samedi 9 février 2019

Anansi Boys


Anansi Boys de Neil Gaiman

J'ai Lu, 2008, 381 p.

traduit par Michel Pagel

Fantastique, Mythologie



Comptable londonien sans envergure et sans histoires, Gros Charlie Nancy ne se distingue de la majorité de ses concitoyens que par une timidité maladive et une peur du ridicule qui confine à la paranoïa. Ah ! et accessoirement, il est le fils du dieu Anansi. Le problème, c'est que c'est son frangin, Mygale, qui a hérité des pouvoirs paternels. A l'aise en toute circonstance, doté d'un charme irrésistible, d'un bagout insolent, d'un mépris éhonté pour toute considération morale... tout l'inverse de Gros Charlie, qui a dû se contenter, lui, du sens des responsabilités et d'un goût pathologique pour le conformisme. Aussi, le jour où Mygale débarque dans sa vie pathétique, bien décidé à y mettre un peu de piment, ses ennuis ne font que commencer...

Ce bouquin se déroule dans le même univers qu'American Gods, mais il ne s'agit pas du tout d'une suite. Les deux peuvent être lus complètement indépendamment et ont chacun une fin en soi. Cette (importante) (enfin, peut-être, ça dépend) précision faite, passons à la chronique.
Vous le savez peut-être, quand on cause de Neil Gaiman, je me transforme un brin en fangirl complètement pas du tout objective. Le type est génial, qu'est-ce que j'y peux ? Rien, voilà, c'est dit.
Gros Charlie a toujours eu un problème avec son père. Déjà, c'est lui qui lui a trouvé ce surnom, alors qu'il ne le "mérite" même pas, en plus, ledit surnom l'a suivi à travers un océan, c'est dire si c'est pas de chance. Puis le vieux, il est trop voyant, trop extraverti et surtout trop apte à le ridiculiser à son goût (le surnom auraitdû vous donner un indice).
C'est une des difficultés à être le fils du dieu Anansi, propriétaire légal de toutes les histoires du monde. Bon, Charlie ne peut même pas relativiser en se disant cela, rapport qu'il n'est même pas au courant. 
Alors quand celui-ci décède (le padre, pas Gros Charlie), il éprouve plus du soulagement qu'autre chose. 
Mais il se découvre aussi un frère. Mygal. Qui est le seul des deux à avoir un tant soit peu hérité des pouvoirs divins du père. Et forcément, lui aussi a le don pour mettre le gros bordelo dans la vie de Charlie.
Niveau genre, on oscille entre le conte, le roman initiatique, la réécriture de mythe et la franche rigolade. On retrouve la plume d'un Neil Gaiman au top de sa forme pour un récit réjouissant (même si ce n'est objectivement pas mon préféré) (Nobody Owens keurkeurforever).
Le seul truc, c'est qu'il ne faut pas attendre une suite au très fort American Gods. L'ambiance sombre n'est pas au rendez-vous, les thématiques sont différentes et ici l'auteur se fait plaisir et ça se sent.
L'auteur joue avec les mythes, les dieux, les mots. Attention, comme on cause quand même d'une grosse pointure de la littérature SFFF contemporaine, ça ne l'empêche de construire une réelle intrigue avec des personnages intéressants et attachants, un univers extra riche et une ambiance toute particulière. On va rire des quiproquos et trucs complètement improbables, oui, mais on va aussi se retrouver en position de ne plus savoir démêler le vrai du faux. Un anti-héros trop terre-à-terre pour être vraiment fiable, des points de vue biaisés de toute façon, des pouvoirs divins et un don pour la mythomanie (ou plus joliment dit, l'invention d'histoires) de la part du père et de Mygal, nous voilà bien avancés.
Cela reste un récit assez  léger (même si l'atmosphère se fait parfois pesante), mais comme toujours avec l'auteur, on va aborder de sacrées thématiques l'air de rien. Il va être question d'identité, de comment on se construit par rapport à nos parents, de quête des origines, des relations familiales de manière générale (et je ne vous souhaite pas la même belle-mère que Gros Charlie), de legs et d'héritage. Et tout ça est abordé de façon absurde et pleine d'humour. 
Parce qu'on rit, oui oui. Ou si vous êtes difficiles, on sourit. 
Alors, très sincèrement, ce n'est pas le meilleur bouquin de tous les temps. Mais mine de rien, je l'ai lu en septembre et je m'en rappelle encore très bien, ce qui est plutôt un signe qualitatif pour moi qui ai tendance à oublier les 3/4 d'une intrigue et les noms des personnages en moins d'une semaine.
Donc bon, ben Neil Gaiman persiste dans son génie, je suis toujours aussi fan et il va vraiment falloir que je me cogne l'intégralité de sa bibliographie un de ces quatre.

Ma lecture en un GIF : 



- Les personnages
- Le style
- L'humour
- La réécriture de mythes
- Les thématiques


L'ambiance très particulière peut ne pas plaire à tout le monde
- Il y a quelques longueurs par moments


Du même auteur
 


7 commentaires:

  1. Un jour, je me déciderai à découvrir les écrits de cet auteur...
    Plusieurs titres me tentent en plus.

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  2. J'avais essayé de lire celui-ci (sans rien connaître de l'auteur et de son univers)... Et je n'ai pas réussi à dépasser les 30 premières pages je crois. Il faudrait que je redonne une chance à l'auteur un jour ! ^^

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  3. Rhaaaaa pourquoi j'ai aucun de ses romans en attente dans ma PAAAAAAAL ? :'( (je sais, c'est parce que je sais jamais lequel choisir, et du coup ben je choisis pas (en plus techniquement je peux pas trop acheter de livres en ce moment, tu serais donc sympathique de faire des chroniques de trucs qui me plairont pas, genre de la romance ou Outlander. Merci ♥))

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  4. Gaiman fait parti des auteurs que j'ai très envie de découvrir depuis des lustres, je n'entends que du bien de ses romans eeeet je sais pas ce que j'attends en fait x)
    Surtout avec la sortir de l'adaptation de Good Omens !

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  5. Dire que je n'ai pas encore lu celui-ci ! Je ne sais pas ce que j'attends, à moins que je ne fasse délibérément durer le plaisir, je ne sais pas. Mais j'aimerais bien que les éditions Au Diable Vauvert ne le publie avec des illustrations de Daniel Egnéus comme ils l'ont fait pour American Gods.

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  6. Un auteur que j'ai hâte de découvrir, l'univers que tu décris a l'air chouette et original !!

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  7. Je suis aussi une fan girl de Gaiman... En chœur : hip hip hip ! Mon préféré c'est Nevewhere. Mais j'ai beaucoup aimé American Gods aussi. Et donc forcément, je ne peux qu'être irrésistiblement attirée par celui-ci ;-)
    Merci pour cette délicieuse chronique, comme d'hab !

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