vendredi 4 janvier 2019

Le vieux qui voulait sauver le monde


Merci aux Presses de la Cité et à NetGalley

Le vieux qui voulait sauver le monde de Jonas Jonasson

Presses de la Cité, 2018, 495 p.

traduit par Laurence Mennerich

Contemporaine



Tout commence au large de Bali, avec une montgolfière et quatre bouteilles de champagne. Aux côtés de Julius, son partenaire dans le crime, Allan Karlsson s'apprête à fêter son cent unième anniversaire quand... patatras ! Le ballon s'échoue en pleine mer. Voici nos deux naufragés recueillis à bord d'un vraquier nord-coréen. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, il se trouve que l'embarcation, dépêchée par Kim Jong-un, transporte clandestinement de l'uranium enrichi. Ni une ni deux, Allan se fait passer pour un spécialiste de la recherche atomique, parvient à leurrer le dictateur et s'enfuit avec une mallette au contenu explosif... un néonazi suédois à ses trousses. De Manhattan à un campement kenyan en passant par la savane de Tanzanie et l'aéroport de Copenhague, Allan et son comparse se retrouvent au cœur d'une crise diplomatique complexe, croisant sur leur route Angela Merkel, Donald Trump ou la ministre suédoise des Affaires étrangères, se liant d'amitié avec un escroc indien au nom imprononçable, un guerrier massaï, une entrepreneuse médium engagée sur le marché du cercueil personnalisé et une espionne passionnée par la culture de l'asperge.

Allan Karlsson est de retour, et il a encore quelques tours dans sa manche !
Dans Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, on était revenu sur sa vie depuis sa verte jeunesse en alternance avec ses aventures présentes. Ici, pas de flashback intempestifs. Par contre, on comprend bien pourquoi il n'avait pas voulu fêter son anniversaire dans l'opus précédent, vu le fiasco qui se prépare pour sa 101ème bougie.

On retrouve l'humour corrosif de l'auteur, mais j'ai quand même été un peu moins charmée que lors de ma première rencontre avec le centenaire. Déjà, il faut bien avouer, au lieu de raconter 100 ans d'aventures rocambolesques, on s'attarde sur quelques semaines. Même s'il lui arrive pas mal de choses aussi improbables que loufoques, forcément, ce n'est pas la même densité. Puis, l'effet de surprise étant passé, ça perd aussi forcément un peu de son charme, rapport qu'on sait à quoi s'attendre et on n'en espère pas moins.
Mais surtout, les rencontres et les évènements étant contemporains et donc hautement lié à notre monde actuel, on a moins de recul, et ça a aussi un petit côté un peu glaçant sous couvert d'humour. Je pense que c'est complètement assumé, mais... ben ça pique un peu.

Allan va dresser le portrait au vitriol de Trump et Kim Jong-Un notamment, et c'est flippant. Des gosses qui jouent à  qui-qu'aura-la-plus-grosse, des mecs à dont la folie n'est surpassée que par leur ego déjà pas mal surdimensionné. 
Oui, ça laisse un goût un peu amer, principalement parce qu'on n'est même pas sûr que le trait soit si grossi que ça. J'ai par contre pas mal apprécié les interludes poutinesques qui rendraient le type presque sympathique en comparaison.
Oui, moi aussi, j'ai du mal à croire à ce que je viens d'écrire !
Bref, Jonas Jonasson balance, et il balance sévère. Mais pas que concernant la politique, non non non.
Complots, corruption, menaces, appât du gain, influence des médias et des réseaux sociaux, voire même addiction aux écrans (Allan ayant découvert les joies de l'Internet sur tablette, ce qui va donner quelques scènes marrantes et rapidement agacer son entourage), il ratisse large et tout le monde en prend un peu pour son grade.
Malgré cela, il arrive à garder une intrigue aussi cohérente que possible. Et si on a lu le premier opus, on ne sera pas tellement surpris du dénouement du truc.
Par contre, j'ai trouvé cette fois-ci que les personnages manquaient un peu de charisme. Allan est finalement presque transparent par moments et bien moins funky. Julius que l'on retrouve est lui aussi un peu dilué par rapport à ce qu'on savait de lui et je n'ai pas du tout apprécié Sabine, que nos deux protagonistes vont rencontrer.
Ceci dit, je peux nuancer un peu mon propos : Margot Wellström est assez succulente (et contrairement à pas mal d'autres des personnages, elle redonne un peu foi en l'humanité) et l'incarnation que fait l'auteur d'Angela Merkel est plutôt jouissive elle aussi.
Ca non plus, j'aurais pas cru le dire un jour
Au final, c'est drôle, c'est vitriolé, c'est volontairement improbable et si c'est quand même un cran en-dessous du premier tome, c'est quand même une lecture qui devrait vous faire passer un bon moment, ne pas vous donner peur de vieillir et vous faire réfléchir au monde qui vous entoure.


Ma lecture en un GIF : 



- L'humour
- Les thématiques
- Le côté loufoque / improbable / WTF
- Certaines caricatures plus vraies que nature

- Des personnages moins charismatiques
- Peut mettre mal à l'aise de temps à autre



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2 commentaires:

  1. Je te rejoins complètement! Et moi aussi j'hallucine de penser que les passages avec Poutine allégeaient un peu l'ambiance... Fou!

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    1. Franchement, c'est le seul qui ait l'air sain d'esprit ahah

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