lundi 14 janvier 2019

Dites aux loups que je suis chez moi


Dites aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt

Buchet/Chastel, 2015, 496 p.

traduit par Marie-Axelle de la Rochefoucauld

Contemporaine



Nous sommes au milieu des années 1980, aux États-Unis. June est une adolescente taciturne, écrasée par une sœur aînée histrionique et des parents aussi absents qu’ennuyeux. Depuis sa banlieue triste du New Jersey, elle rêve d’art et de son oncle Finn, un peintre new-yorkais reconnu. Mais Finn est très affaibli et meurt bientôt de cette maladie qu’on n’évoque qu’à demi-mot, le sida. Inconsolable, la jeune fille se lie d’amitié avec un homme étrange, Toby, qui se présente comme l’ami de Finn. Confrontée à l’incompréhension de son entourage, et à la réalité d’une maladie encore honteuse, June va brusquement basculer dans le monde des adultes et son hypocrisie.
Ma lecture date du mois d'août. Oui, je suis en retard, mais croyez-moi, il fallait bien ce temps de digestion pour ce livre. Vous savez, ce sentiment, quand un truc vous a bouleversé et que vous savez que vous n'arriverez pas à transmettre votre enthousiasme ? Ben voilà, c'est ça. 

Alors d'avance, pardon à l'autrice, à la traductrice, à la maison d'édition parce que cette chronique ne va clairement pas être à la hauteur. Je menacerais bien de mort tout un chacun pour qu'on lise ce livre, qu'on en parle, qu'on le partage, mais paraît que c'est illégal.

On est dans les années 80. Un artiste meurt des suites du SIDA, qui est encore le "cancer gay" à cette douce (non) époque. Sa nièce, une gosse un peu marginale, est dévastée. On va suivre son deuil, sa rencontre avec l'homme qui partageait la vie de son oncle, mais aussi ses relations avec sa mère et sa sœur, qui changent, mutent.
C'est touchant, émouvant, bouleversant. J'ai plus de synonymes. C'est un message d'amour et de tolérance. C'est beau, c'est triste, mais c'est vraiment beau.
J'ai eu les larmes aux yeux bien souvent.

Une amitié un peu interdite, l'adolescence, les liens familiaux, la mise en danger volontaire, les premiers émois... Tous ces thèmes sont aussi abordés, et quand on mélange tout ça, ça donne une jolie claque comme je les aime (en littérature, hein) grâce surtout à ces personnages loin d'être parfaits mais tellement humains et attachants. 
Parce que June, l'héroïne, est tellement touchante... En cherchant à remonter le temps pour redécouvrir son oncle disparu, elle va découvrir Finn, celui qui était caché, mais qu'elle connaissait un peu, sans le savoir. Ses joies, ses peurs, ses déceptions, sa peine, ses émois, tout se mêle harmonieusement et la rend bien réelle, comme une amie. 

Mais c'est aussi une histoire puissante, une histoire aux accents de vérité, qui balaie les vie des protagonistes. On va avoir l'art qui se pose au milieu, comme une catharsis et comme un bel hommage au disparu. On va parler d'intégration, de rejet, de peur, de marginalité.
Je voudrais en dire plus, mais c'est difficile sans dévoiler l'intrigue dont la beauté naît aussi de la surprise.

Je finirai sur un simple : lisez-le ! C'est triste, oui, mais c'est surtout un beau message d'amour et de tolérance. L'autrice n'a a priori rien publié depuis, mais il est clair que je suivrai sa carrière de près !

Ma lecture en un GIF : 




- Les thématiques
- Les personnages
- Les messages délivrés
- L'émotion qui se dégage du texte

- ben c'est triste un peu quand même

jeudi 10 janvier 2019

Proie Dunoir


Proie Dunoir de Gaëlle K. Kempeneers

Walrus, 2015, 364 p.

Fantastique, Bit-lit



My name is Dunoir. Proie Dunoir. Laissez tomber : private joke.

