jeudi 16 mai 2019

Le mari de mon frère - Point Bulles #3

Cette fois-ci, pas de chroniques multiples, mais celle d'une série qui m'aura fait renouer avec le manga, et que j'ai vraiment apprécié ! Direction le Japon tout ce qu'il y a de plus contemporain,et son rapport à l'homosexualité !


Le mari de mon frère de Gengoroh Tagame

Akata, entre 2015 et 2017

4 tomes

manga, seinen, contemporaine


Yaichi élève seul sa fille. Mais un jour, son quotidien va être perturbé… Perturbé par l'arrivée de Mike Flanagan dans sa vie. Ce Canadien n'est autre que le mari de son frère jumeau… Suite au décès de ce dernier, Mike est venu au Japon, pour réaliser un voyage identitaire dans la patrie de l'homme qu'il aimait. Yaichi n'a pas alors d'autre choix que d'accueillir chez lui ce beau-frère homosexuel, vis-à-vis de qui il ne sait pas comment il doit se comporter. Mais ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Peut-être que Kana, avec son regard de petite fille, saura lui donner les bonnes réponses…



Il n'y a les photos que des 2 premiers tomes, mais c'est bien une chronique générale de l'intégralité de la série que je vous propose aujourd'hui. Oui, parce que je suis un peu quiche par moments et je n'ai pas pensé à photographier les 2 suivants.
Il s'agit d'une série de mangas doudou, que j'ai beaucoup apprécié. Je n'en avais plus lu depuis la fac, autant vous dire que ça commence à remonter (et à l'époque, j'étais plutôt shônen).
Le plus intéressant pour moi dans cette série est clairement le personnage de Yaishi (surtout son évolution dans sa façon de penser). 
Le Japon étant assez conservateur concernant les sujets de société, l'homosexualité y est visiblement assez taboue. Alors, Yaishi ne se considère pas comme homophobe, hein, d'ailleurs, il ne l'est pas foncièrement. Mais l'arrivée de son beau-frère Mike, qu'il n'avait jamais rencontré auparavant, va le faire évoluer et reconsidérer la question. Il va notamment réfléchir sur la relation qu'il avait avec son frère et sa réaction lorsque celui-ci lui avait avoué son homosexualité. 
Dans un premier temps, il ne va donc pas être très chaud pour accueillir Mike et apprendre à le connaître. Il va craindre la relation entre ce dernier et Kana, sa fille (parce que bon, est-ce qu'être homosexuel, ce n'est pas être un peu pervers ? Alors, dans ce cas, est-ce que Kana n'est pas un peu en danger auprès de Mike ?). Il va aussi avoir peur de l'attitude potentielle de Mike envers lui (il ressemble à son frère, puisqu'ils sont jumeaux, et est-ce que les gays ne sont pas constamment en demande sexuelle ?), et une fois ces stades passés, il va craindre le regard des autres et son impact sur lui, qui héberge un homme gay.
Mon petit problème avec cette série, c'est principalement la temporalité. Il n'est sensé s'écouler que 3 semaines. Certes, on peut évoluer vite par rapport à ce genre de point de vue (même si certains mauvais réflexes restent tenaces) mais du coup, les relations fortes qui vont se créer entre les personnages me semblent un peu moins crédibles, aussi adorables qu'ils puissent être (bon, c'est pas pire que les romances avec coup de foudre / mariage / bébé en moins de 48h, vous m'direz).
Mike est clairement mon personnage chouchou. Tant de bonté, de curiosité et de bienveillance dans un seul homme, c'est beau. On est loin du cliché gay - drama queen. C'est un nounours adorable, qui souffre atrocement du deuil qu'il traverse mais qui va quand même réussir non seulement à passer de bons moments au cours de son pèlerinage au Japon mais aussi apprendre à devenir un oncle pour Kana et créer une très jolie relation avec cette petite fille. 
Mais ce qui force le plus le respect par rapport à ce personnage c'est clairement sa pédagogie face à ce beau-frère un peu réac', homophobe sans s'en rendre compte. Sans jamais montrer la moindre agressivité, sans jamais se moquer, sans non plus se lancer dans des explications non sollicitées, il va induire un changement chez Yaishi. Juste en apprenant à le connaître et en répondant aux quelques questions que celui-ci lui posera. 
Quant à Kana, c'est un rayon de soleil, de tendresse et de douceur, mais surtout d'espoir. 
Elle est vive, curieuse, intelligente et sacrément mûre (OK, je pense même que certains trucs étaient un peu en décalage avec l'âge qu'elle est supposée avoir). Sa présence dans la série, et celles de ses potos-nabots, permettent de montrer que la connerie n'est pas innée. Même si leur culture est différente de celle de Mike, ils sont tous bien plus ouverts (et directs !) que bien des adultes. D'ailleurs, Mike reçoit de leur part autant de questions concernant son identité sexuelle que culturelle (au grand dam de Yaishi).
Les points "apprentissage" de Mike qui ponctuent les chapitres sont bien fichus aussi. Je n'y ai rien appris pour ma part parce que je suis un peu renseignée sur le sujet, mais ils demeurent utiles à ceux qui en savent moins, qu'il s'agisse d'ados ou du public japonais de manière générale qui est visiblement très peu éduquée sur ce point.
Donc oui, je crois vraiment que cette petite série mérite la bonne publicité qu'elle a reçue. C'est touchant, tendre, éducatif. 
Et pour ma part, j'ai découvert quelques trucs sur le Japon, que je n'imaginais clairement pas aussi "arriéré" sur le sujet (parce que niveau sexualité, c'est quand même eux qui fantasment sur les tentacules à la Cthulhu hein...).


