée par son besoin d’être mince, et son combat pour accepter son corps. Le tout se mèle dans un monologue intérieur presque poétique piégé dans une narration étonnamment vive et juste. Dans son roman le plus émouvant depuis Vous parler de ça, Laurie Halse Anderson explore le combat d’une jeune fille, son chemin douloureux vers la guérison, et ses tentatives désespérées pour se raccrocher à ce qui est le plus important : l’espoir. Ce qui nous intéresse finalement n’est pas ce qui se passe à la fin mais bien le voyage que nous entreprenons aux côtés de Lia dans sa lente agonie, sa douleur inexplicable et sa tentative de donner un sens à sa vie.

Une jolie claque que ce récit ! 
J'ai la chance de ne pas avoir de troubles alimentaires (j'ai tendance à manger quand je m'ennuie, mais c'est plus parce que j'aime manger plutôt que quelque chose de pulsionnel), mais c'est une thématique qui me rend très curieuse, dans le sens où j'ai envie de comprendre comment ça fonctionne.

Et c'est très bien fait ici !
On est dans la tête de Lia. Lia n'a pas de problème. Les autres pensent qu'elle en a un, cependant, alors, elle triche, elle ment, elle louvoie. 
Ce qui est fort, c'est qu'on comprend pourquoi elle ne se sent pas malade, on comprend son désir de "pureté / propreté". On comprend le pourquoi de son comportement et aussi pourquoi il lui paraît tout à fait normal, sans qu'elle soit dans le déni pour autant.
Et dans le même temps, on la voit dépérir, se fixer toujours plus d'objectifs mortifères. Et on flippe pour elle, parce que c'est l'escalade.

J'ai adoré le style de l'autrice et surtout sa façon de présenter des thématiques complexes. Si l'héroïne a un objectif complètement morbide, elle est consciente que les autres en voient le problème. À aucun moment il n'y a de glamourisation de son comportement (et ça aurait été facile de tendre vers ça, vu que le récit est de son point de vue). Les autres, justement, et particulièrement sa mère dans une scène mémorable, permettent de montrer la gravité de sa maladie. Pour autant, on ne tombe pas dans un truc moralisateur à outrance. L'autrice réussit rester en équilibre entre "voilà ce qui se passe dans la tête de mon héroïne" et "voilà pourquoi c'est dangereux" sans jamais tomber dans la lourdeur, la morale nulle ou l'idéalisation d'un comportement périlleux. 

Mais surtout, elle montre la difficulté de se sortir de ce trouble, elle montre que c'est une maladie à prendre au sérieux, pas une simple phase qui serait résolue "juste" si elle mangeait.
Alors évidemment, les thématiques de l'anorexie et de la boulimie sont au cœur du récit, et c'est principalement dessus qu'on va s'attarder. Mais c'est loin d'être tout.
On va suivre Lia et tout ce qu'elle traverse. Pour elle, la nourriture est une obsession, même s'il s'agit de ne pas en consommer, mais ce n'est pas tout. La mort de son ex meilleure amie dans des circonstances bien moches va notamment changer sa façon d'observer le monde autour. 

On va donc beaucoup parler d'amitié et de culpabilité, mais aussi de changement, de l'adolescence, de l'image de soi, de la famille et des liens qui vont se faire entre ces différents thèmes.
J'ai adoré découvrir cette autrice, j'ai adoré sa plume assez légère pour ne pas rendre l'ambiance trop pesante et morbide, mais intelligente. J'ai très envie de continuer à la suivre, d'autant que j'ai lu un autre de ses romans depuis et que mon avis sur sa plume est confirmé : je l'adore !

Ma lecture en un GIF : 




- Les thématiques abordées et la façon dont elles le sont
- La plume de l'autrice
- La façon dont en rentre en connexion avec Lia


- On n'en ressort pas indemne, donc à réserver aux moments où on est bien dans ses baskets

mardi 18 décembre 2018

À même la peau


Merci à Albin Michel et Babelio

À même la peau de Lisa Gardner

Albin Michel, 2019, 512 p.

traduit par Cécile Deniard

Thriller



Échappe-t-on à son destin quand on naît d’une famille marquée du sceau de la mort ?