Qui je suis ? La nouvelle recrue du B.A.S., la banshee de service. On m’a engagée pour botter les culs des méchants qui hantent les rues de Rédemption. Sauf qu’entre les monstres mythiques, les divinités en goguette, les vampires crétins et les Puissances qui se bousculent au portillon, je ne sais plus où donner de la tête. Alors, quand en plus la Famille (la mienne, sinon ce ne serait pas drôle) s’en mêle, j’ai bien besoin de mes collègues Lucrèce et Leyhan pour y mettre un peu d’ordre. Sans oublier Jack, le loup. Mon âme-sœur, parait-il.

Je vous ai déjà parlé de mon âme ? Y a moyen d’écrire tout un roman sur le sujet. Ah ! Mais attendez... Bref, y a des jours comme ça où on se dit qu’on aurait mieux fait de se casser la jambe au saut du lit !

Les éditions Walrus ont fermé cet été et c'est bien dommage. Déjà, parce que d'une part, c'est toujours triste qu'une ME tire le rideau, mais aussi parce que je regrette de ne pas avoir pu découvrir davantage de leurs parutions. Et notamment, peut-être un jour, la suite de celle-ci.

Faut dire que c'est fun, drôle, qu'il y a de l'enquête et que ça a un petit goût de Buffy pas degueu. Et soyons honnêtes, des banshees, même dans la littérature de genre, on en rencontre assez peu. Alors des banshees comme Proie, autant dire qu'on n'en reverra pas de sitôt.

Il y a de l'humour et de la vanne à gogo, oui. Mais l'histoire n'est pas franchement hilarante en elle-même. Il faut dire que Proie va devoir affronter de sombres zones de son passé qui vont gentiment (non) se télescoper avec ses enquêtes à la BAS où elle est toute jeune recrue. D'ailleurs, elle va même apprendre des choses sur elle-même pas franchement cools.
Attachante, au look atypique mi-punk mi-goth (même si c'est parfois presque trop assumé au point que j'ai l'impression de revivre les années lycée), elle a un sens de l'humour (noir, très noir, évidemment) aiguisé, mais elle a aussi des défauts. Elle est têtue comme une bourrique, elle est plutôt solitaire, elle a parfois du caca dans les yeux, puis elle a un caractère à la noix, faut bien se le dire. Mais surtout, elle a énormément de mal à accorder sa confiance, au point qu'on a parfois envie de la secouer allègrement (même si ça s'explique pas mal par son passé). Et du coup, certains de ses atermoiements, notamment par rapport à son live interest, sont relous. Mais pas en mode "fermons ce livre", plutôt comme si c'était une pote à laquelle on voulait ouvrir les yeux même si elle nous horripile un peu de temps en temps.

Mon bémol majeur concernant ce livre, c'est qu'il a été conçu pour être diffusé en épisodes, et que ça se sent. La façon dont il est construit rend moins bien en lisant le tout d'une traite, le texte et les péripéties sont parfois trop hachées à mon goût. Du coup, j'ai eu un problème de rythme : certaines choses se résolvaient bien trop vite (pour répondre au calibrage de l'épisode) et c'était parfois frustrant.

Par contre, l'univers est extrêmement cool. Ces flics modernes spécialistes du surnaturel, on en avait peut-être déjà vu, mais ça avait une certaine fraîcheur. L'ambiance très sombre, le bestiaire paranormal, la mythologie qui prenait doucement forme, c'était ma foi très agréable. 
Du coup, je suis d'autant plus déçue de savoir que je n'aurai jamais de suite (à moins que l'autrice reprenne cette série et trouve un autre endroit où la faire publier) parce que le début était vraiment prometteur. Bon, puis aussi parce que je vous l'aurais bien recommandé pour passer un moment fun, plein d'action auprès de personnages intéressants, mais que je ne peux pas rapport qu'il vous est maintenant impossible de mettre la main dessus.