lundi 13 mai 2019

Tag de A à Z

L'autre jour (y a 3 semaines, ne cherchez pas une quelconque notion du temps cohérente chez moi), je me balladais chez Plouf et même qu'elle avait fait ce tag et que je me suis dit que j'en avais pas fait depuis mille ans (j'exagère à peine, je viens de vérifier et c'était décembre... 2017.) et que ce serait cool. Donc ben voilà. (vous pouvez me remercier pour cette intro fantastique, je suis sûre qu'elle a illuminé votre journée)

A pour Auteur – Auteur dont tu as lu le plus de livres.
Alors, j'ai vraiment vraiment la flemme de compter pour de vrai. Mais à vue de nez, je dirais Robin Hobb / Megan Lindholm. Parce que L'assassin Royal, cycle 1 - Les Aventuriers de la Mer - L'assassin Royal cycle 2, déjà on est sur du 22 livres. Et il me semble que j'avais attaqué une autre série.
J'avais prévenu. Alors ça fait peur comme ça, mais allez-y c'est de la bonne !

B pour « Best » – La meilleure « suite » de série.
Ben, j'ai vraiment du mal à trouver des suites de série vraiment cools. Par exemple, pour les trilogies, je trouve presque toujours le tome 2 carrément en-dessous (fréquemment, j'abandonne la série ensuite, d'ailleurs). Mais il y a bien entendu des exceptions. Et par exemple, j'ai carrément préféré la suite de L'Epouvanteur au premier tome.

C pour « Current » – Lecture en cours.
Alors, j'en ai plusieurs, parce que j'en ai toujours plusieurs (quasiment tout le temps au moins 3). Donc, ben Victor Hugo me fait pleurnicher avec Les Misérables dans la voiture, je finis La fille du capitaine Fracasse de Caroline Pochon sur liseuse et j'attaque Hante Voltige de Nelly Chadour en version papier.
Si toi aussi, tu trouves que j'ai un vrai talent de mise en scène, tape 1
D pour « Drink » – La boisson qui accompagne tes lectures.
Au bout de 30 années d'existence, j'ai fini par admettre que ma maladresse était digne d'un bouquin de Terry Pratchett (j'avais juste envie de le caser quelque part dans ce tag), donc j'évite de me sustenter en lisant. Mais il m'arrive d'avoir un thé / de la flotte / une bière (pas en même temps) (pas classé par ordre de préférence non plus) pas loin. Sauf que je pose le bouquin avant de boire. Voui. (alors que bizarrement, j'ai jamais eu d'accidents de livre arrosé dans le bain) (j'ai la maladresse sélective, que voulez-vous).

E pour « E-book » – E-books ou romans papier ?
J'ai un gros faible pour le papier. Déjà, parce que j'aime me rendre compte de ce que j'ai (et savoir quand faire du tri s'impose) (j'ai dit que je le savais, pas que je le faisais, nuance !), et qu'on se rend davantage compte de notre progression ou pas (moins de scrupules à abandonner si je me rends compte que je n'avance pas au bout de 15 jours). Puis c'est joli, ça me permet de trouver de l'occase, de blaguer avec des libraires.
Mais y a pas à tortiller, la liseuse, c'est pratique. En vacances, en transport, au boulot, quand ton chéri ronfle dort...

