samedi 29 septembre 2018

Comme un seul homme


Merci à Fayard et NetGalley

Comme un seul homme de Daniel Magariel

Fayard, coll. Littérature étrangère, 2018, 192 p.

Traduit par Nicolas Richard

Contemporaine, Famille


Le combat fut âpre. Mais, ensemble, le narrateur, un garçon de douze ans, son frère aîné et leur père ont gagné la guerre – c’est ainsi que le père désigne la procédure de divorce et la lutte féroce pour la garde de ses fils. Ensemble, ils prennent la route, quittant le Kansas pour Albuquerque, et un nouveau départ. Unis, libres, conquérants, filant vers le Nouveau-Mexique, terre promise, ils dessinent les contours de leur vie à trois.
Les garçons vont à l’école, jouent dans l’équipe de basket, se font des amis, tandis que leur père vaque à ses affaires dans leur appartement de la banlieue d’Albuquerque. Et fume, de plus en plus – des cigares bon marché, pour couvrir d’autres odeurs. Bientôt, ce sont les nuits sans sommeil, les apparitions spectrales d’un père brumeux, les visites nocturnes de types louches. Les garçons observent la métamorphose de leur père, au comportement chaque jour plus erratique et violent. Livrés à eux-mêmes, ils n’ont d’autre choix que d’endosser de lourdes responsabilités pour contrer la défection de leurs parents, et de faire front face à ce père autrefois adulé désormais méconnaissable, et terriblement dangereux.
Daniel Magariel livre un récit déchirant, éblouissant de justesse et de délicatesse sur deux frères unis dans la pire des adversités, brutalement arrachés à l’âge tendre. Deux frères qui doivent apprendre à survivre et à se construire auprès d’un père extraordinairement toxique, au milieu des décombres d’une famille brisée.


Cette histoire n'était pas ce que j'attendais. J'ai certes passé un très bon moment, mais je préfère vous le dire : c'est un récit sombre, très sombre et qui ne sera pas évident à lire.

Le trio formé par le père, le frère et le narrateur, les allégeances et la loyauté, c'est le cœur du récit. Le narrateur est un tout jeune garçon, tout juste adolescent. Pour vivre de façon officielle avec son frère et son père, qu'il idolâtre, il est prêt à tout. Mais surtout, il ne veut plus vivre avec sa mère, faible créature à cause de laquelle tout a foiré dans leurs vies.
Alors, banco. Les voilà partis dans une nouvelle ville, une nouvelle vie. Un père et un frère, le narrateur ne demande pas mieux. À tel point qu'aucun personnage n'a de nom, ils sont littéralement leurs liens familiaux. Et très vite, c'est aussi la seule chose qui leur reste.
comme ça, en moins fun.
À titre personnel, en tant que lectrice, j'ai tout de suite vu leur père non pas comme défaillant, mais comme carrément pas tranquille. Le bien-être de ses enfants ? Balek. Les accompagner afin qu'ils deviennent à terme des adultes épanouis ? Balek. Leur apporter sécurité et amour dans leur foyer ? Balek. Un lieu et une figure stables et rassurants ? Balek.

On peut cependant quand même dire deux mots de leur mère. On sent que cette femme en a bavé, on sent qu'elle n'est pas psychologiquement capable de revivre tout ça, même pour protéger ses enfants. On sent qu'elle est faible, on sent qu'elle essaye, on sent qu'elle a peur, on sent que ça pu l'impasse à des kilomètres, et on s'inquiète.
Dès le début, c'est annoncé. Leur père déménage avec "ses" garçons pour "redevenir un gamin". De base, je suis peut-être un peu vieux jeu, mais il y a un bon gros problème. Et tout s'amplifie : leur éloignement géographique va vite les confiner dans un huis-clos angoissant où les ados vont devoir se débrouiller tout seuls en jonglant avec les sautes d'humeur de leur paternel, ses accès de colère, ses lubies.