Ma lecture en un GIF : 



- L'humour
- Proie vaut le détour à elle tout seule
- L'ambiance et le fil rouge qui se dégage

- Le rythme et l'enchaînement des actions

mercredi 9 janvier 2019

La bibliohèque de Paupiette #4 - Les beaux livres


OK, cette catégorie d'articles est plutôt sensée vous donner des idées pour les petits. Mais la sélection du jour, je vous assure, elle concerne aussi les grands. Genre, un des bouquins, je l'avais dans ma bibliothèque avant de tomber enceinte, et j'en étais même fière. On va causer beaux livres (genre ceux qui ne sont pas en libre-service dans la bibliothèque de Paupiette, rapport que si elle les abîme, je peux les lui faire manger (foutu pour foutu) voire pire (lui faire recopier 100 fois ?) (je suis assez nulle en torture d'enfants) (ce qui est rassurant vu mon boulot, vous me direz) (mais en vrai, je suis plus imaginative dans le cadre professionnel)).

On commence par du classique, du très joli, très doux : L'Abécédaire à toucher de Balthazar de Marie-Hélène Place et Caroline Fontaine-Biquier, paru chez Hatier. 
Bon, pour ceux qui ne savent pas, Balthazar, c'est la mascotte de toutes les parutions estampillées pédagogie Montessori (qui consiste en très vulgarisé à laisser l'enfant essayer et faire des erreurs pour mieux apprendre, idéalement en "travaillant" en groupe ce qui permet aux gamins de se corriger entre eux) et ce qui fait que chaque truc coûte un rein et demi (alors que c'est davantage la façon d'apprendre que les outils qui sont importants, mais passons). 
Ma fille le kiffait chez la nounou (cœur sur elle, parce qu'elle est tellement géniale), elle l'a donc logiquement demandé au père Noël cette année, après validation de ma personne, parce qu'il est en effet très chouette. 
Chaque lettre est illustrée par un truc assez rigolo et choupi à la fois, et la lettre elle-même est en relief, en mode toile de jute. On voit de petites flèches judicieusement placées autour histoire de suivre les contours du bout du doigt, ce qui est supposé aider pour plus tard à l'apprentissage de l'écriture. On a l'image (avec des choses que les enfants sauront reconnaître) qui permet de lancer le son correspondant à la lettre, le toucher, bref, tout bon pour moi.
Dès un an et demi, les images peuvent plaire, et ma fille l'adore depuis ses deux ans. Elle en aura 3 en mai et elle connaît à peu près l'alphabet mais mieux, elle est capable de reconnaître presque toutes les lettres quand elle les voit écrites. Ce n'est pas grâce à ce livre, évidemment, mais son utilisation par la nounou de manière ludique a clairement éveillé son intérêt. 
Je vous laisse sur la page préférée de Paupiette. Et si vous vous demandez, oui, on est en plein dans l'exploration du corps en ce moment et le pipi-caca-prout (sa blague préférée du moment tant "Oh ! Ca sent la crotte de nez" (si toi aussi tu pensais que la crotte de nez n'avait pas d'odeur, je te fais un high five virtuel)).

On reste dans le mi-ludique mi-très beau mi-éducatif avec le très connu maintenant La couleur des émotions d'Anna Llenas.
Alors là, on est sur du bon gros livre à pop-ups, immersion maximale mais fragilité assez importante. Autant le premier est en libre accès pour Paupiette, autant elle doit me réclamer "le livre des monstres" (oui, elle est peut-être encore un peu petite pour comprendre le côté éducatif du bouquin pour le moment) pour pouvoir le regarder avec moi (ou son père, hein) (même si on s'est répartis les tâches de façon à ce que je gère les livres et histoires du soir et lui les machins qui font du bruit qui deviendront peut-être de la musique dans quelques années).
On rencontre un monstre tout barbouillé parce qu'il ne sait pas ce qu'il ressent. Heureusement, une petite fille très maline va l'aider à définir ses émotions. Et là, c'est la magie !
Ah, ben je vous avais prévenus ! La joie, la tristesse, la colère, la peur, la sérénité, les 5 émotions sont représentées par de très jolies illustrations, et dans mon édition, par des pop-ups de toute beauté !
Petit bémol ici, concernant l'âge : clairement, ce n'est pas adapté à des tout-petits. Pour la joie et la colère, pas de problème de compréhension pour Paupiette, mais les textes qui accompagnent sont un peu complexes encore, surtout pour la peur et la sérénité. 
Je pense que l'âge idéal pour vraiment se servir de ce livre comme d'un support éducatif, c'est entre 4 et 8 ans. Après, évidemment, tout dépend des gamins. En tout cas, l'idée de ranger ses émotions est géniale, et ça peut partir sur de l'art-thérapie à domicile très facilement si l'enfant concerné est porté sur la chose. Bon, ou sinon, on peut juste utiliser l'avant-dernière page et ses bocaux à émotions, ça marche aussi.