F pour « Fictif » – Un personnage fictif avec lequel tu serais sortie au lycée.
Ben Plouf elle m'a mis ses réponses dans la tête, alors maintenant, ben, je ne vois plus qu'eux : Will d'À la croisée des mondes et Dave-la-Marrade du Journal intime de Georgia Nicolson. On va devoir se battre à mort, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise.
Mais pour changer un peu, j'avais adoré Aslan dans De l'autre côté du mur d'Agnès Marot (qui est un très chouette bouquin au passage).

G pour « Glad » – Un roman auquel tu es contente d’avoir donné une chance.
Sans aucune hésitation, Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes. Je me suis un peu forcée, parce que la couverture ne me plaisait pas, que j'avais peur du côté SF et qu'il ait mal vieilli. Mais WOUAHOU. J'en ai encore le cœur qui palpite et pour le coup, c'est l'un des rares livres que j'ai envie d'offrir à la terre entière. 
Et il m'a fait pleurer. Alors que je conduisais, ce qui est un poil dangereux quand on y réfléchit 2 mn.
Coup de cœur intersidéral !!!!
H pour « Hidden » – Un roman que tu considères comme un joyau caché.
Je vais prendre ça dans le sens "qu'on ne voit pas sur les réseaux consacrés aux livres", hein. Et je réponds sans hésitation aucune Myriam Black de Chuck Wendig. Un univers sombre, une héroïne bien construite, battante, badass mais avec ses failles, de l'humour, de la noirceur... Malheureusement, seul le premier tome a été publié en VF. Mais j'ai tellement aimé que je ça m'aurait motivé à découvrir la suite en VO (sauf que j'ai peur d'être paumé par le style et le vocabulaire parfois un brin argotique).
(puis cette couverture quoi...)

I pour « Important » – Un moment important dans ta vie de lectrice.
Mmmmmh, ça mérite réflexion, mais peut-être le premier livre catégorisé "adulte" que j'ai lu. Pendant les grandes vacances entre le CM1 et le CM2 me semble-t-il, c'était Christian Jacq et le tome La pyramide assassinée. J'ai adoré. Bon, c'était peut-être pas tout à fait adapté quand même rapport aux scènes vaguement sensuelles dans mon souvenir.

J pour « Juste » – Le roman que tu viens juste de finir.
Dans le cadre du mois de la fantasy, j'ai enfin sorti (malgré mon appréhension) la nouvelle trilogie de Philip Pullman La trilogie de la Poussière, tome 1 - La Belle Sauvage. Et j'ai adoré. J'étais mi-nostalgique mi-hyper heureuse de retrouver cette univers et certains personnages. Je ne suis pas du tout objective, mais j'attends impatiemment la "suite" (qui se déroule bien après en fait). Parce que j'ai adoré. Au cas où vous n'auriez pas compris.

K pour « Kind » – Le genre de romans que tu ne liras jamais.
Je n'aime pas ce qui est romances. Et alors pour la new romance, dark, et tous les dérivés devenus "à la mode" récemment, j'ai un élan de répulsion rien qu'à lire les titres (et je parle mêmepas de lire les couvertures). Bon, faut jamais dire jamais, mais autant je cherche encore la romance qui me fera changer d'avis, autant les sous-genres ben... ça me fait vraiment pas envie DU TOUT.
Je suis un peu dans le même délire pour les livres de développement personnel. Je ne suis simplement pas le public cible, mais peut-être que j'évoluerai là-dessus.

L pour « Long » – Le roman le plus long que tu aies jamais lu.
Pour le moment, c'est encore George RR Martin qui est au top du podium avec la troisième intégrale du Trône de Fer, mais il va bientôt se faire coiffer au poteau par l'ami Hugo (Victor de son p'tit nom) et ses Misérables. Parce que 1648 p., c'est un sacré beau bébé ! Bon, j'admets par contre que je fais des pauses entre les parties pendant ma lecture, rapport que je vais finir par tourner au Prozac sinon. 

M pour « Major » – Le roman qui t’a causé le plus gros « book hangover » (« trop plein » livresque – tu ne pouvais plus rien lire.
Comme j'ai toujours plusieurs lectures en cours, je coupe rarement complètement. Mais je dois avouer qu'après la lecture d'Inséparables de Sarah Crossan, j'étais contente d'avoir quelques heures avant de pouvoir lire à nouveau parce que j'avais besoin d'un petit temps de "digestion" du machin. Et de sécher mes larmes.