Les gamins se montrent brillants dans un domaine ? Le père fait en sorte de les en dégoûter, ou pire, de leur faire abandonner. Le mec est tellement égoïste et auto-centré qu'il est hors de question qu'un de ses fils ait un nouveau modèle, qu'il trouve des centres d'intérêt n'ayant rien à voir avec lui. Pire, sait-on jamais, qu'il réussisse mieux que lui. 
Manipulations, culpabilisation, colère, comportement erratique et imprévisible, ce père a plus d'un tour dans son sac pour garder la main-mise sur ses garçons, et la façon dont il s'en sert est de plus en plus tordue au fur et à mesure qu'il sent qu'il peut perdre de l'emprise sur eux.
On s'en doute, le récit va atteindre son paroxysme et ce sera dur, violent tant physiquement que psychologiquement. 

Et l'auteur brille avec son épilogue, qui sonne comme un rêve lointain, celui de tous les possibles, celui où y croire était non seulement possible, mais où il était même inimaginable de penser autrement.

Ma lecture en un GIF : 



- La dimension psychologique
- Les liens très forts entre les personnages
La relation entre les deux frères

- Un récit plus dur qu'il ne le laisse paraître

jeudi 27 septembre 2018

TBTL #78 - Une très longue série

BettieRose a lancé ce RDV pour parler d'une lecture que le thème nous évoque, histoire de pouvoir (re)parler de bouquins qui nous ont marqué et qui passent vite à la trappe avec le flot de nouveautés. Vous pouvez retrouver les liens sur son blog !

 
J'ai lu le thème, et je me suis dit "facile !". Bon, j'adore les pavés déjà, vous le savez peut-être. Mais par contre, les séries à rallonge et moi, ça colle pas forcément. Mais comme toujours, il y a quelques exceptions à la règle.
 

Ok, je vous emmène dans une saga fantasy où on va rencontrer pléthore de personnages attachants, d'antihéros, où la politique va frayer avec des formes de magie (noble ou carrément mal vue), où on va rencontrer des dragons et dans une partie de laquelle on fera même un petit tour en bateau. Venez, on part avec Fitz Chevalerie, L'Assassin Royal, déjouer des intrigues politiques et sauver le royaume,puis on jouera les Aventuriers de la Mer avec Althéa avant de retrouver un Fitz plus vieux, et peut-être plus sage (et si vous croyez qu'il n'y a que 3 tomes, vous vous fourvoyez).

On va suivre Fitz, le fils illégitime de celui qui aurait dû gouverner le Royaume des Six-Duchés, de son enfance à sa vie de jeune adulte. Il va vivre dans l'ombre de la Couronne et de la famille royale officielle, mais cela n'empêchera  qu'on lui demande de consacrer sa vie à la famille régnante.
On le rencontre alors qu'il est un tout jeune enfant, ce qui va permettre au lecteur de découvrir ce monde en même temps que lui, sans être étouffé d'informations.
Parce que c'est un monde très riche qu'on va rencontrer (et heureusement vu le nombre de tomes). Il est vaste géographiquement parlant, il y a une foultitude de personnages, des intrigues, des complots, et de la magie. Des magies, devrais-je dire.
Heureusement pour nous, l'auteure commence en douceur : on reste principalement dans les Six-Duchés dans les tout premiers tomes, même si on rencontrera par la suite le peuple des Montagnes et qu'on s'aventurera même au-delà.
Je me rends compte que je parle peu de l'intrigue, mais je ne voudrais vraiment pas spoiler, donc vous savez l'essentiel : un bâtard devient espion et assassin, c'est un récit initiatique, une quête identitaire, dans un monde riche mais facile d'accès avec des personnages intéressants et bien fichus. 


mardi 25 septembre 2018

Les prières de sang


En partenariat avec Taurnada

Les prières de sang de Jean-Marc Dhainaut

Taurnada, 2018, 218 p.

Fantastique, Polar


Alan Lambin, spécialiste en paranormal, est appelé à enquêter dans un vieux monastère ayant accueilli autrefois quatre templiers en fuite. Depuis, ses murs semblent dissimuler un lourd secret solidement gardé par des âmes hostiles. Les parchemins ne mentent pas, ni ces cris que chacun peut entendre la nuit dans les sombres couloirs du monastère. Et dire que tout a commencé parce qu'une étudiante a acheté un jour une armoire ayant appartenu aux moines. Une armoire qui n'avait pas perdu la mémoire…


J'avais lu il y a un peu plus d'un an La maison bleu horizon de même auteur. On retrouve ici la suite des aventures du héros, Alan Lambin. Première chose que vous devez savoir : avoir lu l'opus précédent n'est pas nécessaire à la compréhension de celui-ci. 