J'avais ce livre avant de tomber enceinte parce que je le trouve très intelligent et bien foutu, et même quand on est adulte, c'est bien de pouvoir se rappeler qu'on peut nommer ses émotions, les différencier et que ça aide à prendre du recul. J'dis ça, j'dis rien.

Et enfin, mon petit chouchou de tous les temps, que clairement j'ai fait offrir à ma fille pour moi mais que finalement, elle en est très contente aussi, et je lui lis on en est au chapitre 5 : Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry.
Bon, là, on va être honnête 2 minutes, Paupiette a interdiction totale de s'en approcher et je pense d'ailleurs que je vais le ranger dans ma bibliothèque perso. Alors vous allez me dire "non, mais t'exagères, c'est pas comme s'il risquait d'être en rupture de stock, tu le trouves en vide-grenier à 2€", mais primo, ma fille est un brin bourrine, et deuxio, c'est l'édition magnifique avec les pop-ups magiques que tu vis l'histoire tellement c'est beau. La lumière était bidon et je suis une bille en photo mais juste la page de garde :
Les oiseaux SORTENT du livre !!! Si on n'est pas au level 458628 de la poésie, je ne sais pas ce qu'il vous faut.
Bon, on est d'accord qu'il est inutile de vous convaincre de lire / posséder un exemplaire du Petit Prince, mais qu'est-ce que je suis contente de pouvoir faire découvrir cette vraie jolie histoire à Paupiette !
Pour le coup, c'est très clairement le plus fragile des 3 livres que je vous ai présentés. Le pop-ups sont beaucoup plus fins que sur le précédent, il y a des feuilles qui se déplient, le carton est fin... Mais ce sont les vraies illustrations, placées au bon moment du texte, c'est juste magique ! Et pour le coup, ça ne jure absolument pas dans une bibliothèque de grande personne respectable. En plus, c'est écrit petit, si c'est pas gage de sérieux, je sais pas ce qu'il vous faut.
Je ne vais pas m'étendre 3h, d'autant qu'il peut à tout moment péter comme classique du mois, vous êtes prévenus.

Ce que ces très jolis livres m'ont appris, c'est que je ne suis pas aussi insensible aux beaux livres que je le pensais. Et quand ils sont destinés à des enfants, je suis assez sûre de les feuilleter régulièrement. Et aussi que je me suis découvert une passion pour les livre pop-ups, je vais donc probablement chercher à en faire la collection sous couvert de faire plaisir à mon enfant, mouahahahahahahahahahah (ceci était un rire machiavélique).



lundi 7 janvier 2019

Les Outrepasseurs, tome 2 - La Reine des Neiges


Les Outrepasseurs, tome 2 - La Reine des Neiges de Cindy Van Wilder

Gulf Stream, 2014, 368 p.

Fantasy, Jeunesse



Les Outrepasseurs viennent enfin de capturer la dernière fée libre, Snezhkaïa la Reine des Neiges. Ils ignorent qu’ils viennent de déclencher une malédiction qui risque de les anéantir. Peter, qui supporte de moins en moins de se plier à la volonté de Noble, tente de retrouver le Chasseur pour mettre fin à cette lutte séculaire…

Attention, cette chronique risque de spoiler un tout petit peu le premier tome si vous ne l'avez pas encore lu !
D'ailleurs, ce premier tome, je l'avais lu fort longtemps avant ma lecture du second (qui date aussi d'il y a fort longtemps, rapport que ça fait un an mais que j'ai pas eu le temps de la chroniquer en hiver, alors oui, je l'ai gardée sous le coude pour cet hiver) (oui, j'ai des TOC concernant mes lectures et leurs chroniques, un truc qui s'appelle "Le Reine des Neiges" publié en avril, c'est pas possible psychologiquement pour moi).