N pour « Nombre » – Le nombre de bibliothèques (meubles) que tu possèdes.
Officiellement, 2. Dont une Kallax 5x5. Dans laquelle j'ai créé des sous-rayonnages. Ahem. Faudrait que je vous montre un de ces quatre. Sinon, ma liseuse est bien remplie et me permet très concrètement d'éviter un déménagement pour avoir un endroit où mettre une nouvelle bibliothèque. Et j'ai aussi "un peu" tendance à m'étendre. 4-5 bouquins sur la table de chevet, c'est le minimum vital, et aussi un ou deux sur la table basse, voire même dans la cuisine. 
Oui, j'ai peur de manquer, c'est tout, je vois pas où est le problème !

O pour « One » – Un roman que tu as lu plusieurs fois.
Il y en a un paquet, je dois bien avouer. Mais celui qui remporte la palme, c'est sûrement Le vieux qui lisait des romans d'amour de Luis Sepulduva, dont je connais quelques passages par coeur à force.

P pour « Préféré » – Ton endroit préféré pour lire.
Mon lit, mais c'et de toute façon mon endroit préféré tout court. Bon, et le transat dans le jardin est pas mal non plus, je dois bien avouer. J'vous raconte pas comme je suis ra-vie quand Paupiette veut aller jouer dehors. 

Q pour « Quote » – Une citation, d’un livre que tu as lu, qui t’inspires ou qui te fait ressentir plein d’émotions.
Vivre les malheurs d'avance, c'est les subir deux fois. Le moment présent était un moment de joie, il ne fallait pas l'empoisonner. Dans La nuit des temps de René Barjavel.

R pour « Regret » – Un regret de lecteur.
Hormis le fait de ne pas avoir assez de temps, je pense que je regrette de n'avoir pas découvert certain-e-s romans / séries avant. Par exemple, j'ai découvert Pierre Bottero bien trop tard (c'est-à-dire tout récemment) alors que j'aurais très certainement été fan ultime si je l'avais lu adolescente. 

S pour « Série » – Une série que tu as commencée mais jamais finie (et dont tous les livres sont sortis).
On va partir sur les séries que j'ai l'intention de continuer, hein. Parce qu'il y en a un paquet que j'abandonne sans aucun scrupules quand ça devient trop n'importe quoi. Je dirais donc Red Rising de Pierce Brown. J'avais eu un coup de coeur pour le premier tome, j'ai adoré le 2 même s'il avait un coup de moins, le 3 est dans ma bibliothèque, je n'ai donc aucune excuse pour ne pas finir cette trilogie (et j'ai décidé de faire abstraction de la suite-suite) (n'insistez pas, ça n'existe pas à mes yeux).

T pour « Trois » – Trois de tes livres préférés de tous les temps.
C'est compliqué, parce que j'en ai déjà cité quelques-uns et c'est pas marrant si je les remets là.
(pause jeu, devinez lesquels c'était)
L'avantage, c'est que je peux en donner d'autres, du coup. Donc Belle du Seigneur d'Albert Cohen, en top position. Dites aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt m'avait bouleversée ! Et plus récemment, My Absolute Darling de Gabriel Tallent.
  

U pour « Unapologetic » – Quelque chose pour lequel tu n’éprouves absolument aucun remord d’être fan(girl).
Ben y a pas de raisons de pas assumer quelque chose qu'on aime, parce que si on l'aime, c'est qu'on le trouve cool. Ou alors c'est qu'on a conscience que c'est problématique. 
C'est pas mon cas, a priori. Rapport que À la croisée des mondes est sans aucun doute la série jeunesse la plus aboutie, la plus multi-générationnelle et avec les héros et l'univers les plus travaillés (voui, ça surpasse HP, #sorrynotsorry). Et parce que Lyra est fantastique grâce aussi à ses défauts, et que Will est parfait.

V pour « Very » – Un roman dont tu attends la sortie avec grande impatience, plus que celle des autres.
Mon coeur balance entre le tome 4 de La Passe-Miroir de Christelle Dabos (qui n'a pas de date précise annoncée à ma connaissance) et le tome 2 de La trilogie de La Poussière de Philip Pullman (annoncé pour octobre en VO).

W pour « Worst » – Ta pire habitude livresque.
Bon, on a déjà parlé de ma tendance à l'étalement. Mais je n'aurais pas ce problème si je n'achetais / empruntais / me faisait offrir bien plus de livres que ma capacité réelle à les lire. 

