lundi 28 janvier 2019

De Persépolis à Hibakusha - Point bulles #2


Petit tour de l'Histoire moderne, plutôt orienté Orient (un peu redondant cette expression)puisqu'on va passer de l'Iran tout-récent au Japon pas-si-vieux.


Persépolis (intégrale) de Marjane Satrapi

L'Association, hors collection, 2007, 365 p.

BD, biographie, historique


Toute petite, Marjane voulait être prophète. Elle se disait qu'elle pourrait ainsi soigner le mal de genoux de sa grand-mère. En 1979, l'année de ses dix ans et de la révolution iranienne, elle a un peu oublié Dieu. Elle s'est mise à manifester dans le jardin de ses parents en criant "à bas le roi !". Là, elle s'imaginait plutôt en Che Guevara. Il faut dire qu'à l'époque, son livre préféré s'appelait Le Matérialisme dialectique. Marjane trouvait d'ailleurs que Marx et Dieu se ressemblaient. Marx était juste un peu plus frisé, voilà tout. Après, la vie a continué, mais en beaucoup moins drôle. La révolution s'est un peu emballée. Et la guerre contre l'Irak est arrivée…
Dans Persepolis, Marjane Satrapi raconte son enfance sur fond d'histoire de son pays, l'Iran. C'est un récit drôle et triste à la fois, parfois cocasse, souvent touchant. Mais toujours passionnant. C'est aussi un petit événement : il s'agit de la toute première bande dessinée iranienne de l'Histoire…



Un "classique" de la BD que je n'avais jamais eu l'occasion de lire, autant dire que je l'ai emprunté sans avoir le moindre doute. 
Et j'ai adoré. Je n'ai jamais vu le long-métrage qui en est tiré non plus, mais j'aimerais encore plus le découvrir maintenant !
On rencontre Marjane, l'autrice. C'est une toute petite fille. Elle grandit. Et en grandissant, son pays sombre. Les droits de Marjane aussi. 
On a le regard d'une enfant sur l'évolution politique du pays, les conversations entre adultes surprises derrière une porte, pas toujours comprise, on a le recul de l'adulte qui réalise cette bande dessinée.
Et c'est passionnant, c'est touchant, c'est instructif. Ca parle d'Histoire, de politique, d'immigration, de féminisme, d'identité, de famille, d'amour. 
Mais ce qui fait que j'ai vraiment aimé, c'est qu'à travers la naïveté de l'enfant, de l'adolescente qu'elle devient, à travers le regard cynique mais bienveillant que l'autrice pose sur elle-même et sur son parcours, on retrouve beaucoup de tendresse mais aussi pas mal d'humour. Parce qu'il va lui en falloir de l'humour pour traverser ce qu'elle va traverser, pour affronter la vie et en tirer de jolis moments.
Bref, c'est un classique de la bande dessinée, oui, et je comprends très bien pourquoi !
Si je n'ai pas été spécialement sensible au dessin, il ne m'a pas gênée non plus, d'autant que le noir et blanc (duquel je ne suis pas fan en général) sert ici bien le propos, notamment lors des "retours au pays" de Marjane et du regard qu'elle pose sur les femmes iraniennes et leurs droits (un brin restreints, vous vous en doutez).



Hibakusha de Thilde Barboni et Olivier Cinna

Dupuis, Aire Libre, 2017, 58 p.

BD, historique


Ludwig Mueller est traducteur-interprète pour le parti hitlérien. Envoyé à Hiroshima afin de travailler sur des documents confidentiels, il ne parvient pas à échapper à ses tourments d'homme, de père désabusé et de mari volage, qui se gravent dans sa chair et lui causent d'intenses douleurs. C'est alors que sa rencontre avec une belle Japonaise va bouleverser toutes ses convictions, jusqu'au plus profond de son âme.

Me remettant doucement au 9ème art, je ne sais pas encore trop ce que j'aime. Par contre, je découvre vite ce que je n'aime pas.
Et ce que je n'aime pas, ce sont les BD trop courtes, visiblement (en one-shot, en tout cas). 58 pages pour parler d'un moment aussi dramatique de l'Histoire que celui de la seconde guerre mondiale et des bombardements de Nagasaki et Hiroshima, c'est court, bien trop court. 
Ce que me laisse cette bande dessinée, c'est un goût de trop peu, un manque d'approfondissement terrible pour moi qui aurais adoré si l'ouvrage avait fait le double du nombre de pages. 
Je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages, pas assez fouillés à mon goût, que je n'ai pas eu le temps d'apprendre à apprécier. Je les ai donc regardés vivre leur vie avec pas mal d'indifférence. Quant à l'intrigue, à l'Histoire, et surtout aux messages délivrés, j'ai un peu le même sentiment : tout va vite, trop vite, bien trop vite. Ca manque cruellement d'approfondissement et c'est donc une déception, malgré les planches magnifiques que l'on découvre, qu'elles soient pleines de poésie et de finesse ou au contraire d'horreur et de peur.
Vraiment dommage.

5 commentaires:

  1. Je n'ai vu que le film Persepolis et j'avais beaucoup aimé ! Je lirais sûrement la BD (ou le roman graphique ?) un de ces quatre ! Pour ce qui est d'Hibakusha, je suis d'accord, 58 pages ça a un gout de trop peu :/

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    1. La BD vaut le détour, faudrait que je mate le film pour me faire une idée complète, d'autant que l'autrice y a vraiment participé, donc il doit être chouette.
      Oui, 58 pages un one-shot, c'est trop court, surtout pour parler d'unsujet comme celui-ci.

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  2. Persépolis me fait bien envie mais Hibakusha un peu moins :/

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    1. Oui, je te comprends pour le coup. Fonce pour Persépolis en tout cas, c'est intelligent, instructif et plein d'émotion.

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  3. J'avais beaucoup aimé aussi Persépolis :D malgré ta déception pour Hibakusha cette BD attire ma curiosité, je me laisserai tenter si je la trouve en bibliothèque !

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