Fille d’un tueur en série et sœur d’une meurtrière à 14 ans, Adeline est devenue médecin, comme son père adoptif. Sa spécialité : la douleur, qu’une anomalie génétique l’empêche pourtant de ressentir. C’est dans son cabinet qu’elle rencontre l’inspectrice DD Warren, blessée à l’épaule sur une scène de crime. Elle a été poussée dans l’escalier mais n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé.
Alors qu’elle se laisse doucement séduire par les méthodes de sa thérapeute, DD Warren découvre que les meurtres sur lesquels elle enquête, des jeunes femmes écorchées, ressemblent étrangement à ceux commis par le père d’Adeline il y a plus de vingt ans…

Je n'avais jamais lu de romans de l'autrice, et vu mon goût pour les thrillers, particulièrement en automne-hiver, j'ai sauté sur l'occasion de découvrir sa plume et ses intrigues.

Et si j'ai beaucoup aimé, je dois bien avouer qu'il y a 2-3 trucs qui me chiffonnent un peu à la réflexion.
Vierge de toute impression précédente, je n'ai pas grand-chose à dire sur l'évolution de l'enquêtrice D.D. Warren. Elle arrive salement amochée, puisqu'elle s'est fait blesser sur une scène de crime, lors d'une chute dans les escaliers dont elle ne garde aucun souvenir. Et rien que le nom de sa blessure est douloureux à dire, donc je ne vous dis même pas comment elle douille la D.D.. 

Bref, histoire de gérer sa douleur qui l'handicape sévèrement au quotidien, et tant qu'elle est suspendue du fait de sa blessure, elle doit rencontrer une spécialiste de la douleur, elle même affectée d'une particularité assez incongrue puisqu'elle ne ressent pas la douleur.
Bref, tout ça, c'était dans le résumé, mais parfois, reposer un peu le décor aide pas mal.
La plume est fluide et nous entraîne sur les pas de l'inspectrice. On dévore le truc. On ressent sa douleur. Son scepticisme face aux méthodes de sa thérapeute. Mais surtout sa frustration de ne rien pouvoir faire seule, de ne plus avoir le droit de travailler et de ne pas se souvenir de ce qu'il s'est passé la nuit de son accident alors qu'elle s'est sûrement trouvée face au tueur.

Alors, forcément, quand elle apprend que sa thérapeute est fille et soeur de meurtriers qui fonctionnaient de la même façon que celui sur lequel elle enquêtait, on imagine bien que ça ajoute à son envie d'élucider ce mystère.
Et ça fonctionne. On va parler des liens du sang, parfois que façon un poil littérale. De génétique : est-ce qu'on peut échapper à un passé si violent ? Est-ce que tout est écrit ? Est-ce qu'on est génétiquement programmé pour être un tueur ? 

Et le personnage de Shana, la soeur meurtrière incarcérée depuis 30 ans, alors qu'elle était âgée de seulement 14 ans, risque bien de vous intriguer encore plus.
Alors c'est très bien écrit, hein. Ca se dévore, et une fois qu'on est pris dans l'intrigue, il sera difficile de lâcher le bouquin qui a ce qu'il faut de glauque, de mystérieux et d'humain pour nous happer complètement.
N'empêche, une fois reposé, quelques trucs me chagrinent.
Déjà, dans le déroulement de l'enquête. Clairement, on va bien plus s'appesantir sur Adeline, Shana, leur passé, leur relation que sur la façon dont l'intrigue avance. Autant dire que la pauvre D.D. passe un peu à la trappe. Alors bon, comme en plus elle n'a pas le droit de bosser, il fallait bien trouver un subterfuge pour faire en sorte qu'on la voie un peu quand même. Ok, pas de problème, elle n'a qu'à se pointer sur toutes les scènes de crime, aux différents interrogatoires et à tout ce qui va concerner l'enquête au titre foireux de consultante. En toute honnêteté, je ne suis pas sûre que ça puisse se passer de cette façon dans les faits...

Quant à certains évènements, si sur le coup, j'étais complètement dedans, je dois bien avouer que ça semble hautement improbable. Sans spoiler, il y a à un moment de l'entourloupe de gens en uniforme qui passe un peu trop crème pour que ce soit crédible.
Et puis, je dois bien avouer que la fin ne m'a pas tout à fait convaincue. Le mobile est un peu foireux, le coupable un peu bidon, et la résolution un peu facile.

Bref, si j'ai adoré le style et le côté addictif, ainsi que les thématiques abordées, je suis plus sceptique sur l'intrigue à proprement parler... Alors, je relirai l'autrice, c'est certain, parce que je pense qu'elle en a sous la semelle, mais je ne suis pas certaine que ce soit le titre à vous conseiller absolument, à moins que vous ne fassiez d'ores et déjà partie de ses fans (auquel cas, vous n'aviez pas besoin de ma chronique de toute façon).