X pour « X » – Commence à compter en haut à gauche de ton étagère (la plus proche) et prends le 10ème livre.
À un près, on tombait sur À la croisée des mondes, c'est ballot ! Mais c'est donc le tome 3 de La Passe-Miroir de Christelle Dabos. (c'est peut-être mon étagère préférée de la bibliothèque)

Y pour « Your » – Ton dernier livre acheté.
Je me suis rendue compte que j'avais dans ma PAL Dragon rouge de Thomas Harris (le premier tome de la saga Hannibel Lecter). Et j'ai trouvé sur Vinted le tome 2 dans la même édition. Du coup, Le silence des agneaux est mien. Ai-je l'intention de les lire dans un futur proche ? Nope.

Z pour « ZzZ » – Le livre qui ta volé ton ZzZ (le dernier livre qui t’a tenue éveillée bien trop tard la nuit).
Ceci ne m'arrive plus. J'ai même tendance à somnoler dessus #LesJoiesDeLaMaternité. Du coup, ben non. Rien ne me vole mon sommeil. C'est mon enfant qui le fait (ou qui m'exténue la journée, plutôt).


samedi 11 mai 2019

Un monde nouveau


Merci à Julliard

Un monde nouveau d'Anne Akrich

Julliard, 2019, 176 p.

Contemporaine, Société


Chez #InFutureWeBelieve, ils sont une dizaine de collaborateurs, jeunes, dynamiques et soudés autour de leur bienveillante happiness manager, Pandore. Dans le microcosme idéal de leur start-up, ils parlent franglais, font du coworking en open space, ne jurent que par l'économie du partage. Mais alors pourquoi peinent-ils tant à trouver leur place dans ce monde nouveau qu'ils prétendent bâtir ?


Quand on m'a proposé de recevoir ce livre, j'étais très intriguée. J'ai dit oui. (ce qui m'a permis entre autre de réaliser que j'écrivais depuis toujours Juillard au lieu de Julliard, svp, dites-moi que je ne suis pas la seule qui aura toujours le doute de savoir où caser ce "i")
On a un récit cadre où Pandore, "happiness manager", reçoit tour à tour les différents employés / collaborateurs de la boîte où ils travaillent tous. Chaque entrevue donne lieu à une petite nouvelle. Chaque nouvelle aborde une thématique (ou une facette d'une thématique) différente, mais toutes liées à la société dans laquelle nous vivons aujourd'hui : consommation, hyper-connexion, vie virtuelle, réseaux sociaux, solitude, etc.
Et ça marche plutôt bien. Le récit cadre permet de créer du lien entre les différentes histoires, certaines se mêlent ingénieusement, et surtout, il permet d'amener une fin assez percutante.
Moi qui ne suis pas fan de nouvelles (même quand il s'agit d'auteurs que j'aime bien), j'ai complètement adhéré ici. 
L'autrice a une plume fluide et agréable, mais aussi parfois sarcastique (voire presque parodique) et impertinente. Ça coule tout seul, et ça incite le lecteur à réfléchir un peu à la façon dont il vit, consomme, se socialise.
Derrière l'illusion de joie au travail de cette boîte, on découvre le revers de la médaille. De jeunes actifs qui pourraient avoir tout ce qu'ils veulent (culture, informations, rythme de vie a priori assez confortable) et qui ne sont pourtant pas si heureux
Leur problème ? La quête de sens. Le fameux "pourquoi" des tout-petits qui ne trouve pas de réponse malgré la (sur)abondance d'informations et de connaissances, l'impression d'inutilité, l'absence de but. Et c'est fort intéressant. Parce que très honnêtement, qui ne s'est jamais posé la question du "à quoi bon ?", même sans sombrer du côté dépressif (dans le sens de la maladie), il y a de quoi être parfois un peu déprimé. 
Mais même si tout ça était vraiment très agréable, il y a quand même quelques bémols.
Le format : oui, il passe crème. Mais en ne passant que quelques pages avec les personnages, on a surtout l'impression que les personnages servent la thématique, l'idée. Donc qu'ils ne sont pas vraiment des personnages, plutôt des incarnations au service de (alors je vais loin, mais du coup ça fait complètement sens rapport qu'ils n'ont pas vraiment de but en eux-mêmes, effectivement).
 Mais la taille même de ces micro-fictions fait aussi que même l'idée a du mal à s'étendre. Oui, ça peut permettre au lecteur de réfléchir tout seul comme un grand. Mais ça donne aussi l'impression qu'on frôle juste le sujet. Bref, il y a un petit côté superficiel (dans le sens qui reste en surface, on s'est bien compris, hein).
Et ensuite, ben il y avait un petit côté caricatural, quand même. Alors, c'est peut-être assumé, mais j'avais un peu l'impression que l'autrice nous généralisait toute une génération (dont elle fait partie, oui, mais quand même). Et pour en faire partie également (rapport que j'ai un an de moins qu'Anne Akrich et à peu près le même âge que les personnages représentés), ben je me suis pas tant que ça reconnue dans ce qui était décrit. 
Oui, j'ai décidé de coller un GIF de Michelle Obama dès que je peux
oui, je vais sur Netflix et il m'arrive parfois de binge-watcher une série.Le mot important étant "parfois".  Oui, j'ai un compte Facebook et un compte Twitter, mais non, je ne passe pas mon temps dessus (et les infos qu'on y trouve sont celles que j'ai bien voulu montrer) (=sur ma page FB, zéro chances que quelqu'un à qui je n'ai pas parlé depuis des années mais qui est mon "ami" ne devine que j'ai un gosse, par exemple, et faudrait qu'il se transforme en Sherlock pour trouver qui est mon mec). Et pour bosser dans le social, ben mon monde du travail est bien loin de ce qui est représenté ici. Et comme on a souvent des proches qui nous ressemblent un peu, ben ça ressemble pas non plus au quotidien des gens que je fréquente. À la limite, la personne que je connais qui serait le plus proche de cette histoire, ce serait ma belle-mère, et elle a une génération de plus.
 Alors je sais que mon cas et ma vie ne sont pas une généralité, mais justement, je n'avais pas envie de me sentir incluse dans une généralité qui ne me ressemble pas.
Bref, je crois que pour montrer une évolution de la société, il aurait été assez pertinent d'avoir d'autres tranches d'âge. Parce qu'on croirait qu'on a juste affaire à un problème générationnel d'insatisfaction chronique, alors qu'il s'agit à la limite de problèmes de société, pas induits par les enfants des 90's ou les millenials.
Bref, c'était très chouette et intéressant, c'était bien écrit, ça prêtait à la réflexion. Juste, 2-3 choses auraient pu donner un résultat encore plus mieux (ceci est évidemment une opinion subjective et personnelle).

