jeudi 10 janvier 2019

Proie Dunoir


Proie Dunoir de Gaëlle K. Kempeneers

Walrus, 2015, 364 p.

Fantastique, Bit-lit



My name is Dunoir. Proie Dunoir. Laissez tomber : private joke.

Qui je suis ? La nouvelle recrue du B.A.S., la banshee de service. On m’a engagée pour botter les culs des méchants qui hantent les rues de Rédemption. Sauf qu’entre les monstres mythiques, les divinités en goguette, les vampires crétins et les Puissances qui se bousculent au portillon, je ne sais plus où donner de la tête. Alors, quand en plus la Famille (la mienne, sinon ce ne serait pas drôle) s’en mêle, j’ai bien besoin de mes collègues Lucrèce et Leyhan pour y mettre un peu d’ordre. Sans oublier Jack, le loup. Mon âme-sœur, parait-il.

Je vous ai déjà parlé de mon âme ? Y a moyen d’écrire tout un roman sur le sujet. Ah ! Mais attendez... Bref, y a des jours comme ça où on se dit qu’on aurait mieux fait de se casser la jambe au saut du lit !

Les éditions Walrus ont fermé cet été et c'est bien dommage. Déjà, parce que d'une part, c'est toujours triste qu'une ME tire le rideau, mais aussi parce que je regrette de ne pas avoir pu découvrir davantage de leurs parutions. Et notamment, peut-être un jour, la suite de celle-ci.

Faut dire que c'est fun, drôle, qu'il y a de l'enquête et que ça a un petit goût de Buffy pas degueu. Et soyons honnêtes, des banshees, même dans la littérature de genre, on en rencontre assez peu. Alors des banshees comme Proie, autant dire qu'on n'en reverra pas de sitôt.

Il y a de l'humour et de la vanne à gogo, oui. Mais l'histoire n'est pas franchement hilarante en elle-même. Il faut dire que Proie va devoir affronter de sombres zones de son passé qui vont gentiment (non) se télescoper avec ses enquêtes à la BAS où elle est toute jeune recrue. D'ailleurs, elle va même apprendre des choses sur elle-même pas franchement cools.
Attachante, au look atypique mi-punk mi-goth (même si c'est parfois presque trop assumé au point que j'ai l'impression de revivre les années lycée), elle a un sens de l'humour (noir, très noir, évidemment) aiguisé, mais elle a aussi des défauts. Elle est têtue comme une bourrique, elle est plutôt solitaire, elle a parfois du caca dans les yeux, puis elle a un caractère à la noix, faut bien se le dire. Mais surtout, elle a énormément de mal à accorder sa confiance, au point qu'on a parfois envie de la secouer allègrement (même si ça s'explique pas mal par son passé). Et du coup, certains de ses atermoiements, notamment par rapport à son live interest, sont relous. Mais pas en mode "fermons ce livre", plutôt comme si c'était une pote à laquelle on voulait ouvrir les yeux même si elle nous horripile un peu de temps en temps.

Mon bémol majeur concernant ce livre, c'est qu'il a été conçu pour être diffusé en épisodes, et que ça se sent. La façon dont il est construit rend moins bien en lisant le tout d'une traite, le texte et les péripéties sont parfois trop hachées à mon goût. Du coup, j'ai eu un problème de rythme : certaines choses se résolvaient bien trop vite (pour répondre au calibrage de l'épisode) et c'était parfois frustrant.

Par contre, l'univers est extrêmement cool. Ces flics modernes spécialistes du surnaturel, on en avait peut-être déjà vu, mais ça avait une certaine fraîcheur. L'ambiance très sombre, le bestiaire paranormal, la mythologie qui prenait doucement forme, c'était ma foi très agréable. 
Du coup, je suis d'autant plus déçue de savoir que je n'aurai jamais de suite (à moins que l'autrice reprenne cette série et trouve un autre endroit où la faire publier) parce que le début était vraiment prometteur. Bon, puis aussi parce que je vous l'aurais bien recommandé pour passer un moment fun, plein d'action auprès de personnages intéressants, mais que je ne peux pas rapport qu'il vous est maintenant impossible de mettre la main dessus.

Ma lecture en un GIF : 



- L'humour
- Proie vaut le détour à elle tout seule
- L'ambiance et le fil rouge qui se dégage

- Le rythme et l'enchaînement des actions

2 commentaires:

  1. Aarf c'est dommaage en effet :/
    J'avais tenté des petites incursions dans ce genre avec Charley Davidson et Elvira Time, mais j'ai un souci, j'ai toujours l'impression que l'humour est forcé, que la vanne est faite pour qu'il y ait de la vanne et ça m'alourdit ma lecture de ouf. Du coup j'ose plus lire ce genre maintenant T_T
    Du coup c'est encore plus con, parce que je me fie à ton jugement (tu l'as sent la pression ?^^), et j'aurais bien aimé découvrir ce roman, histoire de me réconcilier avec tout ça.
    Voilà voilà, tout ça pour ça.

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  2. Je comprends ce que tu veux dire... En bit-lit, du coup, je te conseillerais plutôt Rebecca Kean, ou Meg Corbyn, qui sont moins axés vanne à gogo.
    Vu que pour celui-ci c'est mort, de toute façon, ahah ah.

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