Ma lecture en un GIF : 



- Les thématiques abordées
- La relation entre les soeurs
- Le mystère autour de Shana et Adeline 
- Le style très addictif

- Une fin décevante
- Une intrigue parfois peu crédible

vendredi 14 décembre 2018

Comme un poisson dans l'arbre


Comme un poisson dans l'arbre de Lynda Mullaly Hunt

Castelmore, 2015, 307 p.

traduit par Paola Appelius

Jeunesse



Un poisson ne sait pas grimper aux arbres, mais ça ne veut pas dire qu'il est stupide pour autant.
Ally, 12ans, a un secret inavouable, elle ne sait pas lire. Elle est parvenue à bien le cacher à l'école, mais cela lui pèse de plus en plus. Elle en a assez qu'on la prenne pour une idiote.
Tout change le jour où un nouveau professeur arrive : il s'intéresse à tous les élèves et essaie de comprendre les difficultés de chacun. 
Saura-t-il trouver une solution au problème d'Allie ?

J'avais acheté ce bouquin lors d'une GrosseOP, je ne sais plus en quelle année. Autant vous dire qu'heureusement que c'était un livre numérique, sinon, il aurait bien pris la poussière. 
J'ai fini par le sortir, et j'ai bien fait !

Allie ne sait pas lire. Pas bien, en tout cas. La raison ? Selon elle, la bêtise. Elle ne mérite de savoir lire, de pouvoir apprendre comme les autres, encore moins d'avoir des amis ou simplement qu'on s'intéresse à elle. Heureusement, elle a son grand frère qui l'adore et réciproquement. Pas de chance, il a plus ou moins le même problème. Maudits par une méchante sorcière ? Non. La raison est bien plus simple. Allie est dyslexique et bénéficie de zéro pris en charge ou accompagnement adapté.

Petite parenthèse je-raconte-ma-life : je suis moi-même dyslexique. J'ai été diagnostiquée très tôt, à l'entrée en maternelle (sachant que je suis entrée à 2 ans et quelques mois), rapport que je dessinais mes bonhommes à l'envers (mais vraiment à l'envers, la bouche à la place des yeux, etc.). J'ai eu 2 ans d'orthophonie, et le problème était réglé, je savais même lire à 5 ans. Bon, faut pas venir regarder mes articles pré-correction quand je suis claquée par contre, hein. Tout ça pour dire que même si je n'étais peut-être pas "très" dyslexique, il est possible d'inverser vapeur, et d'avoir une scolarité épanouie, Et on n'est jamais trop jeune pour aller voir un ou une orthophoniste (voui, parce que je vois plein de gens persuadés que ça ne sert à rien avant le CP, et c'est concon, scusez-moi).

Pour en revenir à notre bouquin, c'est une lecture hyper touchante et réaliste (me semble-t-il) sur la façon dont les personnes dys non diagnostiquées vivent leur quotidien. On va ici se focaliser sur Allie. Pas sur son problème, mais sur elle, sa personne entière. On va apprendre à la connaître et voir à quel point cette gosse est créative, maline et adorable. On va pousser des petits "owwwwh" devant la relation touchante qu'elle a avec son frère, on va se prendre dans la face sa peur du rejet et des moqueries, sa difficulté à faire confiance, mais aussi ses talents, ses passions et surtout la jolie relation de confiance qu'elle va tisser pas à pas avec son nouveau prof. Et je tiens à vous le dire : qu'est-ce que j'ai pu aimer cet homme ! Si tous les profs étaient comme lui, personne ne détesterait l'école !

C'était beau de voir cette petite demoiselle s'ouvrir, partager et reprendre peu à peu confiance en elle. Et surtout, quand elle se rend compte qu'elle peut le faire aussi, qu'il faut "simplement" des outils différents, des méthodes adaptées, sa première pensée n'est pas de sauter de joie mais de partager cette possibilité avec son frère pour qu'il puisse lui aussi en bénéficier.
Bref, la thématique est hyper bien traitée, les personnages sont incroyablement attachants, c'est un récit plein de tendresse et d'émotions (même si je ne suis pas tout à fait objective) et en plus, la plume est agréable. C'est tout bon pour moi.

Alors après, ça reste un livre jeunesse, peut-être que certaines choses peuvent manquer un peu de profondeur si vous êtes habitués à de la littérature adulte, mais en tout cas pas en ce qui concerne la construction des personnages ou la thématique principale. Evidemment, c'est plein de bons sentiments, hein, mais ça fait du bien !

Ma lecture en un GIF : 




- La façon de traiter le thème principal
- La relation entre Allie et son frère
- Le prof 
- La tendresse

- Beaucoup de bons sentiments