Ma lecture en un GIF : 



Les thématiques
- La plume
- Les messages

- Les personnages
- Un peu trop de généralisations

mercredi 8 mai 2019

C'est toujours pas le 1er, mais j'balance tout !

Après plus d'un an sans participer à ce RDV fort chouette, je m'y remets (rapport qu'il est fort chouette) (en plus, c'était dans mes résolutions bloguesques de l'année, si c'est pas du sérieux, ça, je sais pas ce qu'il te faut). Et le récap' des liens se fait maintenant chez notre charmant petit monstre préféré !

2 mois sans beaucoup de lectures, le pire, c'est que je ne sais même pas pourquoi. Non, sans rire, je n'ai aucune excuse, si ce n'est que j'ai lu quelques longs livres. M'enfin, ça me freinait pas tant que ça jusqu'à maintenant. Un petit lutin a dû rétrécir mes journées sans que je ne m'en rende compte, j'vois que ça.
  
  
 Mon top a été plutôt surprenant puisque je n'ai pas été si happée que ça par ceux que je pensais adorer et beaucoup plus par d'autres. Du coup, clairement, L'héritage des Rois-Passeurs de Manon Fargetton m'a fait vibrer. Je pense sincèrement que j'étais en manque de fantasy, donc il tombait à point nommé. Un bonheur, une régalade, des persos cools, un traitement des personnages féminins tip-top, une intrigue et un univers intéressants. Pas un coup de coeur non plus, mais on n'est pas passé loin. Je pense me procurer et lire la suite pas plus tard que cette année (en croisant les doigts pour qu'elle fasse partie de #LaGrosseOP estivale).
J'ai pris complètement au hasard de mes pérégrinations à la médiathèque le premier tome de Billy Brouillard de Guillaume Bianco et j'ai été ravie-ravie-ravie. C'est drôle, c'est tendre, c'est un peu glauque, un peu gothique, les dessins sont chouettes, la forme aussi avec les extraits de journaux et d'encyclopédie, bref, un très chouette moment graphique, hyper immersif.
Pas de flop ce mois-ci même si je suis fort triste de ne pas avoir ultra kiffé Les fantômes du vieux pays alors qu'on me l'avait si bien vendu...Pas-taper.