Effectivement, vous ne connaîtrez pas le héros, mais l'immersion est facile et il n'y a pas de fil rouge particulier à suivre entre les deux. 
L'une des choses que j'avais particulièrement aimées dans le premier tome se retrouve ici, à savoir un lien très fort avec l'Histoire. J'aime quand les bouquins s'inscrivent dans l'Histoire, et  là, non seulement c'est le cas, mais en plus, ça se prête totalement au côté fantastique de l'enquête d'Alan et Mina.
Le style est plutôt addictif, le suspense efficace, et sans vous mettre en PLS de terreur, il y a de quoi avoir quelques frissons face aux fantômes et autres manifestations paranormales que vous rencontrerez ici.
Je me doutais un peu d'un des retournements de situation, mais pas de façon assez certaine pour être déçue d'avoir deviné une partie de l'histoire avant la fin. D'une part parce qu'il ne s'agit que d'une partie du mystère, d'autre part parce qu'il est très facile de s'immerger totalement dans cette histoire qui mixe une armoire hantée, un monastère pas toujours rassurant, des fantômes qui font peur, des visions qui font peur aussi mais surtout surtout surtout des Templiers. 

Faut dire que c'est quand même une thématique qui se prête bien aux mythes, croyances, malédictions et autres trucs pas nets. En plus, j'ai lu il y a quelques mois le premier tome des Rois maudits du coup, j'étais super fière de remettre les éléments dans leur contexte plus global (même si on rencontre le machin de façon presque anecdotique ici). 

Mon mini-bémol va à un côté du style de l'auteur qui nous "spoile" volontairement sur certains évènements, en particulier concernant la petite partie de romance que vous trouverez entre les pages. Un peu en mode "il l'aime, elle l'aime, mais ils sont pas fichus de se sortir les doigts ces deux-là" à plusieurs reprises. C'est vraiment un sentiment très personnel et on sent bien dans le texte qu'il ne s'agit pas d'une maladresse de style mais bien d'un parti pris de l'auteur (auquel je n'adhère pas sur le long terme, donc). 

Parce qu'au-delà de ça, on n'a rien à reprocher à sa plume : les descriptions sont vivantes, pas ennuyeuses pour un sou, il crée une atmosphère bien spécifique à chacune de ses enquêtes et c'est tellement visuel qu'on a l'impression par moments d'être calé devant une série. 

Quant aux personnages, pas grand-chose à redire non plus, hormis ce côté trop omniscient donc. Alan est fidèle à lui-même, attachant, maladroit, se raccrochant à ses certitudes acquises par les faits et la science dans... tous les domaines. Quant à Mina, c'est davantage une sensible, qualités médiumniques obligent. J'ai beaucoup aimé la rencontrer et les piques que ces deux-là se lancent sans arrêt m'auront fait sourire à plusieurs reprises !
Bref, un style sympa, du frisson, du paranormal, une enquête plutôt surprenante le tout imbriqué dans l'Histoire de façon réussie, c'est un combo gagnant pour moi ! Puis y a des Templiers, BORDAYL !


Ma lecture en un GIF : 



- Le style très visuel
- Les Templiers
- Une atmosphère frissonnante à souhait
- Des personnages complémentaires et attachants
- LES TEMPLIERS !

- Style un brin trop omniscient pour moi


Du même auteur :

lundi 24 septembre 2018

C'est Lundi, que lisez-vous ? #118

Comme chacun sait, je pense, on retrouve tous les liens chez Galleane qui a repris ce RDV d'un blog anglophone.


On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ? 





