vendredi 4 mai 2018

Les Loyautés


Merci à Audiolib pour cette lecture !

Les Loyautés de Delphine de Vigan

audio : Audiolib, 2018, 4h07

Lu par Marie Bouvier, Odile Cohen et Olivier Martinaud
GF : JC Lattès, 2018, 206 p.

Contemporaine


« J’ai pensé que le gamin était maltraité, j’y ai pensé très vite, peut-être pas les premiers jours mais pas longtemps après la rentrée, c’était quelque chose dans sa façon se tenir, de se soustraire au regard, je connais ça, je connais ça par cœur, une manière de se fondre dans le décor, de se laisser traverser par la lumière. Sauf qu’avec moi, ça ne marche pas.»

Théo, enfant du divorce, entraîne son ami Mathis sur des terrains dangereux. Hélène, professeur de collège à l’enfance violentée, s’inquiète pour Théo : serait-il en danger dans sa famille ? Quant à Cécile, la mère de Mathis, elle voit son équilibre familial vaciller, au moment où elle aurait besoin de soutien pour protéger son fils. Les loyautés sont autant de liens invisibles qui relient et enchaînent ces quatre personnages.

Il s'agit du troisième roman de l'autrice que je découvre, et une fois de plus, je vous l'annonce de suite, trêve de suspens : j'ai adoré ma lecture.
Il s'agit d'un roman choral (et j'aime ça !) où chaque destinée est entremêlée aux autres. Deux collégiens BFF, la mère de l'un et leur prof principale. Une suspicion de maltraitance, des gens qui ne communiquent pas, des gens qui imaginent trop loin pour voir ce qui se joue réellement, des gens qui veulent bien faire et créent des dommages peut-être irréversibles, des destinées presque tragiques et pourtant banales.
Delphine de Vigan est balèze pour jouer avec le quotidien et y instiller le malaise, une ambiance pesante, un stress qui monte crescendo. Un truc sur lequel on ne cracherait pas dans un bon thriller, en somme.
Mais pas que.
Ce qui est fort, c'est qu'elle sait incarner des personnages. Et pourtant, à part peut-être rapidement les deux gamins (on va dire que je leur trouve des excuses du fait de leur âge), je n'ai pas pu les apprécier. Aucun d'entre eux. Que ce soit les adultes qui ont la parole ou ceux qu'on voit interagir avec. Ils sont tous complètement à côté de la plaque et auto-centrés, pris dans une vision du monde qu'ils ne veulent pas voir s'élargir. Et à des lieues de leur mission à tous en tant que parents ou enseignants : éduquer des gosses. Les protéger si nécessaire. Mais surtout, les écouter.
Je n'ai pas aimé les parents de Théo. En particulier sa mère. Parce que c'est sur elle que repose l'intégralité de ce qui se joue. Une simple attitude un peu adulte, juste une oreille attentive aurait pu tout changer. Non contente de ne pas aider et soutenir son fils, son comportement l'enfonce à chaque fois un peu plus.
Ceci dit, la prof est loin d'être en reste. Au lieu de saisir les opportunités, elle décide arbitrairement que Théo souffre, qu'il a besoin d'elle et qu'ils vivent les mêmes choses, qu'elle le comprend mieux que quiconque. On peut passer sur son syndrome de toute-puissance, mais pour le reste, ça s'appelle un transfert et en principe, le personnel pédagogique est un poil au courant de ce que c'est. Et en avoir conscience, c'est déjà le contrer un peu.
Toute-puissance, culpabilisation, déni, incapacité à faire face, voilà les crimes des adultes de ce livre, et ceux qui en paieront le prix sont les enfants. 
Mais le sujet principal du livre reste, comme son titre l'indique, la loyauté. Envers ses parents, ses amis, son mari, sa famille, ses origines. La loyauté est ici dépeinte avec ses conséquences les plus néfastes, bien loin de la qualité que l'on voit souvent. 

Parce qu'au final, tous les personnages vont souffrir de la loyauté qu'ils se sentent obligés de conserver envers telle personne ou telle chose. Et ce que nous dit l'autrice, ce n'est pas simplement que la loyauté devrait se mériter, mais plutôt que ce sentiment de devoir soutenir quelqu'un en toute circonstance peut nous amener à faire de sacrées bêtises, voire même tout droit au drame.
Et donc, cette fin. Dans ce que j'ai compris des messages que l'autrice voulait faire passer, je l'ai trouvée très réussieMais en tant que lectrice qui aime avoir de vraies fins aux intrigues, il m'en aurait fallu davantage.

Ma lecture en un GIF : 



- Le style de l'autrice toujours hyper prenant
- Les thématiques traitées sans jugement
- Les personnages, pas forcément attachants mais qu'on a envie de suivre

- La fin qui peut laisser perplexe



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8 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. J'attends beaucoup parler de cette autrice, et je dois dire que beaucoup de ses romans me font de l'oeil. Merci pour ton avis ;)

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    1. Tout ce que j'ai lu d'elle m'a beaucoup plu jusqu'à maintenant en tout cas !

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  3. Je n'avais pas vraiment apprécié No et moi de cette auteure, il faudrait que je lui laisse une seconde chance et que je retente l'expérience, mais cela ne sera sans doute pas avec ce livre. Je te remercie pour la découverte.

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    1. Oh, zut, j'ai justement No et moi dans ma PAL, j'espère que ça le fera plus avec moi qu'avec toi !

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  4. Je suis une grande fan de la plume de Delphine de Vigan, d'ailleurs je l'ai rencontré à Livres Paris et c'était une femme vraiment charmante et agréable :) J'ai Les loyautés dans ma PAL alors j'attends avec impatience de le découvrir ^^

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    1. Si tu aimes sa plume, ça devrai le faire ! La fin peut être un peu frustrante, par contre 😊

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  5. Ah ben tu m'intrigues là dis-donc et du coup, j'ai le sentiment d'être passée à côté. Je le note dans un recoin du ciboulot pour sa sortie poche :)

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