J'ai pas trop erré sur l'internet livresque, je dois bien l'avouer, mais Plouf m'a donné une furieuse envie de sortir Miss Charity de ma PAL où qu'il traîne depuis des lustres (jamais compris le délire de cette expression...). 
Promis, je trouve des trucs à mettre pour le mois prochain, je suis pleine de bonnes résolutions.



Les trucs cools du mois, y en a eu quelques-uns. C'était un mois avec des vacances, déjà, ce qui est toujours cool. On est allé à la montagne et Paupiette a réclamé à corps et à cris (c'est faux) le privilège d'être inscrite au club des nabots à qui on fait croire qu'ils font du ski (en vrai, elle a vu les gremlins et elle a dit "mais pourquoi je vais pas à l'école du ski moi ?", et comme on est gâteux, on a claqué 150 balles pour 2 x 2h30 de gardiennage dans la neige).
Bref, on a des vidéos de ses premières descentes de """"piste"""" (le nombre de guillemets est important) et on était tout émus (d'autant que moi, jamais de la vie tu me fais monter sur des skis rapport que je me tords la cheville avec des chaussures plates juste en descendant un trottoir).
Du coup, on a aussi mangé notre dernière raclette de la saison et ça, ça se fête.
On a passé le reste du temps à préparer l'anniversaire de Paupiette qui soufflait ses 3 bougies le 1er mai. Thème Le Roi Lion, j'ai encore les chansons dans la tête, je vous raconte pas. Je vous montrerai bien les super décos que j'ai faites, mais y a plein de nains devant sur toutes mes photos. Mais vous pouvez quand même me féliciter en vous basant sur la confiance, rapport que j'ai tout déchiré niveau dessin.

That's all folks !

dimanche 5 mai 2019

Devenir


Merci à Audiolib!!!

Devenir de Michelle Obama

audio : Audiolib, 2019, 19h02

lu par Marie Bouvier

GF : Fayard, coll. Documents, 2018, 494 p.

traduit par Odile Demange et Isabelle Taudiere

Autobiographie, Mémoires


Dans ses mémoires très attendus, Michelle Obama raconte son parcours exceptionnel, depuis son enfance dans le South Side de Chicago en passant par les années au cours desquelles  elle a dû concilier sa vie d’avocate et de mère de famille, jusqu’aux huit années passées à la Maison-Blanche, où l’ancienne première dame a su imprimer sa marque tout en soutenant son mari alors qu’il dirigeait l’Amérique pendant des moments difficiles.

"Il y a encore tant de choses que j'ignore au sujet de l'Amérique, de la vie, et de ce que l'avenir nous réserve. Mais je sais qui je suis. Mon père, Fraser, m'a appris à travailler dur, à rire souvent et à tenir parole. Ma mère, Marian, à penser par moi même et à faire entendre ma voix. Tous les deux ensemble, dans notre petit appartement du quartier du South Side de Chicago, ils m'ont aidée à saisir ce qui faisait la valeur de notre histoire, de mon histoire, et plus largement de l'histoire de notre pays. Même quand elle est loin d'être belle et parfaite. Même quand la réalité se rappelle à vous plus que vous ne l'auriez souhaité. Votre histoire vous appartient, et elle vous appartiendra toujours. À vous de vous en emparer."
Michelle Obama