Un chouette livre audio m'a accompagnée pendant quelques jours : Une vie entre deux océans. J'ai aimé, c'était dur, on s'identifie à tous les personnages et j'ai hâte d'en parler parce que ça aborde plein de thématiques hyper intéressantes et ça place le lecteur dans une position impossible.
J'ai aussi fini Une étude en soi que j'ai trouvé assez sympa, même si malheureusement j'en attendais un peu plus, Sherlock Holmes oblige. 
Je n'avais ni lu ni vu Persépolis et c'est une erreur réparée avec grand bonheur parce que j'ai adoré !

  
Petites déceptions par contre concernant mes deux lectures BD suivantes. La Page blanche était sympa, mais je dois bien admettre qu'il m'a manqué un petit truc indéfinissable. Quant à Hibakusha, si le pitch et l'histoire m'ont plu, ça manquait vraiment de profondeur et de développement et j'ai eu la sensation de lire un truc un brin bâclé.
On va reparler très très vite des Prières de sang donc je ne spoile pas davantage. 


Par contre, ÉNORME coup de cœur pour Des fleurs pour Algernon que j'ai adoré et qui m'a fait lâcher ma larmichette. Une claque, de l'émotion, de quoi réfléchir, tout ce que j'attends d'un livre, quoi.

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?

  

Je suis toujours sur Anansi Boys que j'aime bien, mais pas autant qu'American Gods tout de même.
Je commence aussi tout juste Comme un seul homme qui me donne déjà l'impression d'être un livre pas évident dans les thématiques abordés, mais néanmoins passionnant.
  
3. Que vais-je lire ensuite ? 

Hésitation puissance mille face à cette question puisque pas mal de SP se sont accumulés ces dernières semaines. Du coup, je pense commencer par L'assassin de ma soeur et j'enchaînerai sûrement avec Terres de Brume. 

4. Blabla

J'étais très fière il y a 3 semaines d'avoir pleeeeeein d'articles d'avance sur le blog. Pour 3 semaines, donc. Ai-je encore des articles d'avance ? Non. L'objectif ? Ravoir des articles d'avance, hinhin.
Bon, pour ma défense, certes le blog a été en roue libre tournant uniquement sur des articles programmés, avec 0 réponses à vos commentaires (mais continuez à commenter, je vais rattraper ce retard !) et 0 visites des blogs des copinautes non plus, mais faut dire que ça a été mouvementé. Mariage de ma maman chérie (qui était génial, on a ri, on a mangé, on a bu, bref, le top !), grosse soirée jeux avec copaings le week-end suivant et semaines exténuantes au boulot de mon côté comme de celui du Chéri, sachant qu'on a tout de même une Paupiette assez envahissante (oui, comme un enfant de 2 ans quoi) à gérer. En plus, ça fait 3 semaines qu'elle fait la tronche parce qu'elle ne va pas à l'école et qu'elle demande tous les deux jours si demain elle pourra y aller. 
J'ai aussi reçu un swap fantastique de la part de Nahe, sur le thème des femmes, et c'était parfait, j'ai été hyper gâtée tant dans la quantité que par la qualité. 
Bref, de l'émotion, de la fatigue, des activités carrément chronophages, la vie quoi ! Je vous avoue que je profite du week-end pour faire une petite cure de sommeil, du coup.

Et vous, vous avez lu / fait quoi ? 

samedi 22 septembre 2018

Un long dimanche de fiançailles


Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot

Première publication : 1991

audio : Gallimard, écoutez lire, 2004, 295 mn

poche : Folio, 2008, 373 p.

Historique



Cinq soldats français condamnés à mort en conseil de guerre, aux bras liés dans le dos. Cinq soldats qu'on a jetés dans la neige de Picardie, un soir de janvier 1917, devant la tranchée ennemie, pour qu'on les tue. Toute une nuit et tout un jour, ils ont tenté de survivre. Le plus jeune était un Bleuet, il n'avait pas vingt ans. À l'autre bout de la France, la paix venue, Mathilde veut savoir la vérité sur cette ignominie. Elle a vingt ans elle aussi, elle est plus désarmée que quiconque, mais elle aimait le Bleuet d'un amour à l'épreuve de tout, elle va se battre pour le retrouver, mort ou vivant, dans le labyrinthe où elle l'a perdu. Tout au long de ce qu'on appellera plus tard les années folles, quand le jazz aura couvert le roulement des tambours, ses recherches seront ses fiançailles. Mathilde y sacrifiera ses jours, et malgré le temps, malgré les mensonges, elle ira jusqu'au bout de l'espoir insensé qui la porte.