Mais, contrairement à ce que j'appréhendais, je n'ai pas du tout été perdue en commençant le machin. Déjà, l'histoire et la mythologie m'étaient bien restés en mémoire (sauf les noms des persos, mais ça, c'est entre ma mémoire de poisson rouge et moi que ça se passe) mais aussi parce que le récit prend une toute autre direction que ce à quoi je m'attendais.

On a toujours Peter en personnage fil rouge. Il s'est passé quelque temps entre les deux tomes, et le jeune homme a été télescopé Outrepasseur, bim-bam-boum. Il découvre les privilèges de ceux de sa caste, mais aussi (et peut-être surtout) la soumission qu'ils impliquent face à leur big boss. Mais ce qui l'embête peut-être le plus, c'est l'oppression des fés. Et quand je dis que ça l'embête, c'est que ça l'obsède littéralement, au point qu'il va se mettre dans de sales draps pour découvrir tout ce qui lui est encore caché. Du coup, ben c'est un peu le rebelle du groupe. Et vas-y que je refuse de me transformer en renard parce qu'on n'est pas des bêtes, et vas-y que je fouille dans des archives secrètes, et tutti quanti.
Euh, on se calme !
Le récit est hyper bien mené, avec toujours ces bribes de mythologie qui intriguent le lecteur (et Peter). Et c'était un point qui me faisait peur. Parce que changer d'angle d'attaque comme l'autrice l'a fait entre le premier et le deuxième tome, c'était assez couillu

Et moi, j'avais peur de ne pas m'attacher aux nouveaux personnages, de ne me pas me retrouver dans les nouvelles intrigues. Je suis vieux jeu, que voulez-vous.
Mais non ! Déjà, parce que Peter est super attachant dans le genre casse-noix. Il va se débattre entre loyauté, culpabilité, sens du devoir, justice, morale. Parce que son but, s'il est persuadé qu'il est du côté du bien, il ne pourra pas l'atteindre sans sacrifices. Et croyez-moi que dans cet univers-là, avec Noble à la tête des Outrepasseurs, c'est pas sauter le goûter le sacrifice. Il est outré (Peter, pas Noble) par ce qu'il se passe, ce qu'on leur cache, ce qu'on exige d'eux (obéissance totale et aveugle) et des fés (asservissement complet), mais il est aussi plein d'interrogations face à ces créatures qui peuvent se montrer cruelles. Sauf si on lui a menti. Et même si c'est vrai, dans quelle mesure sont-elles pires que les Outrepasseurs eux-mêmes ?

Il y a là de jolies réflexions sur la justice, le Bien et le Mal, le sens moral qu'on se construit, mais aussi l'appât du gain et du pouvoir et la protection de ceux auxquels on tient...
En dehors de Peter, un personnage est hyper intéressant. Je ne peux pas spoiler, mais on retrouve quelqu'un du premier tome qui va être non seulement très important pour l'intrigue mais aussi très ingénieusement construit. Du fait même de la malédiction qui pèse sur les Outrepasseurs, victime et bourreau se retrouvent à armes égales, sans que l'un puisse prendre durablement le dessus. 
Mon bémol, ce sont les autres personnages. Noble est parfait en méchant très méchant, mais il y a encore trop peu de nuances apportées pour que je le trouve véritablement intéressant. Quant aux autres, ils sont encore trop peu approfondis à mon goût (même si avec une telle ribambelle de persos il est un peu difficile de faire autrement si on ne veut pas se retrouver avec un pavé de 800 pages sur les bras).
Suite à ce tome, on a vraiment envie de savoir la suite, d'autant qu'elle annonce quelque chose d'assez explosif ! Alors oui, ça fait un an, et je ne l'ai toujours pas lue, mais ce sera chose faite début 2019, c'est dans mes bonnes résolutions de l'année (les résolutions livresques étant les seules que je prends).