J'ai toujours trouvé Michelle Obama assez impressionnante et intéressante, même sans connaître grand-chose d'elle sinon quelques punchlines. 
Maintenant, ben, c'est un vrai role model. C'est une femme battante, positive, déterminée, pleine de convictions mais ça ne l'empêche pas d'être parfois pessimiste, en proie en doute et régulièrement confrontée à un syndrome de l'imposteur modèle géant.
Le récit est divisé en trois parties, et toutes m'ont intéressée, même si je n'ai pas trouvé la même qualité partout, on y reviendra (si c'est pas du teasing, je m'y connais pas !).
Devenir moi commence grosso modo à sa naissance. On va rencontrer une Michelle enfant, on va découvrir sa famille, on va avoir l'impression de connaître ce père rongé silencieusement par la douleur, ce frère incroyable avec lequel elle invente mille jeux, cette grande-tante un brin acariâtre mais tellement attachante. On va surtout faire connaissance avec l'autrice, appréhender son côté incroyablement têtu et fier. 
Elle va grandir, assez inconsciente des problématiques qui l'entourent puisque faisant partie de son quotidien. On voit en même temps le recul qu'elle prend par rapport à ce qu'elle raconte, les réflexions d'une Michelle adulte et expérimentée face à des situations qu'elle ne voyait pas comme problématiques enfant.
On va voir sa détermination, son envie de forcer sa chance, mais surtout et très souvent cette fameuse phrase qui reviendra comme un gimmick tout au long du récit : "suis-je à la hauteur ?". Cette jeune Michelle ne va pas être très rapidement confrontée au racisme : elle va dans une école fréquentée principalement par des élèves noirs, son quartier l'est également. 
C'est plus tard, à l'adolescence que le fait d'être une femme noire va prendre de l'importance et forger en partie son identité et ses convictions.
C'est sûrement la partie que j'ai préférée. 
Devenir nous va démarrer avec sa rencontre avec celui qui deviendra son mari, et aussi le président des Etats-Unis. Mais tout ça, elle ne le sait pas encore. 
On va aborder ici la façon dont chacun trouve sa place dans leur couple, dont chacun avance aussi avec ses ambitions personnelles en essayant de ne pas s'écraser mutuellement. On va découvrir comment elle aborde ensuite le rôle de mère, quels choix elle fait dans l'éducation de leurs filles.
Pas ça par exemple !
Elle n'a pas sa langue dans sa poche, elle dit d'ailleurs très clairement avoir été réfractaire à l'entrée de Barack Obama en politique : elle ne veut pas arrêter de travailler pour faire comme les autres épouses de politiciens, elle ne veut pas perdre son mari au profit du Congrès et autres entités politiques et elle se réjouit presque d'une première défaite, espérant qu'il passe à autre chose.
Mais on sent surtout tout l'amour dans ce couple. Et franchement, c'est un life goal. Ne pas être d'accord, mais soutenir tout de même, c'est vraiment de l'amour.
Enfin, dans la dernière partie, devenir plus (dans le sens +), on va voir les mandats présidentiels de son mari, la façon dont elle a décidé d'endosser le rôle de Première Dame et d'utiliser ce """"poste"""" dont elle ne voulait pas forcément au départ. On peut lui reprocher d'être plus consensuelle quand elle parle de la Maison Blanche alors qu'elle avait été très critique et impertinente jusque là, et c'est bien le seul défaut que je peux reprocher à ce livre.
Parce que si elle demeure critique, c'est avant tout envers les "adversaires" politiques et surtout elle-même. On ne peut en tout cas jamais lui reprocher de ne pas se remettre en question. 
Elle a pu lancer des initiatives qui lui tenaient à coeur à une ampleur qu'elle n'aurait jamais espérée sans ce passage à la Maison Blanche, et s'il y a un petit côté "c'est fantastique, c'est top, j'ai fait tout ce que je pouvais", c'est peut-être aussi parce qu'elle est bien consciente que ses emplois précédents n'auraient jamais pu laisser pareille empreinte.
C'est une femme que j'admire pour son parcours autant que pour ses convictions. 
J'ai lu certaines critiques où on lui reprochait d'avoir un peu perdu le sens des réalités (faire appel à un cuisinier pour lutter contre la malbouffe de ses enfants notamment) mais je ne suis pas d'accord. Déjà, elle a l'air pleinement consciente du fait que c'est quelque chose d'inenvisageable pour le commun des mortels et ensuite, vu le rythme de vie des deux adultes de cette famille, il est assez évident qu'ils n'avaient pas le temps de cuisiner un pot-au-feu tous les soirs (wink wink Plouf). Est-ce qu'on peut reprocher à une femme d'avoir privilégié sa carrière au détriment de 45 mn de cuisine tous les soirs ? Je ne pense pas. Parce qu'en vrai, perso, quand je dis "j'ai pas eu le temps de faire à manger" dans mon cas, c'est 80% du temps parce qu'en vrai, j'étais en train de procrastiner dans mon canap' hein (et pareil pour mon mec). (et puis, pour être honnête, si j'avais les moyens, vu comme ça me gonfle, je ne me priverais pas, hein)

Bref, c'est passionnant. Pas toujours parfait en terme de style, OK, mais hyper inspirant. Et féministe, évidemment ! Lisez-le.

Ma lecture en un GIF : 



- Michelle Obama
- Les messages transmis
- La sincérité qui en ressort

- Un peu politiquement correct dans la dernière partie