Bien des années après la sortie du film (que je n'ai pas vu pour le moment), j'ai eu envie de lire ce livre. Ni une ni deux, j'emprunte la version audio, rapport que j'avais pas mal de route à faire pendant les vacances. Pas de chance, je m'en rends compte après coup, il s'agit d'une version abrégéeTrès sérieusement, les versions abrégées, je vois pas l'intérêt

Déception, donc, mais je me lance quand même parce que bon, plus de 6h de route, quoi. 
Je plonge alors direct dans une histoire d'amour, de deuil, d'espoir. Et c'est très joliment écrit, même si le style et les phrases à rallonge peut ne pas convenir à tous. Mais cette éventuelle lourdeur que certains pourraient ressentir est compensée par jolis traits d'humour. Mathilde a un sacré caractère et ses pensées, voire ses réparties sont bourrées d'ironie, d'expressions imagées très drôles et vu le thème abordé, ça fait clairement du bien. Puis, soyons honnêtes, ça nous préserve un peu d'une tournure très dramatique vers laquelle le texte pourrait glisser assez facilement.
Il y a beaucoup de personnages aussi, de quoi s'emmêler les pinceaux. 

Mais il faut bien ça pour accompagner Mathilde dans son enquête et faire la lumière sur ce qu'il s'est réellement passé ce jour-là, mais aussi plus généralement pour revenir sur les conditions de vie des soldats dans les tranchées et leur difficile retour à la vie civile. 
C'est une quête insensée, désespérée. Mathilde, notre héroïne, est sacrément têtue, elle veut le fin mot de l'histoire, elle veut comprendre, elle veut savoir, l'espoir chevillé au corps. Ça lui prendra des années, ce seront ses fiançailles. 

J'ai été très contente de découvrir un roman presque épistolaire (il n'y a pas que ça, mais une grande partie est constituée d'échanges de courrier et messages divers) rapport que c'est un style que j'aime beaucoup. En plus, pour le coup, c'est une forme qui convient très bien à l'enquête puisque les souvenirs peuvent s'étaler sur les pages sans que ça ait l'air factice. Bon, évidemment, le pendant négatif, c'est que les amateurs d'action peuvent être déçus (le discours rapporté, c'est quand même un peu moins vivant).
J'ai beaucoup aimé le personnage de Mathilde. Malgré sa faiblesse physique présumée, c'est un personnage sacrément fort. Elle est têtue, déterminée, rien ne l'arrête. Elle est drôle, et si sa quête la ramène sans cesse dans le passé et les jours heureux qu'elle a vécus avec son fiancé, c'est une jeune femme moderne et débrouillarde, qui tient tête aussi bien à sa famille qu'aux personnes qu'elle va rencontrer pour parvenir à ses fins. 

À côté de ça, elle est loin d'être exempte de défauts. Elle va souvent se montrer assez ingrate envers ceux qui vont l'aider à faire la lumière de ce sombre jour de janvier 17, voire même carrément manquer d'empathie à leur égard.
Le focus étant complètement sur elle puisqu'on découvre les évènements en même temps qu'elle, les autres personnages sont un peu moins intéressants et parfois même complètement anecdotiques. En bonne amatrice de roman choral, j'ai trouvé ça un peu dommage mais c'est un parti pris de l'auteur que je comprends tout à fait (et en plus, c'est peut-être aussi la faute de ma version abrégée, grrrr !). 

Niveau émotion, même si je n'ai pas été retournée par des sensations fortes, je dois bien admettre que certains passages m'ont vraiment touchée, ou crier à l'injustice, en particulier en ce qui concerne la vie des soldats dans les tranchées, celles-ci étant particulièrement bien décrite. 
Bref, il me reste maintenant à voir le film !

Ma lecture en un GIF : 



- Descriptions de la vie dans les tranchées
- Mathilde !
- L'humour
- La quête insensée

- Personnages secondaires assez transparents
- Style qui peut sembler un peu lourd