Ma lecture en un GIF : 

(pardon, j'étais obligée)




- Le personnage de Peter
- Le personnage du tome 1 qui revient
- Les dilemmes de Peter (et thématiques qui en découlent)
- La mythologie

- Personnages un peu lisses





De la même autrice :
 


dimanche 6 janvier 2019

Jouons à... 5-Minute Dungeon

Ca faisait fort fort longtemps (3 mois quoi) qu'on n'avait pas causé jeux de société ici. Alors, on se retrouve avec du party game comme on les aime, et qui se joue super vite (c'est écrit dans le titre : 5 minutes) avec un petit goût de reviens-y plutôt chouette.


Carte d'identité
(je triche, parce qu'on a l'extension Curses ! Foiled again! qui vient de sortir via KickStarter et qu'on ne peut pas se procurer autrement, pour le moment en tout cas. Comme on n'a pas encore joué avec l'extension, hormis le visuel de la boîte, c'est tout pareil)

5-Minute Dungeon de Connor Reid
illustré par Alex Diochon
édité par Wiggles 3D
2 à 5 joueurs (6 avec l'extension)
environ 20 minutes pour une partie, installation et rangement compris


Comment qu'on joue

Ben, c'est ni plus ni moins qu'un jeu où on lance des cartes à tout va, en mode Jungle Speed, en plus évolué, en coopératif et mâtiné d'une ambiance médiéval-fantastique qui rappellerait un peu Le Donjon de Naheulbeuk (les vrais savent).
C'est pas clair ? 
OK.
Bon, chaque joueur choisit un personnage, qui va avoir un pouvoir spécifique. Le but est, en coop' donc, de vaincre le boss du niveau. Avant d'arriver au boss, comme dans tout donjon qui se respecte, on va devoir affronter des personnages, des monstres et se débrouiller pour passer des obstacles. Pour ça, on a 5 minutes et un deck de cartes. On doit toujours avoir au moins 5 cartes en main (certains trucs permettent d'en piocher davantage).

Chaque boss est protégé par un nombre de carte plus ou moins important selon son niveau. Dès qu'une carte est résolue (soit parce qu'on a en main les symboles demandés, soit parce qu'on utilise notre pouvoir ou une carte sortilège spécifique), on passe à la suivante, jusqu'à avoir dézingué le boss.

L'idée, c'est de communiquer à mort, parce que toute carte jouée est perdue. Donc si vous balancez vos cartes et que vos copains font pareil, vous risquez bien de vous retrouver à sec à la fin de la partie. Le but, c'est aussi d'être rapide, parce qu'on a 5 minutes, chrono en main (et vrai chrono, parce qu'il y a une appli qui nous fait le décompte). En vrai, certaines cartes ou pouvoirs permettent de mettre le chrono en pause, mais la partie ne durera jamais une heure. 

Mon avis

Eh bien, je dois bien vous avouer que c'était très drôle et funky. Il y a un petit côté addictif qui fait qu'on a lancé 4 parties d'affilée sans voir le temps passé.
Et quand je dis que c'est drôle, ce n'est pas pour rien. L'appli qui sert de chrono, outre des graphismes assez plaisants, nous permet de choisir la voix qui nous donnera le compte à rebours. On peut choisir entre scottish, dramatic, epic, etc... C'est complètement surjoué, donc forcément, rien que ça, ça fait marrer.

Puis les jeux de rapidité, entre les erreurs de communication et les réflexes pas toujours au RDV, ça marche assez bien pour moi.
Ce qui est très cool aussi, c'est que comme c'est trèèèèèès simple en terme de règles, pas besoin de passer 3 jours à potasser les instructions, et surtout, c'est accessible pour tout le monde, même les gens qui n'ont pas l'habitude de jouer.
Bref, de jolis graphismes, un jeu rapide, facile, divertissant, marrant, accessible, il a tout bon.

Tout bon ? Presque. Comme je l'ai dit, l'extension n'existe pas dans le commerce (il y a largement de quoi faire sans, mais pouvoir jouer à 6, c'est chouette et peu de jeux le proposent). Mais surtout, il est introuvable en France, il faudra le commander outre-Atlantique. Ceci dit, le dollar est bas, alors pour 15 balles, franchement ça vaut le coup. Il faudra par contre parler un petit peu anglais, au moins pour comprendre les pouvoirs des personnages et ceux des cartes spécifiques.


Alors, tenté.e.s ?